Cameroun: CACH-FCC - Le bras de fer permanent

Les deux camps sont plus que jamais divisés dans la gestion du pouvoir et se livrent un duel à distance.

La lune de miel entre le Cap pour le changement (CACH) et le Front commun pour le Congo (FCC) n'aura finalement été qu'un feu de paille. Scellé le 29 juillet 2019, le pacte entre les camps de Félix Tshisekedi et Joseph Kabila est grippé. Loin de la sérénité apparente qu'affichent les deux leaders, une bataille à distance les oppose depuis plusieurs mois. Les deux « alliés » n'arrivent plus à s'entendre sur la gestion du pouvoir. S'appuyant sur son obésité au sein des deux chambres du Parlement - 388 députés et sénateurs sur les 620 membres-le FCC a réussi se tailler la part du lion. Sur les 65 ministres, il s'en est arrogé 48 dont les départements régaliens. Le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Illunkamba, un proche de Kabila, ne manque pas de montrer les velléités d'affranchissement et de défiance à l'égard du chef de l'Etat.

Fragilisé face à cette majorité confortable de son « allié », il lui est difficile de prendre un acte majeur qui engage le pays ou de nommer à des postes stratégiques au sommet de l'Etat. N'ayant pas les mains libres, le président de la République doit se référer au préalable à « son partenaire ». Le boycott, le 21 octobre dernier de l'investiture des trois membres du Conseil constitutionnel par Alexis Thambwe Mwamba, président du Sénat, et Jeanine Mabunda, présidente de l'Assemblée nationale, proches de l'ancien président, est la parfaite illustration de cette situation inconfortable. Estimant que la nomination par ordonnance présidentielle le 17 juillet 2020 de Dieudonné Kaluba Dibwa, Alphonse Kalume Yasengo et Dieudonné Kamulete Badibanga n'a pas été du goût du FCC dont ils relèvent, ils ont brillé par leur absence à la cérémonie. Le camp Kabila a reproché au chef de l'Etat une violation de la Constitution dans la procédure de désignation de ces trois juges.

Le Sénat doit régulièrement faire avec les caprices de Joseph Kabila. Sénateur à vie, conformément aux lois de la République congolaise, l'ancien chef de l'Etat ne manque pas souvent de brûler la politesse à Alexis Thambwe Mwamba, son ancien ministre, lors des quelques rares plénières auxquelles il prend part. Cette tension politique s'observe également au Parlement où les projets de loi venant de Félix Tshisekedi ne sont non plus les bienvenus. A défaut d'être rejetés, ils sont raillés par les parlementaires du FCC. Englué dans ce cercle vicieux, Etienne Tshisekedi peine à mettre en œuvre son programme politique, près de deux ans après son élection.

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