Afrique Centrale: Commission sur le génocide au Rwanda - L'historienne Julie d'Andurain se retire des travaux

Cette historienne faisait partie de la commission chargée l'année dernière par Emmanuel Macron de faire la lumière sur le rôle de la France au Rwanda entre 1990 et 1994, et notamment sur le rôle de l'armée au moment du génocide des Tutsis. Mais Julie d'Andurain était très contestée, depuis notamment que l'hebdomadaire français le Canard enchaîné avait exhumé des écrits très favorables à l'armée française. Dans un communiqué suivi d'une déclaration à l'AFP, le président de la commission a indiqué que Julie d'Andurain s'était mise en retrait des travaux.

« Cette mise en retrait volontaire signifie que madame d'Andurain ne consulte plus d'archives, qu'elle ne participe plus aux réunions d'équipe et qu'elle ne contribue pas à la rédaction du rapport. » Le président de la Commission, l'historien Vincent Duclert, précise que c'est de son propre chef que Julie d'Andurain s'est retiré des travaux, et que sa décision a été prise en août dernier. Avant donc la publication de l'article du Canard enchaîné, le mois dernier, qui a suscité la polémique. Une chronologie qui pose question, et pour laquelle aucune explication n'est fournie.

Dans son article, l'hebdomadaire français exhumait notamment un texte publié antérieurement par l'historienne Julie d'Andurain, dans lequel elle estimait notamment que « l'Histoire rendrait raison » au bilan de l'opération Turquoise au Rwanda, qui n'aurait selon elle « certes pas empêché le génocide qui l'avait largement précédé », mais « tout de même permis de mettre fins aux massacres » « entre Hutus et Tustsis ».

De nombreux chercheurs ont dénoncé les postulats « négationnistes » ou « révisionnistes » de l'historienne, et les sources unilatérales citées dans le texte - l'ancien ministre Hubert Védrine et le journaliste Pierre Péan. D'autres l'ont au contraire soutenue et dénoncé des attaques jugées « personnelles et calomnieuses ».

Le rapport de la Commission sur le rôle de l'armée française au Rwanda doit être rendu au président Emmanuel Macron en avril prochain.

Dans un communiqué, l'association SOS Racisme a jugé samedi 14 novembre « bienvenue » la « démission » de Julie d'Andurain, « historienne obsédée, contre le réel, par la défense du rôle indigne que la France y joua », ce sont les mots de l'association. Julie d'Andurain, qui se dit victime d'un « lynchage médiatique », n'a pas répondu aux sollicitations de RFI.

Plus de: RFI

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.