Burkina Faso: Attaque meurtrière contre les Fds en pleine campagne électorale - La douloureuse piqûre de rappel de l'EIGS

15 Novembre 2020

L'Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS) a revendiqué, le 13 novembre 2020, l'embuscade qui a coûté la vie à 14 soldats burkinabè deux jours plutôt, alors que ces derniers étaient en patrouille entre Tinakof et Beldiabé, dans la province de l'Oudalan.

Sauf erreur ou omission, c'est la septième fois que l'organisation terroriste revendique une attaque perpétrée au Burkina Faso, mais c'est la deuxième plus meurtrière après celle lancée contre le détachement militaire de Koutougou au petit matin du 19 août 2019, qui avait fait 24 morts parmi nos soldats.

Un an plus tôt, c'est à Bouro dans la commune de Nassoumbou que l'EIGS s'était négativement illustré avec le rapt de l'enseignant Issouf Souabou, le 12 avril 2018, suivi de l'assassinat, trois jours plus tard, du maire de Koutougou, Hamid Koundaba.

L'embuscade du mercredi dernier tendue contre nos FDS vient donc comme une douloureuse piqûre de rappel des actes innommables que cette nébuleuse terroriste a posés dans le septentrion du Burkina depuis le 1er septembre 2016 et l'attaque contre le poste de douane de Markoye, qui avait été fatale à un douanier et un civil.

C'est, en tout cas, un avertissement pour les 13 candidats à la présidentielle du 22 novembre prochain qui ont tous promis, chacun à sa manière, de mettre un terme au cycle d'attaques terroristes qui ensanglantent le Burkina depuis 2016.

Mais au-delà des candidats et des autorités actuelles de notre pays, ce message imbibé de sang s'adresse aussi à la France et par ricochet à tous ceux qui ont juré de casser du terroriste dans la zone dite des trois frontières (Mali-Burkina-Niger).

Car, si l'EIGS peut plastronner et se targuer d'avoir infligé une perte aussi lourde à l'armée burkinabè, il ne faudrait pas oublier qu'il est à la peine depuis plusieurs mois dans cette zone où il semble damer le pion à son rival du GSIM, avec les frappes coordonnées des forces maliennes, nigériennes et burkinabè de part et d'autre des frontières, appuyées par les groupes supplétifs de l'armée malienne et surtout les drones et les hélicoptères d'attaque de la force Barkhane.

La vigilance devra rester de mise

Acculé et traqué dans la région de Menaka au Mali par les forces françaises et par les groupes d'auto-défense, malmené dans les régions de Tahoua et de Tillabéry au Niger par l'armée nigérienne, ce groupe terroriste particulièrement violent, a peut-être voulu donner un signe de vie en assénant un coup de boutoir au Burkina Faso en pleine campagne électorale et dans une zone a priori plus sécurisée que d'autres.

Mais pas sûr qu'il trouve en l'Oudalan l'exutoire dont il rêve, d'autant que des renforts ont été immédiatement déployés dans le secteur de l'attentat, et les soldats qui y patrouillent sont sur les dents et en alerte maximale afin de prévenir et/ou d'enrayer d'éventuelles attaques.

Pour autant, la vigilance devra rester de mise, surtout en raison du contexte électoral et des menaces qui ont été proférées dans certaines zones contre ceux qui iraient voter le 22 novembre prochain.

Car, si certains combattants semblent revenus à la raison au Mali comme au Burkina suite à de laborieuses négociations officielles ou officieuses, en déposant les armes ou en observant une trêve avant leur retour éventuel à une vie normale, d'autres, par contre, préfèrent toujours garder leurs capacités de nuisance , et n'hésiteront pas à s'en prendre à des cibles molles ou d'opportunité pour signaler leur présence ou étendre leurs tentacules.

Il y a donc lieu de continuer à brandir le bâton contre les terroristes indécrottables comme ce qu'ont fait les forces françaises en supprimant, le 10 novembre dernier, l'un des chefs du GSIM, Ba Ag Moussa, ou ce qu'a fait la Justice malienne en foudroyant le chef djihadiste du Sud-Mali, Souleymane Keita, et 14 de ses acolytes le 13 novembre à Bamako, avec une peine de mort pour chacun d'eux.

Espérons que cette fermeté ne viendra pas saborder les négociations qui seraient en cours au Burkina comme au Mali voisin avec certains combattants locaux.

Car, beaucoup d'entre eux ont pris les armes par snobisme, par ignorance ou par instinct de survie, et pourraient accepter de les déposer et de se mettre au service de la République, en contribuant même à traquer leurs alliés d'hier qu'ils connaissent mieux que quiconque.

En attendant d'hypothétiques résultats probants de ces négociations, les drones et les avions mirages qui peuvent localiser et neutraliser les occupants d'un seul pick-up en rodéo dans le désert, devraient être davantage mis à contribution pour éradiquer ces hordes de terroristes qui se déplacent, de jour comme de nuit, sur certaines parties de notre territoire pour assassiner lâchement et impunément, comme ce qu'ils ont fait entre Beldiabé et Tinakof le 11 novembre dernier.

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