Afrique: CAF - Pourquoi la FIFA a-t-elle suspendu Ahmad Ahmad ?

La nouvelle est tombée comme une bombe le lundi 23 novembre, dans l'avant midi. Le président de la Confédération africaine de football (Caf), Ahmad Ahmad est interdit pour une durée de cinq ans de toute activité relative au football, tant au niveau national qu'international, par la chambre de jugement de la commission d'éthique indépendante de la Fédération internationale de football association (FIFA), pour plusieurs griefs mis à sa charge dont le détournement de fonds.

Certaines voix se sont élevées pour crier à l'ingérence, estimant que la Caf est une Institution à part entière, dotée d'une personnalité juridique.

Et bien, à en croire le communiqué de cette instance faitière du football mondial, qui se réfère à son code d'éthique, notamment à ses articles 15, 20, 25 et 28, estime que le patron de la Caf a manqué à son devoir de loyauté, accordé des cadeaux et d'autres avantages, géré des fonds de manière inappropriée et abusé de ses fonctions de président de la CAF : « l'enquête sur le comportement de M. Ahmad au poste de président de la CAF entre 2017 et 2019 a porté sur diverses questions liées à la gouvernance de la CAF, dont l'organisation et le financement d'un pèlerinage à La Mecque, ses accointances avec l'entreprise d'équipement sportif Tactical Steel et d'autres activités », explicite le communiqué.

Comme qui dirait, c'est depuis bientôt deux ans que la Fifa s'est mis à travailler sur le dossier. En juin 2019, rappelle-t-on, Ahmad Ahmad avait été déjà placé en garde à vue, à Paris, pour des soupçons de corruption.

Des soupçons qui faisaient suite aussi à une lettre du secrétaire général de la CAF, Amr Fahmy, envoyée à la FIFA en avril 2019, dans laquelle, il accusait M. Ahmad de corruption, de paiement de pots-de-vin à plusieurs dirigeants, d'usage personnel de fonds de la CAF, et de harcèlement sexuel à l'encontre de plusieurs salariées de la Confédération.

Des mois passés, aux termes d'enquêtes sérieuses, la chambre de jugement de la commission d'éthique, affirme avoir retracé et établi qu'Ahmad Ahmad et réellement fautif, et les charges portées sur lui sont vraies.

A titre d'amande, Ahmad Ahmad devra verser une somme de 200 000 Francs suisses, soit 185 000 Euros à la FIFA.

Le dirigeant malgache de 60 ans, à la tête du football africain depuis mars 2017, en convalescence après avoir été dernièrement testé positif au covid-19, voit une trajectoire inattendue se dessiner sur sa route.

L'ancien entraîneur de football et homme politique malgache, qui a été secrétaire d'Etat au sport et ministre de la pêche à Madagascar, avait annoncé, à la fin du mois d'octobre dernier, qu'il briguerait en mars 2021 un deuxième mandat à la tête de la CAF. Mais hélas !

Pour l'instant, c'est le premier Vice-président de la CAF, le Congolais Constant Omari Selemani qui assume l'intérim du président de la Caf jusqu'à l'organisation de nouvelles élections.

Plus de: La Prospérité

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