Burkina Faso: Fasocheck fait la chasse aux infox avant les élections

17 Novembre 2020

Le Burkina Faso n'échappe pas à la vague de fausses informations en amont des élections du 22 novembre. Animée par de jeunes journalistes et blogueurs, la plateforme Fasocheck s'efforce de démêler le vrai du faux.

Des projets qui laissent perplexes sur leur éventuelle réalisation, des discours pendant des meetings frisant la démagogie, des contrevérités de cyber-activistes à la solde de candidats : les informations foisonnent sur la toile pour conquérir l'électorat.

Certains électeurs s'en offusquent.

"Utiliser la mauvaise information, manipuler les uns et les autres pour pouvoir avoir des retombées politiques, ce sont des façons malsaines pour moi de faire de la politique. Pire, il peut y avoir des conflits", s'indigne l'un d'eux.

Un autre appelle à à "encadrer l'usage des réseaux sociaux dans notre quotidien".

Fasocheck vérifie les rumeurs

Dans la perspective d'aider les internautes, la plateforme Fasocheck vérifie les informations qui circulent. La plateforme est animée par des journalistes, spécialisés dans la traque de sujets potentiellement erronés.

Sur Facebook, dans le cadre des élections couplées, Fasocheck situe les faits dans leur contexte après un travail de recoupements.

"Il nous est arrivé de vérifer par exemple si des écoles avaient été fermées à Bobo-Dioulasso parce qu'un candidat aux élections y tenait un meeting", raconte Jordan Meda, de l'équipe de Fasocheck.

"Dans les faits, il s'est avéré que certaines écoles étaient fermées mais pas toutes et qu'elles ne l'étaient pas à cause du meeting. Dans la pratique ce jour-là, il n'y avait pas cours les après-midis et quand il y avait cours, c'était soit pour des évaluations, soit pour des activités sportives."

Les journalistes de Fasocheck produisent aussi des fiches d'informations factuelles sur des aspects du programme des candidats.

Un travail pédagogique au service de l'information

Mais ce travail n'est pas toujours bien compris par certains internautes ou par les acteurs politiques.

"Il est difficile de collaborer non seulement avec les auteurs des déclarations que nous vérifions mais aussi avec certaines personnes ressources qui ne comprennent pas notre démarche", explique Jordan Meda.

Le public ne comprend pas toujours ce qu'est le fact-checking, poursuit-il. "Il y en a qui confondent le fact-checking et l'investigation, le travail d'enquête. C'est vrai que les frontières sont très minces. Il y en a aussi qui nous prennent pour des vuvuzelas de partis politiques ou des ONG de certains pays. Mais il y a aussi une catégorie de personnes qui comprennent ce que nous faisons, qui nous encouragent et qui même nous soumettent des sujets à vérifier."

Le manque d'accès aux documents publics reste toutefois un problème majeur qui entrave le travail quotidien de Fasocheck.

La plateforme Fasocheck a été lancée dans le cadre d'un projet de fact-checking de la DW Akademieavec le soutien du ministère allemand de la Coopération et du Développement.

Plus de: DW

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