Sénégal: Rentrée scolaire 2020-2021 - La cherté des frais d'inscriptions trouble les parents

13 Novembre 2020

Après de longues vacances dues à la Covid-19, une nouvelle année scolaire commence pour les apprenants qui ont rejoint les salles de classes des écoles publiques et privées de Dakar hier, jeudi 12 novembre.

Seulement cette reprise n'est pas sans difficultés pour certains parents d'élèves, surtout en ce contexte de crise sanitaire qui a freiné les activités.

Parmi cette longue liste de problèmes, figurent les frais d'inscription qui sont un véritable casse-tête pour ces derniers dont les enfants se trouvent pourtant dans des écoles publiques.

Chaque année des difficultés liées au frais d'inscription sont souvent relevés dans certaines écoles publiques de la place. Ce qui irrite les parents qui ne savent plus à quoi ressemble l'école publique qui est censée être moins chère.

Au CEM Docteur Samba Gueye, malgré cette cherté qui est sur toutes les lèvres, les parents d'élèves ont pris d'assaut la direction, en ce jour de rentrée, pour la procédure d'inscription.

Dans la cour de l'école, les élèves s'amusent à fêter les retrouvailles, après une longue absence. Ils courent, se racontent les vacances en détail, entre autres.

Ils ne semblent pas affectés par ce problème de frais d'inscription qui ronge leurs parents ; ils sont plus occupés à retrouver les anciens amis, professeurs et autres personnels de l'administration.

Ce qui n'est pas le cas des parents qui se tournent les pousses. Dans cet engouement, les voix s'élèvent pour se faire entendre.

Abdourahmane Baldé, venu inscrire ses deux enfants, ne se réjouit pas de la somme exigée. «J'ai deux enfants et je paye 25000 F CFA pour chacun. L'un est en classe de 4ème et l'autre en 6ème, il a été orienté ici.

Ce qui veut dire qu'aujourd'hui, je dois débourser 50000 F CFA et sans compter les fournitures scolaires.

C'est vraiment dure et je pense que l'année prochaines, je vais les transférer dans d'autres écoles publiques. J'ai du mal à assurer tout ça... chaque année», fait savoir notre interlocuteur, un père de famille.

Trouvée assise sur le tronc d'un arbre, Ndèye Marème Fall tient les même propos : «25000 F CFA, c'est trop cher pour chaque élève ; mais on dirait que nous somme dans le privée. Sortir une telle somme, payer les fournitures, les transports, franchement c'est inadmissible.

Il y a des gens qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts et qui veulent que leurs enfants étudient. Ils se cassent la tête pour ça», explique-t-elle avant de demander à l'Etat de revoir les écoles publiques qu'elle qualifie de «semi-privée».

Penda Dabo, pour assurer les frais d'inscription de son enfant, faits des économies pour ne pas se compliquer la tâche. «Oui, les frais sont trop chers dans cette école et les situations ne sont pas les mêmes».

Car, dit-elle, «il y a des gens qui peuvent payer sur le champ, sans aucun problème, tandis que d'autres se débrouillent. Surtout que nous sommes dans un contexte de crise sanitaire qui a tout ruiné.

Sur les 25000 F CFA qu'ils encaissent, ils donnent à nos enfants uniquement une blouse et une tenue de sport, c'est fini. Ils sont de vrais arnaqueurs», conclu-t-elle. Si certains ont dû mal à débrousser une telle somme, d'autres n'en font pas cas.

Pour Mamadou Aliou Ndao, les études en valent la peine. «Je n'ai pas de soucis pour payer ces 25000 F CFA, comme certains. Les écoles privées sont plus chères ; donc ce n'est pas un problème pour moi.

Quel que soit le prix à payer, les études en valent la peine». Autre établissement, autre réalité. Au CEM Amadou Traoré, c'est le même décore qui s'impose dans la cour. Mais, contrairement au CEM Samba Gueye, dans cet établissement les frais d'inscription s'élève à 18000 F CFA.

Babacar Diaw, père de trois élèves, trouve abordable ces frais, malgré qu'il paye en 3 tranches. «CEM Amadou Traoré est différent des autres écoles dont les frais d'inscription sont exorbitants.

J'ai la chance que mes enfants soient orientés dans cet établissement. J'entends beaucoup de parents qui se lamentent parce que les frais sont chers».

Plus de: Sud Quotidien

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