Afrique: Le Module mondial d'action groupée en matière de sécurité alimentaire a 10 ans - Eliminer la faim est l'affaire de tous

communiqué de presse

Rome — Ouverture aujourd'hui de la réunion annuelle des partenaires internationaux du Module mondial

Voilà 10 ans que le Module mondial d'action groupée en matière de sécurité alimentaire, qui coordonne l'assistance alimentaire d'urgence et le soutien pour le rétablissement des moyens de subsistance des personnes touchées par des crises, a été créé. Cet anniversaire a été célébré lors de la réunion biennale de ses partenaires internationaux qui s'est tenue en ligne aujourd'hui, avec la participation du Directeur général de la FAO, M. QU Dongyu, du Directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial (PAM), M. Amir Abdulla, et des ONG et universités partenaires du Module.

La FAO et le PAM - les organismes chefs de file du Module mondial - travaillent par son intermédiaire avec 70 partenaires et gouvernements dans le monde et avec des milliers d'ONG locales et internationales, pour fournir une assistance alimentaire d'urgence et un soutien pour le rétablissement des moyens d'existence dans plus de 30 pays.

M. QU a déclaré que la mission du Module était encore plus pertinente en cette période alors que la pandémie du COVID-19 a relégué au second plan d'autres fléaux tels que les conflits et les infestations de ravageurs, et que de plus en plus de personnes sont touchées par des niveaux élevés de faim.

«Grâce à un appel lancé de concert pour satisfaire les besoins alimentaires croissants de millions de personnes et pour stabiliser les chaînes d'approvisionnement alimentaire, la FAO et le PAM ont fait en sorte que la sécurité alimentaire devienne l'un des piliers de la réponse mondiale à la pandémie et à l'édification de la paix», a-t-il ajouté.

Le Module mondial a créé un groupe de travail sur le COVID-19, composé de plus de 100 experts de 38 organisations, qui fournit un appui technique et des orientations aux partenaires sur le terrain depuis le début de la pandémie, afin de gérer des situations incertaines et qui évoluent rapidement.

«C'est au niveau national que notre action conjointe est la plus efficace», a souligné le Directeur général de la FAO. Il a mis en avant l'importance de la prise en charge par les pays et du renforcement des capacités locales, et donné en exemple les approches employées par la FAO pour travailler à cette fin avec les gouvernements et d'autres partenaires.

Il a cité entre autres la lutte contre les criquets pèlerins en Afrique de l'Est où les gouvernements, soutenus par la FAO, entreprennent des opérations de lutte pendant que les partenaires locaux et les ONG mènent des actions d'information sur les ravageurs, signalent les infestations et apportent un appui aux agriculteurs pour préserver leurs moyens de subsistance.

M. Qu a fait savoir que la FAO était résolue à continuer de collaborer avec tous les partenaires et à chercher de nouveaux moyens d'améliorer et de parfaire le Module mondial et ses activités afin qu'il puisse constamment «s'adapter à un monde en mutation rapide».

M. Abdulla a indiqué que de nombreuses régions étaient dans le même temps confrontées à la covid-19, à des conflits et au changement climatique. C'est pourquoi il est si important d'agir de manière coordonnée et d'investir judicieusement - pour un meilleur rendement possible et pour éviter les doublons -, a-t-il poursuivi en ajoutant que le Module mondial jouait un «rôle déterminant» dans ce sens.

«Toutes les organisations, tous les partenaires et nous tous qui œuvrons dans ce domaine, nous devons concentrer nos efforts sur les plus vulnérables, sur les personnes qui souffrent de la faim. Nous sommes animés par les valeurs premières du Module mondial, à savoir intégrer et coordonner mais avec intégrité, humanité et sans exclusion», a déclaré M. Abdulla.

Il a également rappelé que si le PAM avait reçu le prix Nobel de la paix pour 2020, c'était en reconnaissance de «notre travail à tous», de tous les partenaires.

La Barone Valerie Amos, Directrice principale de l'University College Oxford et anciennement Secrétaire générale adjointe pour les affaires humanitaires et Coordonnatrice des secours d'urgence (ONU), s'est exprimée dans un message vidéo lors de l'ouverture de la réunion. Elle s'est félicitée de la mission du Module mondial qui consiste à veiller à ce que les populations qui se retrouvent dans des situations d'urgence puissent se nourrir - considérant qu'il s'agit «d'une priorité absolue dans de tels moments de crise».

«Alors que la pandémie du COVID-19 se propage dans un si grand nombre de pays et de régions du monde, votre tâche restera urgente», a ajouté Mme Amos, et même si «les progrès ne sont pas aussi si significatifs que voulu, la contribution du Module mondial et les efforts qu'il déploie avec ses partenaires produisent déjà des effets».

Le Module mondial d'action groupée en matière de sécurité alimentaire - déjà 10 ans

Bruno Minjauw, Coordonnateur du Module mondial d'action groupée en matière de sécurité alimentaire, et Naouar Labidi, Conseillère principale à la sécurité alimentaire mondiale, ont présenté la situation en ce qui concerne la faim dans le monde et expliqué les origines du Module mondial, ses réalisations jusqu'à présent et ses objectifs compte tenu des défis sans précédent qui se posent actuellement.

Au cours des 10 dernières années, le Module mondial a répondu à des crises majeures - fournissant une alimentation d'urgence aux populations frappées par le typhon Haiyan aux Philippines, le virus Ebola en Afrique de l'Ouest- pour n'en citer que quelques-unes - et aidé celles qui, en 2017, se trouvaient au bord de la famine dans le nord-est du Nigéria, en Somalie, au Soudan du Sud et au Yémen, et prête aujourd'hui assistance à celles qui luttent contre les invasions de criquets pèlerins et la crise du COVID-19.

Jan Egeland, Secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés, l'un des huit membres du Groupe consultatif stratégique du Module mondial, qui a abordé les défis auxquels le Module mondial sera confronté et les perspectives qui s'offrent à lui, a prévenu que «les 10 prochaines années allaient être difficiles», et qu'il craignait que l'écart entre les besoins et les ressources ne se creuse davantage. S'agissant des perspectives, il a cité les moyens d'évaluation des besoins qui devront être mis en œuvre «encore plus en temps réel» afin d'améliorer l'accès aux communautés isolées ainsi que la communication avec les communautés en général.

Quelques informations supplémentaires sur le Module mondial

Les opérations de secours alimentaire du Module mondial s'appuient sur des systèmes solides de suivi et d'évaluation, la collecte des données et le partage d'informations, qui garantissent que l'action menée pour juguler l'insécurité alimentaire aiguë est efficace - et qu'il n'existe pas de lacunes, de doublons ou de pertes d'argent et de temps.

Le Module mondial allie les interventions d'urgence à la résilience à long terme car il ne s'agit pas simplement d'éviter que les populations ne tombent dans la famine mais il faut également qu'elles puissent disposer des connaissances et des outils leur permettant d'améliorer leurs moyens de subsistance sur le long terme.

Le Module mondial qui fournissait une assistance à 52 millions de personnes en 2013, en aide aujourd'hui plus de 100 millions. En 2020, le Module mondial a besoin de 9 milliards de dollars de financement - soit beaucoup plus du double du montant requis il y a 10 ans lorsqu'il a été créé.

Quelques informations supplémentaires sur la réunion du Module mondial

La réunion en ligne des partenaires internationaux qui se tient les 11 et 12 novembre, couvrira plusieurs thèmes, notamment les défis que pose la coordination et les nouvelles méthodes de travail, la résurgence de la famine, l'insécurité alimentaire et les conflits, la variabilité du climat et les systèmes alimentaires ainsi que l'amélioration et l'adaptation de la localisation.

La liste intégrale des questions examinées et des orateurs est disponible ici.

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