Congo-Kinshasa: FCC-CACH - Elysée Munembwe et l'AAB expliquent la genèse de la crise au sein de la coalition

Action Alternative pour le Bien-être et changement (AAB), une plateforme du Front Commun pour le Congo (FCC), a animé une matinée politique, le vendredi 13 novembre 2020, dans la salle de cinéma du ShowBuzz à Kinshasa.

Le regroupement qui compte 16 partis politiques répartis sur l'étendue du territoire de la RDC, aligne 27 députés et 8 sénateurs, auxquels s'ajoutent 48 élus provinciaux, a rempli la salle malgré les trombes d'eau qui ont arrosé Kinshasa depuis les petites heures du jour. Objectif de la rencontre à laquelle ont pris part les chefs des partis politiques membres de la deuxième force politique du FCC, députés et sénateurs, membres du gouvernement issus de la plateforme ainsi que les cadres et militants : expliquer la crise FCC-CACH qui impacte le sommet de l'Etat en RDC.

Dans la salle de cinéma du ShowBuzz, vendredi en début d'après-midi, c'est l'Honorable Richard Ndambu Wolang qui a procédé à la présentation des différentes personnalités de l'AAB, avant de passer la parole au Professeur Kodjo Ndukuma (PPRD), invité expressément pour expliquer la genèse et l'évolution de la crise qui empoisonne les relations entre le FCC et le CACH. Ce fut fait, sous la forme des réponses à trois questions : d'où venons-nous ; où en sommes-nous ; et où allons-nous ?

En réponse à la question « d'où venons-nous ? », Kodjo Ndukuma a brossé la genèse de la coalition au pouvoir en RDC, en partant des résultats des élections de 2018, qui ont consacré la victoire à la présidentielle d'un acteur politique de l'opposition CACH tout en accordant majorité parlementaire de près de 88 % au FCC.

Une cohabitation gouvernementale FCC-CACH s'imposait selon ces résultats. Elle a été contournée par la signature d'un accord politique entre le Président de la République sortant et le Président de la République entrant.

Les autorités morales de deux plateformes politiques ont convenu d'une coalition gouvernementale, mieux adaptée à la situation politique particulière du pays, selon le Professeur Kodjo.

S'agissant de la crise FCC-CACH, Kodjo Ndukuma explique qu'elle remonte aux tentatives de retardement de l'installation du bureau du Sénat au motif qu'un parti politique membre du CACH se retrouvait sans sénateur élu malgré la présence de députés provinciaux issus de ses rangs parmi les électeurs. Elle s'est poursuivie avec la gestion des affaires courantes par l'administration de la présidence en lieu et place du Premier ministre et du Gouvernement sortants en attendant la remise-reprise avec la nouvelle équipe gouvernementale.

La nomination, par le Président de la République, des animateurs des entreprises minières sans en discuter au préalable avec le partenaire de la coalition est présentée comme le troisième incident fâcheux entre les coalisés. Tandis que les ordonnances nommant 3 nouveaux juges à la Cour Constitutionnelle furent la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, selon cet entendement.

Devant les personnalités, cadres et militants de l'AAB, l'orateur du jour a stigmatisé ce qu'il a qualifié de « tentative de présidentialisation du régime politique de la RDC », contrairement aux prescrits de la Constitution qui prône un régime parlementaire rationalisé.

Kodjo Ndukuma a également stigmatisé ce qu'il a qualifié de « stratégies de retrait de la coalition » dans le chef du CACH, qui visent l'acquisition d'une nouvelle majorité numérique. « Des contre-stratégies sont en œuvre, dont on ne peut pas parler présentement », a assuré l'orateur du jour au milieu d'une foule en délire.

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