Congo-Kinshasa: UCB - La Belge Colette Braeckman honorée avec le titre de "Docteur Honoris Causa"

L'histoire "d'amour" entre la journaliste Belge Colette Braeckman et la République Démocratique du Congo est vieille de quelques décennies. Et pourtant, elle ne semble pas se rider. Au contraire, elle va toujours puiser dans les chroniques pleines de rebondissements de la vie trépidante et parfois violente de ce beau pays une cure de jouvence pour se renouveler.

Le dernier épisode, honorable pour la belle journaliste est ce titre de "Docteur Honoris Causa" lui décerné par l'Université Catholique de Bukavu pour l'honorer et lui exprimer l'admiration et l'appréciation que le peuple de Bukavu lui porte à cause de son travail.

Ce titre honorifique et cette reconnaissance de ses mérites professionnels a suscité dans la journaliste Belge un profond bonheur et une fierté qu'elle a rarement éprouvés.

Faute de pouvoir être sur place à Bukavu , à cause de la pandémie de l'environnement sanitaire international, elle a tenu à exprimer le sentiment de bonheur et de fierté qui l'habite au moment de recevoir ce titre honorifique par une lettre de remerciement.

Dans celle-ci, elle a tenu d'abord à rendre hommage à un de ses compatriotes avec lequel elle a longtemps partagé la passion pour le Congo avant qu'il ne puisse s'en aller dans l'au-delà. Il s'agit de Hughes Dupriez, un agronome rencontré au cours d'une cérémonie consacré à préparer la célébration du 25ème anniversaire de l'indépendance de la République, à ce moment là appelé République du Zaïre.

Déjà étant encore une adolescente, la République Démocratique du Congo la faisait rêver. Elle envisageait avec une certaine fascination le moment où elle pourra aller voir ce pays merveilleux et le comparer aux délicieuses rêveries qu'il lui inspirait.

Malheureusement, une fois adulte, la première physionomie que lui offre la République du Zaïre, comme le pays était appelé vers les années 1985, c'est celle d'une dictature avilissante, qui a assujetti la population jusqu'à un niveau inacceptable. C'est l'ambition démesurée d'un dirigeant qui mène le pays avec une main de fer. C'est aussi l'époque de la naissance d'une opposition, celle de Tshisekedi, de Laurent Désiré Kabila, rencontré en Europe dans ses diverses tentatives de trouver un appui. C'est aussi les allées et les retours dans l'opposition de Nguz A Karl-ibond.

Mais jusque là, la République démocratique du Congo qu'elle connaissait était celle de Kinshasa. Le Congo profond ne lui était pas familier. C'est encore l'agronome qui était en contact avec la société civile de Bukavu par l'entremise d'une ONG dénommée "Solidarité Paysanne" de Pierre Lumbi qu'elle fera la première descente sur le terrain à Kamituga ; dans la foulée, elle découvre l'hôpital de Walungu et admire les bananeraies et les cultures alternées avec Hughes Dupriez qui admire la sagesse de ces cultivateurs frustes mais combien prévoyants. C'est durant ces randonnées dans les villages qu'elle rencontre un jeune médecin qui échange avec eux sur des sujets politiques déjà à l'époque. Il s'agit du Docteur Dénis Mukwege qu'on va retrouver plus tard à Panzi dans l'hôpital qui répare les femmes.

C'est à l'issue de ce bref périple que Bukavu entre dans sa vie et dans celle de Hughes Dupriez. Depuis lors, durant plus ou moins trois décennies, elle n'est vraiment jamais partie de Bukavu.

Durant les années 1990, elle va suivre les combats de la société civile de l'Est à la Conférence Nationale Souveraine, puis il y eu le génocide du Rwanda durant lequel les membres du groupe de Jérémie l'informaient d'heure en heure de la catastrophe que ce conflit étranger allait créer au pays. La Préparation de la guerre au Congo et le recrutement des combattants lui étaient transmis fidèlement. Puis c'est à Bukavu qu'elle rencontre Laurent Désiré Kabila, cette fois-ci exultant de leur marche sur Kinshasa. Puis, elle vécu la course poursuite menée par ceux qui se présentaient comme les libérateurs qui s'étaient mués en des féroces chasseurs. Elle a vu des fosses communes dans la jungle, l'horreur de la violence sur des femmes brisées par le viol ; puis dans une aile de l'hôpital de Panzi des femmes au vagin pulvérisé malgré les soins de Docteur Mukwege.

Elle a accompagné sa consœur de la RTBF Maryse jacob prendre des images de ces femmes au corps détruit ; elle a suivi sa consœur Elisabeth Burdot qui pour la RTBF avant tout le monde dénonçait l'impunité dont jouissait les criminels avec ou sans uniforme. Elle a rencontré des gens comme MOUNA MOURHABAZI qui essayait d'arracher aux groupes armés des enfants recrutés de force. Elle a vécu l'assassinant de Mgr Munzihiwa et la mort mystérieuse de Mgr Kataliko. Elle a applaudi Solange Lusiku à qui l'Université de Louvain a décerné un titre honoris causa. C'est sur encouragement de Hughes Dupriez, avec lequel elle faisait régulièrement la visite pour les bords du lac Kivu qu'elle a été encouragée de tirer du Docteur Mukwege le livre témoignage sur les souffrances des femmes.

Son Cœur est resté attaché à Bukavu et ce sont les conditions sanitaires qui ne lui ont pas permis de venir recevoir le titre en personne.

Mais, malgré cela, avec ceux qui sont vivants tout comme ceux qui sont morts, elle répète, "nous sommes ensemble", comme on aime le rappeler au Congo. Ensemble dans l'espoir d'un lendemain meilleur que les Congolais ne cessent jamais d'entretenir avec obstination.

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