Maroc: La lecture, une voie pour la promotion économique et sociale (expert)

Rabat — La promotion de la lecture demeure un moyen efficace qui contribue au progrès de la société, au développement de la pensée et à la diffusion de la connaissance, a estimé le professeur à la faculté des sciences de l'éducation (FSE), Mohamed Derrij.

La consolidation des acquis engrangés par le Maroc dans les domaines politique, économique et social est tributaire de l'amélioration du niveau de l'éducation et de la culture, de la lutte contre l'analphabétisme, de la reconsidération de la place du livre au sein de la famille, de l'école et ailleurs, a expliqué M. Derrij à la MAP.

En outre, le professeur est revenu sur les causes de l'"abandon" de la lecture, soulignant que ce fléau n'a pas fait l'objet, au niveau national, d'études et de recherches exhaustives de la part des sociologues et des experts en éducation, d'autant plus qu'il n'existe aucune étude scientifique sur le commerce livresque en papier (y compris les manuels scolaires) pour mettre le point sur le nombre des livres achetés et vendus.

Dans ce sens, M. Derrij a placé l'analphabétisme en tête des causes de l'abandon de la lecture, étayant ses propos par des études qui démontrent que ces deux problématiques sont indissociables.

"Quand la première est présente, la seconde s'en résulte", a-t-il poursuivi.

En revanche, précise le professeur, certains considèrent que cet abandon est la conséquence de l'"incapacité" du système éducatif d'ancrer la passion de la lecture dans les esprits des enfants", ajoutant que ce système demeure confronté à des problèmes de structuration et de pédagogie, alors que des approches traditionnelles sont toujours adoptées.

M. Derrij s'est, dans ce sens, basé sur le dernier rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE) qui relève que cette situation s'explique notamment par plusieurs facteurs, dont l'environnement familial et le milieu socio-économique, la persistance de l'analphabétisme et le manque de bibliothèques scolaires, bibliothèques publiques et de lieux de vie dédiés.

Il a également souligné que le progrès technologique, parfois chaotique, (Internet, Réseaux sociaux, jeux électroniques), l'emporte sur la lecture en papier, et impacte négativement différents secteurs professionnels et productifs.

S'agissant des efforts déployés dans le cadre de la promotion de la lecture, M. Derrij a évoqué plusieurs programmes notamment ceux du ministère de l'Education nationale, de la Formation professionnelle, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, qui encourage la lecture dans les établissements scolaires, en l'incluant dans l'emploi du temps scolaire et en développant de nouveaux mécanismes pour sa promotion chez les élèves à travers des activités scolaires, notamment l'organisation et l'encadrement des clubs éducatifs de lecture et d'ateliers d'apprentissage.

Les académies régionales de l'éducation et de la formation (AREF) organisent annuellement, les éliminatoires régionaux pour le concours du "défi de la lecture arabe", a-t-il poursuivi, notant que le ministère de la Culture s'engage, de son côté, à améliorer et développer la qualité des services proposés par les bibliothèques nationales relevant de son département.

Quant au plan associatif et privé, d'importants efforts sont déployés comme la commercialisation et la distribution des "livres de poche", proposés à des prix symboliques.

Les responsables centraux et les élus sont appelés à mettre en place une politique nationale et régionale pour la lecture et la culture à travers des structures nécessaires à la formation des ressources humaines en instaurant des salons de livres, a insisté le professeur, tout en mettant l'accent sur la nécessité de réviser les mesures juridiques concernant l'aménagement du territoire national par la mise à disposition des zones résidentielles d'infrastructures sociales et culturelles (bibliothèques, complexes culturelles, espace internet, etc).

Il a également souligné l'impératif de s'intéresser davantage au milieu rural et semi-urbain quant à la distribution et la promotion des livres, magazines et les différents médias audiovisuels et électroniques, la création d'espaces de lecture mobiles pour permettre aux enfants, aux jeunes et au grand public de lire. Il y a lieu aussi d'engager une réflexion pour l'adoption du livre électronique au sein des établissements d'enseignement.

Par rapport à l'audiovisuel, M. Derrij a appelé au renforcement et au soutien du rôle des médias culturels, pour sa contribution dans l'éducation à la citoyenneté, à l'intégration sociale, à l'ouverture sur les valeurs des droits de l'Homme, à la tolérance et à l'acceptation de la diversité par la lecture à travers des émissions de radio et de télévision.

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