Sénégal: Systèmes financiers décentralisés - Plaidoyer pour une baisse des taux d'intérêt

16 Novembre 2020

L'Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Sénégal (Apsfd) est invitée à engager une réflexion profonde pour une baisse des taux d'intérêt à des niveaux raisonnables.

Invite faite, samedi, par Zahra Iyane Thiam, ministre de la Microfinance et de l'Économie sociale et solidaire, lors de l'assemblée générale de cette structure.

L'Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Sénégal (Apsfd) a organisé, samedi, son assemblée générale ordinaire à la salle de conférence du Grand théâtre national de Dakar.

Présidée par Zahra Iyane Thiam, ministre en charge de la Microfinance et de l'Économie sociale et solidaire, cette rencontre a été un prétexte pour rappeler que « le secteur de la microfinance se doit plus que jamais d'allier utilité sociale et performances financières, pour une économie plus forte, inclusive et plus résiliente ».

Elle a invité l'Apsfd à engager une réflexion profonde pour une baisse des taux d'intérêt à des niveaux raisonnables qui ne freinent pas le développement de l'entreprenariat.

Les taux d'intérêt varient d'un Sdf à un autre, mais ne doivent pas dépasser un taux effectif global annuel (Teg) de 24 %. Dans la pratique, le taux moyen appliqué par les Sdf est de l'ordre de 15 %.

Le ministre a aussi exhorté l'Association à répondre positivement à l'appel patriotique du Chef de l'État en faveur d'un report des échéances de crédit jusqu'à la fin de l'année.

« Il faut un meilleur accompagnement aux côtés de l'État dans ses efforts d'accroître l'inclusion financière par l'accès au crédit des populations vulnérables à des coûts réduits », a soutenu Zahra Iyane Thiam qui souhaite une promotion plus accrue de l'application des bonnes pratiques en matière de gouvernance au sein de ses membres en vue d'une meilleure sécurisation de l'épargne du public.

À son avis, il faut améliorer les procédés de recouvrement et d'offres de services de manière générale afin de mieux répondre au caractère privé des données personnelles.

Selon Mme Thiam, dans le cadre de son plan de relance (Pap2a), l'État compte mettre en place un fonds de 100 milliards de FCfa destiné au secteur de la microfinance.

«Ceci démontre que les autorités ont bien compris l'importance capitale de la microfinance qui constitue un maillon essentiel dans le financement des activités, surtout pour le secteur informel, en vue d'atteindre une meilleure inclusion financière des populations à la base », a-t-elle déclaré.

Malick Diop de Pamecas, nouveau président de l'Apsfd

Au terme des travaux, Malick Diop, directeur général de l'Union des mutuelles du partenariat pour la mobilisation de l'épargne et du crédit au Sénégal (Um-Pamecas), a été nommé président de l'Apsfd (association créée en 1996), pour un mandat de deux ans renouvelable.

Le président intérimaire de l'Apsfd, Ousmane Thiongane, a demandé au Gouvernement de procéder à la finalisation de la nouvelle lettre de politique sectorielle pour un secteur plus dynamique.

Toutefois, il a déploré « le retrait massif des partenaires techniques et financiers qui porte un sacré coup à une mise en œuvre cohérente de notre Stratégie nationale ».

Au cours de cette rencontre, le conseiller du directeur national de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (Bceao), Astou Lô Ndiaye, a révélé que le taux d'accès à la microfinance a été porté de 25 % en 2013 à 33 % en 2019, impulsant sensiblement le taux d'utilisation globale des services financiers qui est passé de 40 % à 70 % au cours de la même période.

Elle a ajouté que la Bceao a pris, le 27 avril dernier, un avis relatif aux mesures autorisant les institutions de microfinance à accorder à leur clientèle affectée par la pandémie de la Covid-19, et qui le sollicite, un report d'échéances sur leurs prêts, pour une période de trois mois renouvelable une fois, sans charge d'intérêt, ni frais, ni pénalité de retard.

Plus de: Le Soleil

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