Congo-Kinshasa: Une fosse commune découverte à N'Sele

Une fosse commune contenant les restes d’au moins 30 victimes d’une attaque perpétrée le 6 juin 2014 par des hommes armés non identifiés contre un rassemblement religieux dans le village de Mutarule au Sud Kivu, République démocratique du Congo.
23 Novembre 2020

Me Georges Kapiamba, numéro de l'ACAJ (Association Congolaise pour l'Accès à la Justice) a fait état, le week-end dernier, d'une fosse commune dans la commune de N'Sele, dans le périmètre du mausolée de feu Etienne Tshisekedi, père du Chef de l'Etat et cofondateur de l'UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social).

Selon cet avocat et défenseur des droits de l'homme, il a été alerté par des résidents du coin qui, à l'occasion des travaux de champs, seraient tombés sur plusieurs squelettes humains. Ce qui ferait croire à l'existence d'une fosse commune. Prudent, il a recommandé aux autorités nationales et provinciales de prendre les dispositions requises pour sécuriser l'espace suspect et diligenter rapidement des enquêtes en vue de fixer l'opinion.

Réagissant à la même information, le porte-parole du gouvernement provincial de Kinshasa, Charles Mbuta Muntu, a démenti la thèse d'une fosse commune. A l'en croire, il s'agirait d'un seul corps précipité à la surface par un tracteur au service des gens occupés à des travaux de construction dans cette partie de la capitale. Présenté comme un pêcheur mort noyé et dont le corps se trouvait dans état de décomposition fort avancée, il avait été enterré à cet endroit par les services de la commune.

Comme souhaité par le président de l'ACAJ, nombre de Kinoises et Kinois soutiennent l'initiative de l'ouverture des enquêtes afin de savoir si l'on a affaire à une fosse commune ou non. Ces enquêtes sont d'autant requises qu'il y a quelques années, la capitale était secouée par l'affaire de fosses communes découvertes à Maluku. Ces découvertes macabres avait même fait l'objet d'une question orale adressée par un député national au ministère de l'Intérieur de l'époque, qui avait botté en touche en parlant d'indigents abandonnés dans les différents hôpitaux de la ville et y enterrés par les soins du gouvernement provincial de Kinshasa. Même si l'argumentaire n'avait pas convaincu grand monde, le dossier avait été classé sans suite.

On se souvient également des fosses communes découvertes en 2016 dans la province du Kasaï central, à la suite des massacres, par les forces de sécurité, de nombreux villageois accusés de soutien au feu chef coutumier Kamuina Nsapu. Les deux enquêteurs des Nations Unies chargés de faire la lumière sur ces fosses communes, Michaël Sharp et Zaida Catalan, avaient été, à leur tour, assassinés, car considérés comme des témoins gênant. Jusqu'à ce jour, le procès ouvert à ce sujet n'est toujours pas clos, la justice militaire étant occupée à auditionner des présumés coupables et commanditaires, aussi bien civils que militaire, dont la liste ne fait que s'allonger.

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