Cameroun: « Les chantiers sont encore nombreux »

interview

Jean Stéphane Biatcha, secrétaire exécutif de Synergies africaines contre le sida et les souffrances.

Monsieur le secrétaire exécutif, 18 ans d'existence de Synergies africaines et toujours le même engagement dans la lutte contre le sida. Quelle est la source de cette motivation ?

Quand je repense à toute l'histoire de Synergies africaines, je ne peux que m'incliner, admiratif, devant l'énergie déployée par Mme Chantal Biya, première dame du Cameroun. Grâce à ses énormes capacités d'entrainement, elle a su fédérer les énergies à travers le continent et dans le monde, permettant ainsi à Synergies africaines contre le sida et les souffrances de laisser une trace qui dure dans l'histoire, 18 ans après. Sans elle et surtout sans le soutien constant et affectueux de son illustre époux, S.E Paul Biya, président de la République du Cameroun, l'organisation panafricaine n'aurait pas le rayonnement national et international tant salué. Je saisis cette occasion pour rendre un vibrant hommage au couple présidentiel camerounais, pour cet élan de générosité et d'humanisme.

L'engagement des premières dames d'Afrique est-il toujours le même qu'à la création de cette Ong ?

Bien entendu les premières dames de Synergies africaines sous l'impulsion de Mme Chantal Biya ont pris un engagement en conscience. Un engagement fort en faveur des populations en détresse. Un engagement que les épreuves de la maladie, de la douleur et du temps n'ont pas ébranlé. Tant que le VIH et le sida continueront à hypothéquer l'avenir des jeunes, notamment des jeunes filles, tant qu'une femme mourra toutes les deux heures des suites d'un accouchement ou des complications liées à la grossesse, tant que l'accès à l'éducation et aux soins de santé primaires ne sera pas acquis pour tous, Mme Chantal Biya et ses sœurs continueront le combat.

Cet anniversaire survient au moment où sévit la pandémie du Covid-19. Avez-vous adapté votre action à cette nouvelle souffrance qui touche le monde entier ?

Si Synergies africaines a perduré depuis toutes ces années, c'est aussi en raison de sa capacité d'écoute et d'adaptation constante aux réalités. Face à la pandémie du Covid-19, Synergies africaines a fait sa part, apportant sa pierre à la lutte contre ce nouveau fléau. C'est un défi sanitaire de plus. L'organisation panafricaine a continué à se déployer en s'appuyant sur son réseau de clubs de santé, d'organisations à base communautaire. Ce réseau a montré toute sa pertinence et son efficacité dans la lutte contre le sida.

En quoi l'implication personnelle de la première dame du Cameroun a-t-elle impacté les résultats de Synergies africaines ?

Faut-il le rappeler, Synergies africaines a été créée à l'initiative de Mme Chantal Biya. Depuis lors, la première dame du Cameroun n'a ménagé aucun effort pour que Synergies africaines bénéficie de l'accompagnement nécessaire pour mener à bien ses missions. Grâce à Mme Chantal Biya et au chef de l'Etat camerounais, S.E Paul Biya, Synergies africaines dispose d'un siège fonctionnel à Yaoundé, est reconnue d'utilité publique et a signé un accord de siège avec la République du Cameroun. Autant de facilités mises à la disposition du secrétariat exécutif de l'association panafricaine pour s'assurer de la pérennité d'une initiative qui est toujours porteuse d'espoir. En outre, Mme Chantal Biya continue de mobiliser ses sœurs premières dames, pour maintenir cette dynamique d'actions concertées qui a pris corps ici-même à Yaoundé le 16 novembre 2002.

En 18 ans, comment évaluez-vous la contribution Synergies africaines dans la lutte contre le sida et les souffrances?

La contribution de Synergies africaines sous l'impulsion de sa présidente fondatrice, Mme Chantal Biya a été décisive. Les directeurs exécutifs successifs de l'Onusida depuis le début des années 2000 l'ont dit à plusieurs occasions : Mme Chantal Biya a fortement contribué à sortir le VIH/sida de la conspiration du silence qui l'entourait. A l'époque, l'annonce du diagnostic était synonyme de condamnation à mort. Aujourd'hui, le VIH et le sida sont considérés comme des pathologies chroniques au même titre que le diabète ou l'hypertension artérielle. La sensibilisation s'est accrue. L'accès aux antirétroviraux s'est intensifié. Les femmes séropositives peuvent donner naissance à des enfants sains. Tous ces progrès, Madame Chantal Biya peut se targuer d'y avoir amplement contribué grâce à un plaidoyer fort, vibrant et constant.

Quels sont les chantiers futurs de l'association des premières dames?

Le monde est secoué par plusieurs crises : climatique, économique, politique, sécuritaire, sociale et sanitaire. La mondialisation mal maîtrisée exacerbe les communautarismes. Le monde a besoin de paix, préalable à tout développement. Un développement susceptible de permettre à chaque homme, femme et enfant d'atteindre un niveau de santé et de bien-être élevé le plus possible, dans un monde où le sida ne sera plus une menace de santé publique.

Comme vous pouvez le constater, les chantiers sont nombreux dans les domaines de la santé, de l'éducation, du développement numérique, de l'autonomisation des femmes, du soutien aux personnes vulnérables. Sur tous ces sujets, Synergies africaines reste mobilisée. La détermination de Mme Chantal Biya et ses sœurs sera toujours inébranlable

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