Sénégal: Licences et accords de pêche - Le ministre Alioune Ndoye assène ses vérités

23 Novembre 2020

La question des licences de pêche s'est invitée au débat, samedi, lors de la célébration de la Journée mondiale de la pêche. Alioune Ndoye, ministre des Pêches et de l'Économie maritime, se veut clair. Il assure que tout a été transparent.

« Nous n'avons rien à cacher. Nous sommes clairs dans ce que nous faisons et c'est en parfait respect des textes du Sénégal que je n'ai pas rédigés et qui s'imposent à moi. Il ne faudrait pas que des gens qui prétendent être des spécialistes et certains qui se disent Organisations non gouvernementales veuillent donner des leçons à ce département », a affirmé, samedi, le ministre des Pêches et de l'Économie maritime lors d'une conférence de presse à la fin de la rencontre avec des pêcheurs artisanaux à l'occasion de la de la Journée mondiale de la pêche. Alioune Ndoye se pose des questions sur les véritables motivations de ces contempteurs : « Qu'est-ce qui pousse certaines organisations à vouloir jeter l'opprobre sur les autorités et l'image du Sénégal ? Qui les finance ? »

Il a aussi insisté sur le fait que l'État ne fait rien sur le dos des acteurs et invité la presse à mener toutes les investigations nécessaires pour « informer utilement » les Sénégalais. Le ministre se dit même prêt à rencontrer les journalistes pour répondre à toutes les questions liées aux licences de pêche. Il a d'ailleurs estimé que ceux qui entretiennent, à dessein, ce débat naviguent sur les amalgames et les raccourcis. « Régulièrement, ceux qui parlent des accords de pêche jouent sur des amalgames et font des raccourcis qui n'ont rien à voir avec la réalité. J'ai l'impression que beaucoup d'organisations viennent de découvrir que le Sénégal a une convention avec l'Union européenne. Dans toutes mes sorties en tant que ministre, j'ai toujours dit en quoi cela porte. Il n'y a aucune nouveauté. Le Parlement européen vient ratifier des accords qui ont été signés en juillet 2019. Des acteurs qui, hier, m'attaquaient pour d'autres types de licences qui sont fausses ont pris part à ces négociations », a indiqué M. Ndoye.

Le ministre a, en outre, déploré l'énergie perdue à débattre de questions qui n'en valent pas la peine alors que les défis sont nombreux. « Nous sommes interpelés par de nombreux défis et les énergies doivent se conjuguer plutôt que de se mettre à taper sur le Gouvernement en se disant Organisation non gouvernementale ou organisation patronale », a-t-il ajouté.

Greenpeace a appelé le Gouvernement sénégalais, dans un communiqué du 21 novembre, coïncidant avec la célébration de la Journée mondiale de la pêche, « à une gestion transparente des ressources halieutiques au Sénégal ». Cette organisation, qui a exigé la transparence dans la gestion du secteur de la pêche et une meilleure protection des ressources et des professions de la pêche, a souligné que la commémoration de cette année intervient dans un contexte marqué par plusieurs crises qui affectent les moyens de subsistance des pêcheurs artisanaux. « Depuis avril 2020, le secteur de la pêche fait face à une mauvaise gestion des ressources sans précédent allant des licences de pêche octroyées dans des circonstances douteuses à l'émigration clandestine avec des pertes en vies humaines. À cela s'ajoutent les effets de la Covid-19 et la question des accords de pêche signés entre l'Union européenne et le Sénégal », indique le communiqué.

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Les attentes des pêcheurs artisanaux

Venus de toutes les régions du Sénégal, les acteurs de la pêche artisanale ont exposé, samedi, à la sphère ministérielle Ousmane Tanor Dieng de Diamniadio, au ministre des Pêches et de l'Économie maritime, Alioune Ndoye, leurs attentes à l'occasion de la Journée mondiale de la pêche. Celles-ci portent, entre autres, sur la sécurité en mer, la surveillance, la préservation et la gestion durable de la ressource, les outils de travail (pirogues, moteurs, gilets de sauvetage), la conservation des produits et les moyens de transport. Sur tous ces points, Alioune Ndoye les a rassurés. « Nous avons noté toutes les observations des acteurs qui sont des professionnels de leur métier. La plupart des attentes se trouvent inscrites dans des programmes en exécution du Gouvernement », a-t-il déclaré.

Selon lui, toutes ces préoccupations s'inscrivent dans une batterie de mesures exécutées par le Gouvernement et il a reçu instruction du Chef de l'État d'accélérer ce travail. « Nous sommes engagés et nous espérons avoir la collaboration pleine et entière de tous les acteurs pour qu'ensemble nous puissions faire face aux défis qui se posent au secteur, lequel est interpelé de partout avec le changement climatique, la forte pression sur la ressource, aussi bien par la pêche artisanale qui représente entre 80 et 85 % et la pêche industrielle circonscrite dans des zones réservées, c'est-à-dire en haute mer », a ajouté le ministre.

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Vers une campagne nationale de sensibilisation sur l'émigration irrégulière

Les pêcheurs artisanaux ont proposé, lors de la célébration de la Journée mondiale de la pêche, une campagne nationale de sensibilisation sur l'émigration clandestine. Le ministre des Pêches et de l'Économie maritime a adhéré à l'idée et invité la presse à jouer sa partition dans cette sensibilisation. « Nous comptons sur la presse pour qu'ensemble nous portions cette sensibilisation sur l'émigration clandestine et rassurer les jeunes. Nous devons leur dire que l'avenir est au Sénégal. C'est ensemble que nous allons construire ce pays en conjuguant nos intelligences et nos forces », a-t-il dit.

Depuis quelques temps, une recrudescence de l'émigration irrégulière est notée le long des côtes sénégalaises. Des jeunes empruntent des pirogues pour rallier l'Europe au péril de leur vie. Certains ont même péri dans cette traversée.

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La Caopa souhaite plus de soutien aux communautés de pêcheurs

Dans une déclaration publiée à l'occasion de la célébration de la Journée mondiale de la pêche, la Confédération africaine des organisations professionnelles de pêche artisanale (Caopa) a appelé l'Union africaine à s'impliquer activement dans la reconstruction des communautés de pêche artisanale maritime et continentale « par la mise en œuvre, de façon transparente, participative et sensible aux enjeux de genre, des directives pour une pêche artisanale durable ».

Cette organisation a souligné que les pêcheurs artisans ont été durement éprouvés, en 2020, par la pandémie de coronavirus qui a accentué leurs difficultés avec les interdictions des rassemblements, les restrictions à la circulation des personnes et des marchandises, les fermetures d'hôtels, etc. Des restrictions quasi-impossibles dans la pêche artisanale, selon la Caopa qui a déploré aussi le manque de politiques d'appui à ce secteur. D'où son alerte sur les conséquences. « Si on laisse la pêche artisanale décliner, c'est à une crise alimentaire grave que nous allons devoir faire face », a prévenu cette organisation.

Elle a invité les Gouvernements et les acteurs à réagir, de manière décisive, pour améliorer les conditions de vie et de travail des hommes et des femmes sur toute la filière de la pêche artisanale africaine en appliquant les directives volontaires de la Fao et la stratégie de l'Union africaine. « Ce n'est pas en poursuivant des idées de croissance bleue basées sur le profit économique rapide, par la production de gaz et de pétrole offshore, par le développement anarchique d'hôtels en bord de côtes ou d'usines de farine de poisson que nos communautés côtières verront leurs conditions de vie s'améliorer », a estimé la Caopa. Selon cette organisation, « le cœur battant de l'économie bleue en Afrique, c'est la pêche artisanale qui nourrit nos populations ».

La Caopa regroupe 26 organisations professionnelles de la pêche artisanale maritime et continentale d'Afrique issues du Bénin, du Burkina Faso, du Burundi, du Cap-Vert, de la Côte d'Ivoire, de la Gambie, de la Guinée-Bissau, de la République de Guinée, du Liberia, du Ghana, de la Tanzanie, d'Afrique du Sud, du Maroc, de la Mauritanie, du Mali, du Nigéria, de l'Ouganda, du Togo, de la Tunisie, de la Sierre Léone, du Sénégal, etc.

Plus de: Le Soleil

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