Cameroun: Bébés prématurés - Le difficile quotidien

Entre stress, angoisse et les factures à payer, les journées des mères dans les unités de prise en charge ne sont pas tranquilles.

Calme plat ce mardi matin au service de néonatalogie de l'Hôpital de district de la Cité verte à Yaoundé. Les petits patients, enfermés dans des couveuses sont encore pour la plupart endormis. Sauf le petit Yanis, qui a été admis la veille après sa venue au monde. Son cas semble préoccuper le personnel médical qui s'active autour de lui. « Le petit est né avec moins de 2 kg. Il a des difficultés à respirer. En plus il a l'ictère, mais nous le prenons en charge.

Ça va aller. Nous avons eu des cas pires que lui qui s'en sont sortis. Ne paniquez pas ma fille », explique la major de ce service à la mère du nouveau-né. « C'est mon premier enfant. Ma grossesse se déroulait bien, jusqu'à ce que je fasse une chute. J'ai passé une semaine allongée et hier le médecin m'a annoncé qu'il fallait me faire accoucher urgemment. Ça s'est bien passé, sauf que mon bébé n'était qu'à 28 semaines de gestation. J'ai accouché hier vers 18h. Jusqu'à ce matin je n'ai pas dormi. J'ai peur pour la vie de mon fils », s'inquiète Sandrine O,, 37 ans, la mère du nourrisson.

Rose Eyebe, 27 ans est dans la même situation. Internée dans ce centre hospitalier depuis deux jours avec sa fille née à 32 semaines, elle tient à peine sur ses jambes. « J'ai subi une césarienne. La douleur est encore très forte, mais il faut que je me lève pour venir allaiter mon bébé. C'est dur. Je ne dors presque pas depuis mon accouchement. Je vis dans la peur et l'angoisse. Donner naissance et ne pas pouvoir dormir près de son bébé, ou encore le prendre dans ses bras lorsqu'on en a envie, c'est la chose la plus difficile. Je fais confiance aux infirmières et à Dieu. Il faut que mon enfant parvienne à respirer seul et que nous sortions d'ici », espère la dame.

Au service de néonatalogie du Cass de Nkoldongo par contre, l'ambiance est surchauffée. Ce sont les pleurs et les cris de ces bébés nés trop tôt qui accueillent le visiteur. Ici, c'est l'heure du bain et de l'alimentation pour les grands prématurés. C'est par vagues de trois que les mamans sont autorisées à entrer dans ledit service pour allaiter leurs bébés. La plupart des petits patients de l'unité ont des horaires d'alimentation adaptés à leur degré de développement et à leurs problèmes. Ainsi, ceux qui sont trop petits ou malades pour s'alimenter par eux-mêmes sont nourris par une sonde de gavage qui va de la bouche ou du nez à l'estomac. « D'autres reçoivent une alimentation riche en calories qui favorise la croissance.

Les médicaments constituent un autre élément-clé des soins intensifs. Notamment, les antibiotiques, les stimulants respiratoires, les régulateurs de tension et du rythme cardiaque », explique le Dr Djoumou, pédiatre dans ce centre hospitalier. Ici également, c'est dans la peur et l'angoisse que vivent les mamans. « Ce n'est pas facile entre la quête d'argent et l'angoisse pour la santé du bébé, je ne sais pas où mettre la tête. J'ai déjà dépensé plus de 350.000F. C'est surtout le fait de voir son enfant enfermé dans une boîte avec des sondes partout qui est le plus difficile. J'aimerais sortir d'ici avec mon enfant vivant », souhaite Catherine Owona.

Au sein de ce service, tout comme à l'Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé, des efforts considérables sont faits pour humaniser les soins pour le bien-être des bébés prématurés et aussi des mamans qui sont pour la plupart affectées psychologiquement. C'est justement dans cette optique que le Cameroun s'est joint à la communauté internationale hier, pour célébrer la Journée mondiale de la prématurité. Événement placé sous le thème : « Ensemble pour les bébés nés trop tôt. Prenons soin de l'avenir ». Occasion de sensibiliser les futures mères sur le rôle qu'elles ont à jouer pour éviter la naissance des enfants avant neuf mois.

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