Congo-Kinshasa: Cardinal Ambongo - "... Nous n'allons pas interdire les parents d'intervenir à l'éducation de leurs enfants si c'est eux-mêmes qui le proposent... "

Dimanche 22 novembre 2020, alors qu'il officiait la messe du jubilé d'or de la paroisse Saint Clément dans la commune de Makala à Kinshasa, le Cardinal Fridolin Ambongo n'a pas loupé l'occasion de fixer l'opinion quant à la position de l'Eglise catholique, présentée comme l'opposant numéro un de la gratuité de l'enseignement de base décrétée il y a de cela une année passée par le Chef de l'Etat. Dans ses propos, l'Archevêque métropolitain de l'archidiocèse de Kinshasa pense qu'il n'y avait pas de quoi s'opposer à la volonté des parents d'intervenir à l'éducation de leurs enfants, encore que si c'est eux-mêmes qui le proposent en harmonie avec les enseignants.

« Nous, comme église, nous disons là où les parents s'organisent et s'entendent avec les enseignants pour trouver une solution intermédiaire en attendant que l'Etat joue son rôle, nous ne refusons pas. Nous, comme Eglise catholique, nous n'allons pas interdire les parents d'intervenir à l'éducation de leurs enfants si c'est eux-mêmes qui le proposent en dialogue avec les enseignants. Parce que l'essentiel, c'est que nos enfants soient éduqués », avait précisé Fridolin Cardinal Ambongo Besungu.

De l'avis du Cardinal, il n'est nullement question de sacrifier l'avenir de nos enfants. "Dans tous les cas, nous devons trouver une solution pour que nos enfants soient élevés. Il en va de l'avenir de notre pays", a-t-il lâché.

Pour ou contre la décision de l'Etat sur la gratuité de l'enseignement de base, l'Eglise catholique veut, en fait, d'une gratuité effective celle qui ne va pas fragiliser le système éducatif, craignant ainsi la destruction définitive du système scolaire en République Démocratique du Congo.

Vraisemblablement, cette mise au point du Cardinal s'avère une manière de placer l'Etat devant ses responsabilités. "Nous avons dit au chef de l'Etat en tant qu'Eglise que nous soutenons la gratuité de l'enseignement mais à condition qu'elle soit effective. Parce que si cela ne se fait pas comme prévu, il y a un grand risque que ce que nous avons aujourd'hui comme système scolaire soit détruit définitivement. Aujourd'hui, il y a ce risque-là", craint le Cardinal Ambongo.

Cela fait aujourd'hui un mois et quelques jours, depuis que l'année scolaire 2020-2021 a été officiellement déclarée ouverte par l'Etat congolais, mais jusqu'alors les enseignants du secteur public, plus précisément ceux des écoles conventionnées catholiques, ont décidé à l'unanimité de sécher les salles de classe jusqu'à ce que l'Etat répondent favorablement à leurs désidératas, faut-il le rappeler.

Donc, il n'y a pas de quoi chercher les poux sur la tête de qui que ce soit. "L'Eglise observe mais aide les uns et les autres à réfléchir en partant de l'objectif principal de l'enseignement que sont nos enfants. Qu'on n'aille pas raconter des histoires, que l'Eglise est contre la gratuité de l'enseignement, ou que l'Eglise pousse les enseignants à faire la grève", a conclu le Cardinal Ambongo Besungu.

Plus de: La Prospérité

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