Ethiopie: Conflit du Tigré - L'étau se resserre autour de la ville de Mekele

Soldats éthiopiens (Archive)

En Éthiopie, le conflit continue dans la province du Tigré, toujours coupée du monde depuis le début des combats, le 4 novembre dernier. L'armée fédérale affirme avancer vers la capitale régionale dissidente, Mekele, et s'apprêter à l'envahir. Le Premier ministre Abiy Ahmed a donné trois jours au TPLF, le parti qui dirige la région, pour se rendre, et l'armée a mis en garde les habitants de la ville, ce qui a provoqué un avertissement de l'ONU.

Le langage martial utilisé par le porte-parole de l'armée éthiopienne a provoqué l'inquiétude. « Nous voulons envoyer un message à la population de Mekele, a déclaré le colonel Dereje Tsegaye lors d'un point presse, dimanche 22 novembre. Sauvez-vous des attaques d'artillerie et libérez-vous de la junte » du TPLF [Front de libération du peuple du Tigré]. « Après quoi, il n'y aura pas de pitié ». De fait, selon plusieurs sources, des tracts avaient été lâchés sur la ville la veille par des hélicoptères de l'armée fédérale.

Auprès de l'agence Reuters, la coordinatrice humanitaire de l'ONU en Éthiopie, Catherine Sozi, s'est aussitôt inquiétée pour « la protection des 525 000 civils vivant à Mekele » en demandant celle de « toutes les infrastructures comme les établissements de santé, les écoles, le système de distribution d'eau », vitaux pour les habitants.

Crime de guerre

Laetitia Bader, la directrice de l'organisation Human Rights Watch pour la Corne de l'Afrique, a elle aussi prévenu. « Traiter une ville entière comme une cible militaire serait non seulement illégal, a-t-elle réagi sur Twitter, mais pourrait également être considéré comme une forme de punition collective », c'est-à-dire un crime de guerre.

Dans la soirée, le gouvernement éthiopien a tenté de préciser ses intentions. L'armée a fait savoir que le colonel faisait allusion uniquement aux chefs du TPLF. Et un long texte signé par le Premier ministre Abiy Ahmed a été publié par une agence gouvernementale. Il assurait que « toutes les mesures de précaution nécessaires ont été prises pour garantir que les civils ne soient pas blessés ». Il a donné 72 heures au TPLF pour se rendre, c'est-à-dire d'ici mercredi 25 novembre.

Plus de: RFI

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