Sénégal: Recrudescence de l'émigration clandestine - 414 disparitions recensées par l'OIM, entre le 1er et le 12 octobre

Une pirogue avec à bord des candidats à l emigration
10 Novembre 2020

414 migrants disparus le long de l'itinéraire reliant l'Afrique de l'Ouest aux îles Canaries, entre le 1er et 12 octobre dernier. C'est l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) qui fait le décompte.

«Entre le 1er et le 12 octobre dernier, son projet sur les migrants disparus a enregistré plus de 414 disparus le long de l'itinéraire reliant l'Afrique de l'Ouest aux îles Canaries», informe un communique de l'OIM publié sur son site.

L'organisation relève, dans le même temps, que 400 migrants avaient été interceptés au large des côtes mauritaniennes depuis la mi-octobre ; ce qui confirme ainsi une «augmentation des tentatives de traversée le long de l'itinéraire de l'Afrique de l'Ouest».

En outre, note l'OIM, environ 200 bateaux sont arrivés aux Canaries depuis fin septembre, transportant au moins 5000 migrants, soit 10 fois plus qu'à la même période, l'an dernier.

Cependant, malgré cette augmentation par rapport à l'année dernière, les arrivées restent bien inférieures à celles enregistrées en 2006 et 2007, soit 32 000 migrants arrivés aux Canaries, indique la même source.

Déjà, il y a quelques jours, la marine mauritanienne a interpellé 81 migrants au large de Nouadhibou, le 4 novembre dernier aux environs de 20 heures. Ils étaient à bord d'une embarcation ayant quitté les côtes gambiennes, le 25 octobre dernier.

Parmi les personnes arrêtées, 31 sont des Sénégalais, et le reste, des Gambiens. Le capitaine, organisateur du voyage, et ses amis, auraient pris la fuite avant l'arraisonnement de la pirogue. Trois (3) corps sans vie non identifiés seraient recensés à l'hôpital de Nouadhibou, selon Radio Sénégal internationale (RSI).

UN RECORD : 2000 MIGRANTS DEBARQUENT EN UN WEEK-END AUX ILES CANARIES

Alors qu'on attend le rapatriement prochain de ces clandestins, vers la frontière avec le Sénégal, plus de 1600 migrants ont débarqué en deux jours aux îles Canaries.

Les services espagnols de l'immigration n'avaient pas vu une telle vague depuis dix ans. Tout d'abord, un millier de personnes, réparties dans une vingtaine d'embarcations, a atteint samedi les îles de Grande Canarie (Gran Canaria), Tenerife et El Hierro.

Puis, dimanche, d'autres bateaux ont accosté avec 600 autres migrants à leur bord. C'est un record, souligne RFI, précisant qu'on a compté au total 2000 arrivées de migrants en provenance des côtes d'Afrique, réparties dans 40 embarcations de fortune, très souvent des bateaux de pêche.

Aussi quelque 115 personnes ont été repêchées en mer, et une personne est morte sur la côté de l'île du Hierro. Mais le phénomène s'est accru au cours du mois d'octobre, explique le correspondant de RFI à Madrid.

«Au total, ce sont officiellement près de 5 500 personnes, Maghrébins, Mauritaniens ou Sénégalais en majorité, qui sont arrivés récemment, principalement car leur situation économique a empiré avec la pandémie de Covid-19 dans leurs pays. En conséquence, la capacité d'accueil de l'archipel est dépassée, les autorités se disent débordées».

DES MANIFESTATIONS DE PROTESTATION DES HABITANTS POUR EXIGER DES SOLUTIONS

Ces arrivées attisent les tensions locales. En ce sens que des autorités ont dû loger la majorité de ces migrants dans des complexes hôteliers qui ne sont plus occupés par les touristes étrangers, surtout Britanniques, en raison du Covid19.

Mais un millier de migrants ont tout de même été placés dans un campement sur le port d'Argineguin, sur l'île de Gran Canaria. Ce qui n'a pas manqué de soulever l'ire des pêcheurs locaux et plus généralement de nombreux habitants, qui estiment que les migrants sont trop nombreux.

Des manifestations de protestation ont eu lieu, comme le week-end antérieur, pour exiger que les gouvernements régional et national trouvent des solutions.

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