Cameroun: Lutte contre le SIDA - Les bienfaits du dépistage

Le sujet était au cœur d'une causerie éducative vendredi dernier à Yaoundé entre les responsables de synergies africaines et une centaine d'élèves des sept arrondissements de la ville.

Pauline Mounton, conseillère psycho-sociale VIH/Sida est infectée. Physiquement, on ne le croirait pas. Et pourtant, c'est depuis 1992 qu'elle a été dépistée séropositive. Malgré la stigmatisation de l'époque, elle a fait face à la maladie et l'a surmontée. C'est ce message de courage et d'encouragement à connaître son statut sérologique qu'elle a porté vendredi dernier à une centaine d'élèves et encadreurs des clubs santé des différents établissements publics et privés de la cité capitale.

Durant la causerie éducative centrée sur le thème : « vaincre la peur du dépistage », les différents intervenants ont encadré les jeunes sur la signification du VIH/Sida, son mode de transmission. Et surtout sur la question centrale adressée à la jeunesse : « Pourquoi les jeunes refusent-ils de se faire dépister ? » Une interrogation qui a fait réagir plus d'un. Sans tabous, et sans complexes, les jeunes élèves se sont prêtés au jeu des questions-réponses. Certains ont avoué ne pas se faire dépister par crainte d'avoir un résultat positif et se faire rejeter par la communauté. Pour d'autres encore, la phase post counciling est traumatisante et n'encourage même pas à aller récupérer son résultat.

Pourtant, d'après les responsables des Synergies africaines, se faire dépister est important afin de connaître son statut sérologique et de se prendre en charge immédiatement, si jamais le résultat est positif. « La jeunesse ne doit pas avoir peur de se faire dépister. C'est pour cela que la thématique de vaincre la peur du dépistage a été à l'ordre du jour de la causerie éducative et de la participation des Synergies africaines à ce Mois camerounais contre le Sida », a expliqué Jean Stéphane Biatcha, secrétaire exécutif des Synergies africaines. Pour le proviseur du Lycée général Leclerc, André Fouda, dont les locaux ont abrité cette causerie éducative, les élèves devraient être disciplinés et pratiquer l'abstinence sexuelle.

Selon le rapport Onusida 2020, plus de 38 millions de personnes vivaient avec le VIH en 2019. 1,7 million de personnes ont contracté le virus en 2019 et 690 000 personnes sont décédées de maladies liées au Sida dans la même période. Avec une prévalence estimée à 3.4% en 2018, le Cameroun est dans un contexte d'épidémie généralisée. Un tiers des personnes infectées se retrouve dans la population jeune âgée entre 15 et 24 ans. Malheureusement, malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation menées en direction des populations, le nombre de personnes qui ignore leur statut sérologique reste élevé. Environ 7,1 millions de personnes en 2019.

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