Sénégal: Gestion 2021 du ministère de la Culture et de la Communication - Un budget sous le sceau de la relance

10 Novembre 2020

Malgré le contexte économique particulier, le projet de budget du ministère de la Culture et de la Communication va connaître une hausse de plus de quatre milliards de FCfa en 2021, soit un montant total de 26,550 milliards de FCfa.

La promotion et la valorisation des industries culturelles et créatives, le développement et l'encadrement du secteur de la Communication font partie des axes majeurs de ce programme conçu sous le sceau de la relance.

Agenda culturel bouleversé, artistes touchés par l'arrêt des activités culturelles sur l'étendue du territoire national, chute vertigineuse des ventes de la presse écrite, tension de trésorerie dans les entreprises de presse... 2020 aura été une année très particulière pour le domaine de la Culture et de la Communication.

Malgré l'appui de l'État, l'effet du coronavirus a accentué les difficultés au sein de ces deux secteurs si stratégiques dans le développement économique et social du pays.

Dans la vision de relance économique du président de la République, à travers notamment le Plan d'actions prioritaires ajusté et accéléré de l'État (Pap2a), ils y occupent une place fondamentale.

C'est ce qui explique, sans doute, l'augmentation de l'enveloppe budgétaire allouée à la tutelle pour le compte de la gestion 2021.

Il passe de 22,8 milliards en 2020 à plus 26,550 milliards de FCfa. Dans le prochain budget, l'un des objectifs majeurs sera de relancer l'économie culturelle et stimuler la croissance d'industries créatives.

Le ministre de la Culture et de la Communication a indiqué, lors de son passage, dimanche 8 novembre, devant la commission mixte de l'Assemblée nationale, que le plan de résilience du secteur de la Culture et de la Communication, perçu aujourd'hui comme une impérieuse nécessité, engage l'État et les acteurs à apporter des solutions idoines au maintien du secteur.

« Pour y parvenir, des actions immédiates devront être menées à travers une organisation et une restructuration bien pensées et bâties à partir du Plan d'actions prioritaires ajusté et accéléré de l'État (Pap2a).

Elles permettront d'apporter des changements importants qui contribueront à l'atteinte des résultats significatifs appréciables en termes de création artistique, de production culturelle, de diffusion, de promotion de la diversité culturelle, d'approfondissement de la liberté de la presse pour un rayonnement international du Sénégal », a précisé Abdoulaye Diop.

Innovations majeures

La contribution attendue du secteur de la Culture et de la Communication dans le plan de relance de l'économie nationale établi par le Gouvernement du Sénégal, ajoute-t-il, est fondée sur des référents culturels, substrats de tout développement (conscience citoyenne, éthique et bonne gouvernance).

Selon lui, elle s'appuie en outre sur les différentes propositions de l'ensemble des sous-secteurs qui subissent des difficultés économiques énormes liées à la Covid-19.

Dans le rapport de présentation du projet de budget, le ministre de la Culture et de la Communication a soutenu que la revue du cadre d'orientation stratégique, qui prend en compte les nouvelles priorités assignées au secteur, a été adaptée aux innovations majeures apportées cette année par les services du ministère des Finances et du Budget.

« Il s'agit pour ce qui concerne ces innovations, du reclassement de certains crédits initialement inscrits en transferts courants ou en transferts en capital vers les crédits d'acquisition de biens et services ou d'investissements de l'État financés sur ressources internes », ajoute-t-il.

Pour ce présent projet de budget, quatre orientations stratégiques ont été adoptées. Il s'agit de la promotion et valorisation des industries culturelles et créatives, le développement et l'encadrement du secteur de la Communication, la promotion et valorisation du patrimoine culturel et le développement institutionnel et organisationnel.

PROMOTION ET VALORISATION DES INDUSTRIES CULTURELLES ET CRÉATIVES

Développer et mieux structurer l'économie de la culture

La première orientation stratégique du budget 2021 est axée sur la promotion et la valorisation des industries culturelles et créatives.

Avec un plafond de crédits de paiement arrêté à plus de 9 milliards de FCfa, ce programme est destiné « à développer et mieux structurer l'économie de la culture en vue d'améliorer sa rentabilité et rendre attractif les expressions culturelles et les identités culturelles du Sénégal au niveau international ».

Il s'agit ainsi de « soutenir et encadrer les entreprises culturelles et créatives mais aussi veiller au renforcement de capacités des acteurs culturels sénégalais pour une meilleure participation dans les manifestations internationales ».

Le ministère de la Culture et de la Communication devra ainsi veiller à l'amélioration qualitative des productions culturelles et artistiques pour assurer le rayonnement du Sénégal au plan international, veiller à une bonne articulation des programmations artistiques du niveau central avec le niveau décentralisé, accroître l'autonomisation des acteurs afin d'améliorer leur qualité de vie.

De plus, promouvoir la loi sur le statut de l'artiste et des professionnels de la Culture et assurer son appropriation par tous les acteurs culturels et soutenir et encadrer les entreprises par le renforcement de capacités des acteurs.

Entre autres réalisations fixées par ce programme, l'accompagnement des acteurs et des entreprises culturelles en termes de formation, de structuration, de prospection de mécanisme de financement innovant, la réhabilitation des locaux de la Compagnie du Théâtre national Daniel Sorano, l'organisation des Grands Prix du Président de la République pour les Arts et les Lettres.

En 2021, il sera également question de l'achèvement des travaux de construction et d'équipement des blocs administratifs et techniques de la Manufacture sénégalaise des arts décoratifs de Thiès (Msadt) et le financement de projets structurants par le Fonds de développement des Cultures urbaines (Fdcu).

DÉVELOPPEMENT ET ENCADREMENT DU SECTEUR DE LA COMMUNICATION

Valoriser le paysage médiatique

Après la crise du coronavirus qui a secoué le secteur des médias, l'État a décidé de faire du « paysage médiatique sénégalais, un vecteur d'émergence ». Les crédits de paiement du programme de développement et d'encadrement du secteur de la communication sont plafonnés à 9,18 milliards de Francs Cfa.

Celui-ci ambitionne de renforcer les missions de service public de média, de développer et valoriser le paysage médiatique à travers le renforcement du cadre juridique, le financement et la formation des acteurs de presse et l'amélioration de la communication institutionnelle.

Aussi, avec le passage de l'audiovisuel de l'analogique au numérique, « ce programme contribuera à la mise en place d'un environnement compétitif et performant apte à contribuer à la croissance économique et à la création d'emplois durables ».

En 2021, les chantiers seront axés sur la mise à jour du cadre juridique et réglementaire, la modernisation des entreprises publiques de presse soutenue par la contractualisation de la performance, la diversification du paysage médiatique par la création de chaines thématiques de développement et de chaines locales décentralisées...

Par rapport aux réalisations, l'objectif sera de faire adopter le projet de loi portant création de la Haute autorité de régulation de la communication, finaliser et proposer pour adoption la loi sur la publicité, mettre en place le Fonds d'appui et de développement de la presse.

Mais aussi poursuivre le programme d'équipement et de modernisation des entreprises publiques de presse (Rts, Sspp-le Soleil, Aps, Tds, Maison de la Presse), implanter sur l'ensemble du territoire national la Télévision numérique terrestre (Tnt)...

MODERNISATION DE LA SSPP-LE SOLEIL

Le projet inscrit dans le Programme d'actions prioritaires du Pse

Devant la commission mixte de l'Assemblée nationale, le ministre de la Culture et de la Communication a indiqué que plusieurs projets en phase de validation définitive par les services du Ministère de l'Économie, du Plan et de la Coopération sont inscrits dans le Programme d'actions prioritaires ajusté et accéléré (Pap2a) du Plan Sénégal émergent (Pse).

Parmi ceux-ci, Abdoulaye Diop a cité le projet de modernisation de la Société sénégalaise de presse et de publications (SSpp) « Le Soleil ». Celui-ci « nécessite l'acquisition de matériel complémentaire en Offset, la numérisation électronique des archives, le parachèvement de l'acquisition de l'Adp, la création de sites Web et Tv ainsi que la réhabilitation de son siège ».

PROMOTION DU PATRIMOINE CULTUREL

Valoriser et rendre attractifs les sites du pays

L'État du Sénégal a entrepris depuis quelques années un programme de réhabilitation et revalorisation des sites du patrimoine culturel matériel et immatériel.

Cette politique s'explique par l'importance de ceux-ci dans le développement du pays et de la cohésion nationale.

Dans le projet de budget du ministère de la Culture et de la Communication, près de 7 milliards de FCfa vont être dégagés en 2021 pour assurer la promotion et la valorisation du patrimoine culturel.

Le travail consistera, entre autres, à accroître l'autonomisation des sites culturels, à aménager et valoriser les sites culturels en vue d'assurer une meilleure offre touristique du Sénégal et à veiller à la conservation des lieux de mémoire collective.

Le ministère de la Culture et la Communication entend aussi faire un certain nombre de réalisations parmi lesquelles la construction de la Bibliothèque nationale et la promotion des Centres de lecture et d'animation culturelle, la réhabilitation et la redynamisation de la Place du Souvenir africain, la construction du Mémorial du Bateau le Joola.

PILOTAGE, COORDINATION ET GESTION ADMINISTRATIVE

Planifier les actions de développement

Dans le projet de budget de 2021, le programme de pilotage, de coordination et de gestion administrative est arrêté à 1,32 milliard de FCfa.

Dans le rapport présenté aux députés, il est indiqué que la mission de celui-ci consiste « essentiellement en la planification des actions de développement, de mise en œuvre et d'évaluation qui constituent une préoccupation majeure du ministère ».

Il s'agira ainsi de promouvoir la « planification et le suivi/évaluation des politiques et projets du ministère, d'améliorer le système d'information statistique et des études fiables, de proposer des formules d'amélioration du plateau technique des infrastructures et de poursuivre le renforcement de capacités des agents, d'assurer une meilleure gestion des ressources humaines.»

Plus de: Le Soleil

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