Sénégal: Boubacar Camara, président fondateur honoraire du mouvement Jengu sur l'entrisme d'Idy - «La guerre va s'ouvrir bientôt entre Idrissa Seck et Macky Sall»

23 Novembre 2020

L'entrisme d'Idrissa Seck, président du parti Rewmi, dans le gouvernement est l'exemple typique de la «tortuosité» en politique et cela n'est qu'éphémère car rien ne le justifie. C'est la conviction du Président fondateur honoraire du mouvement Jengu qui, à l'émission Grand Jury de la Rfm d'hier, dimanche 22 novembre, a prédit une guerre très prochaine entre Idrissa Seck et le président Macky Sall. L'ancien douanier, Boubacar Camara, n'a pas manqué d'expliquer les contours de son audience controversée avec le chef de l'Etat, non sans révéler qu'une offre ne lui avait pas été faite par le président Sall

L'ouverture du gouvernement à d'autres forces politiques, plus précisément à certains de l'opposition, avec notamment l'entrisme du deuxième à l'élection présidentielle de 2019, continue de susciter moult réactions. Invité à l'émission Grand Jury de la Rfm d'hier, dimanche 22 novembre, le Président fondateur honoraire du mouvement Jengu a prédit la confrontation très prochainement entre les deux nouveaux alliés, à savoir l'actuel président du Conseil économique, social et environnemental (Cese), Idrissa Seck et le chef de l'Etat, Macky Sall. L'ancien douanier à la retraite pense que «la guerre va s'ouvrir bientôt entre Idrissa Seck et Macky Sall».

Pour cause, il est d'avis que le président Macky Sall a pêché un gros «espadon» et que ce poisson à la bouche tranchante des deux côtés, fera des blessés. Prenant le contrepied des observateurs qui pensent à un possible «dauphinat», Boubacar Camara croit fermement «qu'il n'y a aucun schéma de dauphinat». Qui plus est, il est persuadé que le «dauphinat, c'est le peuple» et qu'aucun schéma de ce genre n'a fonctionné au Sénégal. Encore qu'à son avis, il n'y a aucun accord politique entre les deux, encore moins un programme de gouvernement commun.

S'offusquant du remaniement effectué par le président Sall et du prétexte avancé par Idrissa Seck, Boubacar Camara de Jengu pense que «rejoindre le pouvoir, c'est renoncer à sa conviction». Il pense qu'il y avait la possibilité de discuter de certains points, d'en formuler des recommandations, quand la situation est difficile, mais pas de rejoindre le pouvoir. Donc, pour lui, cet entrisme traduit une certaine tortuosité de la politique.

«LE CHANGEMENT DE CAP N'EST PAS NEGOCIABLE POUR NOUS»

Quid de son audience avec le chef de l'Etat, le 11 octobre, à quelques jours du remaniement ministériel ? Le démissionnaire de la coalition Jotna pour en créer une autre, Tabax, refuse de parler de négociations qui n'ont pas abouti entre lui et le président Sall. Il révèle que le président lui a expliqué les mesures qu'il est en train de prendre pour mettre le pays dans une trajectoire durable, sans pour autant lui formuler une offre. Il indique avoir exposé à Macky Sall les rectificatifs qu'il fallait faire, tout comme son programme politique.

Mieux, il dit lui avoir rétorqué que «le changement de cap n'est pas négociable pour nous. Nous ne pouvons pas embarquer dans ce navire qui dérive et qui a abouti aux résultats que nous avons vu. Nous ne pouvons pas dénoncer cette situation que les Sénégalais vivent. Nous ne pouvons pas critiquer cela et revenir dire que c'est bon». Poursuivant, il dévoile avoir répondu au président qu'ils ne peuvent pas s'engager dans la mise en œuvre d'une politique publique qui n'est pas conforme aux orientations auxquelles ils croient.

Par conséquent, contrairement à ceux qui pensaient à un deal avorté, il expliquera que le président ne pouvait pas lui proposer de venir travailler avec lui d'autant plus que «les divergences qui ont été constatées lors de cet entretien sont telles que ça n'aurait aucun sens pour le président de la République de me dire "venez travailler avec moi, venez me rejoindre"». Parce que, pour lui, ils n'ont pas la même conception, la même vision pour ce pays. Cela, tout en précisant qu'il y a des rectifications indispensables et que «le jour que le président décidera de s'engager vers ça, nous discuterons. Nous ne sommes pas des dogmatiques».

Concernant son silence sur cette audience révélée au grand public par le journaliste Adama Gaye, Babacar Camara répondra qu'il n'a jamais pris l'engagement et ne le prendra jamais, en tant qu'homme d'état, d'annoncer ses audiences avec le président ou de tenir une conférence de presse après une rencontre avec le président pour donner le contenu de leur entretien. Il dit avoir été reçu en tant que président d'honneur de leur parti et qu'il a rendu compte au parti et à la coalition Jotna. C'est le bureau politique de son parti qui, selon lui, a décidé de ne pas parler de cette audience pour éviter des spéculations, à la veille d'un remaniement.

Plus de: Sud Quotidien

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