Congo-Brazzaville: Droits des enfants - Les violences prennent de l'ampleur en milieu scolaire

Sept élèves sur dix au Congo subissent des violences dans les écoles, selon les résultats d'une étude menée par le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).

C'est dans le cadre de la Journée mondiale de l'enfant, célébrée le 20 novembre que le gouvernement congolais et l'Unicef ont lancé le premier rapport sur les violences en milieu scolaire. Ce rapport révèle qu'un grand nombre d'adolescents dans le pays, en particulier les filles, sont touchés par la violence, y compris les violences en ligne.

Selon l'étude, la violence sexuelle est la deuxième forme de violence la plus répandue pour les filles dans les écoles du pays, avec quatre filles sur dix ayant déclaré avoir subi une agression de nature sexuelle dans les 12 mois précédents l'enquête.

De même, huit filles sur dix et sept garçons sur dix de 12 à 18 ans ont déclaré avoir subi des violences verbales ou psychologiques dans leurs établissements scolaires, selon l'étude sur les violences du genre et les violences en ligne en milieu scolaire menée par l'Unicef auprès de 6000 élèves en République du Congo.

L'enquête ajoute que deux filles sur dix ont subi récemment des actes violents en ligne, en milieu scolaire, inclus la diffusion non autorisée d'images privées ou à caractère sexuel, harcèlement, menaces, discrimination ou autre forme de violences sur les plateformes digitales.

Par ailleurs, les cinq types de violences analysées dans l'étude, violences en ligne, violences verbales ou psychologiques, physiques, sexuelles et économiques, semblent avoir un impact négatif sur le parcours scolaire des victimes, avec une enquête sur trois ayant rapporté des impacts néfastes sur l'apprentissage dus aux actes subis.

« Pour la première fois nous avons sous la main des données claires qui montrent une réalité alarmante pour les jeunes filles élèves du pays, en particulier les filles. Elles sont davantage exposées non seulement aux violences dans l'enceinte et autour de l'école, mais aussi aux risques inhérents à l'espace virtuel qui est de plus en plus répandu dans le pays avec l'arrivée progressive d'internet dans les écoles », a déclaré Micaela Marques De Souza, représentante de l'Unicef au Congo.

« Avoir une éducation de bonne qualité est un droit fondamental des enfants et des adolescents et nous avons la responsabilité de travailler ensemble, comme le système des Nations unies et en collaboration avec le gouvernement du Congo, pour éviter de perdre le potentiel d'une entière génération de jeunes filles, et de jeunes garçons, à cause des violences », a souligné Chris Mburu, coordonnateur résident du système des Nations unies au Congo.

Pour le ministre des Postes, des Télécommunications et de l'Economie numérique, Léon Juste Ibombo, l'espace virtuel créé par les nouvelles technologies peut ouvrir beaucoup de portes pour les jeunes congolais. L'application effective des lois existantes pour la protection de l'enfance en ligne et la lutte contre la cybercriminalité en général est fondamentale pour permettre à tous les jeunes du Congo d'utiliser les nouvelles technologies en toute sécurité.

Clôturant le dialogue de haut niveau sur les violences de genre et les violences en ligne en milieu scolaire, Anatole Collinet Makosso, ministre de l'Enseignement primaire, secondaire et de l'Alphabétisation, a indiqué que le milieu scolaire devrait être l'endroit où les jeunes filles et garçons se sentent protégés et encouragés à s'épanouir. Il a ajouté que donner à tous les élèves du pays l'opportunité d'apprendre dans un contexte de sécurité est une priorité pour la politique du gouvernement congolais.

Le rapport de l'étude a été présenté à l'occasion d'un dialogue de haut niveau auquel avaient pris part des memebres du gouvernement. Cette journée marquait le 31ème anniversaire de la Convention relative aux droits de l'enfant, et a été célébrée sur le thème : « Réimaginer un meilleur monde pour nos enfants ».

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