Congo-Kinshasa: Détournement présumé de près de 62 milliards de FC au SECOPE - Les enseignants exigent des explications

Les révélations faites la semaine dernière par l'Inspection Générale des Finances (IGF) soulèvent des tensions dans plusieurs secteurs audités par ce service de contrôle.

Mercredi 18 novembre dernier, devant la presse, l'Inspecteur général des finances Chef de Service, Jules Alingete a présenté les conclusions de la mission de contrôle effectuée précisément au Service de Contrôle et de Paie des Enseignants (SECOPE) où il a été relevé un présumé détournement de près de 62 milliards de francs congolais. Et, depuis lors, les enseignants du secteur de l'Enseignement Primaire, Secondaire et Technique (EPST) réclament que justice soit faite.

Il y a de cela plus d'un mois depuis que le go a été donné pour l'année scolaire 2020-2021. Et, pendant tout ce temps, les professionnels de la craie du secteur public, plus particulièrement ceux des écoles conventionnées, ont décidé à l'unanimité de sécher les salles de classe faute de la satisfaction de leurs désidératas. Au regard de plusieurs soupçons dont était victime le Service de Contrôle de Paie des Enseignants, certains professionnels de la craie voulant être suffisamment éclairé sur la gestion des fonds mis au profit du ministère de l'EPST, ainsi que la question de Nouvelles Unités (NU), avaient soutenu mordicus que ce service soit audité.

Au terme de cette mission, l'IGF a dévoilé au grand jour plusieurs cadavres retrouvés dans le placard du SECOPE. Outre le présumée détournement de cette somme colossale destinée à soutenir la gratuité de l'enseignement, l'IGF révèle également l'existence des faux arrêtés antidatés de recrutement des agents et de création des écoles ; l'explosion du personnel non enseignant au détriment du personnel enseignant pourtant principal destinataire de la gratuité de l'enseignement.

Ce n'est pas tout, l'Inspection Générale des Finances, dans ses conclusions, renseignent qu'il y avait aussi prise en charge à la paie de nouvelles unités au détriment des anciennes unités non payées ; le paiement au titre de la paie des enseignants des montants supérieurs à ceux liquidés ainsi que l'utilisation de fausses factures pour détourner les fonds mis à disposition par l'Etat.

Face à ces tristes révélations présentées comme étant une volonté manifeste de saper l'action du Chef de l'Etat à travers l'accomplissement de son programme de la gratuité de l'Enseignement de base, les délégations syndicales se confient à la justice pour que ceux qui sont derrière ces pratiques mafieuses subissent la rigueur de la loi.

Déjà, l'IGF, dans son rapport, a identifié cinq hauts responsables du ministère de l'EPST et quelques agents de la direction de la paie et de la direction du Trésor et de l'ordonnancement, comme étant les auteurs directs de cette mafia savamment organisée.

Et pour le SYECO, le ministre de l'EPST doit prendre, dans un bref délai, des dispositions pour suspendre ces cinq personnalités reconnues comme étant les principaux auteurs de ce détournement orchestré au SECOPE. Tandis que la justice, elle, doit se saisir de ce dossier pour punir ces personnes.

Il importe de noter que la mission de contrôle au SECOPE avait pour objectif de vérifier l'apparition subite de nouvelles unités dans la paie avec le déclenchement de la gratuité et d'examiner la situation de mise à disposition des fonds au profit du ministère de l'EPST.

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