Sénégal: Diagnostic du secteur de la santé - Le sames décerne la mention acceptable et donne des recommandations

24 Novembre 2020

Dans le cadre de ses instances ordinaires les membres du Comité Exécutif National (CEN) du Syndicat autonome des médecins pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames) se sont réunis durant deux jours (du 21 au 22 novembre) à Factif pour se pencher sur la situation sanitaire du pays. A cet effet, plusieurs sujets ont été étudiés avec des experts du ministère de la santé et de l'action sociale notamment le projet de plan d'investissement dans le secteur de la santé, les réformes du secteur, l'état des lieux de la chirurgie dentaire au Sénégal et la syndicalisation chez les cadres.

Dans un communiqué parvenu à notre rédaction hier, lundi 23 septembre, le bureau exécutif du syndicat autonome des médecins du Sénégal a encouragé vivement la mise aux normes des structures de santé et leur montée en puissance qui pourront réduire les évacuations sanitaires et assurer la sécurité des populations.

Dans le cadre de la lutte contre la pandémie du coronavirus, le syndicat a souligné : «l'efficacité des districts sanitaires dans la gestion des épidémies a fini de démontrer que le système actuel de la santé publique est très adapté pour faire face aux défis présents et à venir». De ce fait, le Sames appelle : «à son renforcement». Dans la même mouvance, le Sames s'est félicité que ses alertes répétées soient enfin entendues à la faveur, malheureusement, de la pandémie à Covid-19 pour une souveraineté médicale et un investissement massif afin d'assurer les meilleurs soins à la population.

PLAN D'INVESTISSEMENT DE LA SANTÉ

Le plan d'investissement présenté par les acteurs du ministère de la santé et de l'action a été jugé ambitieux par le Sames et pourrait selon lui, permettre d'améliorer de manière notable la qualité des soins au Sénégal et réduire les déséquilibres entre les régions du pays. Cependant, le Sames dans un communiqué a demandé la définition d'un mécanisme de financement sûr qui permette la disponibilité des ressources nécessaires dans la durée. «Des pistes de financements innovants devraient être explorées et, dans ce sens, les ressources minières et pétrolières devraient obligatoirement être mises à contribution», a renseigné la source. Et de poursuivre : «les investissements devront aller de pair avec des réformes pertinentes et consensuelles dans le secteur et qui assureront la motivation des agents et leur maintien dans le secteur public».

REVENDICATIONS DU SAMES

Le Sames a souligné : «le syndicat pourra s'investir résolument vers une forme de revendication plus spécifiquement centrée sur les malades et la défense de l'outil de travail». Pour aller vers cette dynamique, le Sames a appelé l'Etat au respect de ces engagements qui constitue pour leurs membres un préalable à un climat social apaisé. «L'adoption de la loi sur la retraite à 65 ans va dans ce sens et nous demandons à l'État d'appliquer les points d'accord résiduels dont les parcelles à usage d'habitation de la ZAC de Lac Rose, l'application des mesures correctrice en rapport les résultats de l'étude sur le système de rémunération, le statut des médecins en spécialisation et celui des internes et, enfin la gestion démocratique des ressources humaines», a fait savoir la source.

DOLÉANCES SANITAIRES

Le Sames a rappelé que l'ouverture des cliniques, des cabinets médicaux privés, des cabinets dentaires ou des officines reste une prérogative exclusive des agents de santé au Sénégal et cette disposition ordinale ne peut en aucun cas être remise en cause par une réforme pour éviter de transformer la santé en «bien marchand» quelconque loin de l'objectif de santé publique. Cependant, le Sames a estimé : «le financement par le privé peut être ouvert et encadré pour disposer de grands hôpitaux modernes privés. En échange d'un statut approprié et de la garantie d'un système de gestion des carrières adapté des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes». Par ailleurs, sur le domaine dentaire, le Sames a laissé entendre que sachant qu'une mauvaise santé bucco-dentaire est à l'origine de nombreuses maladies, il a recommandé à l'Etat de développer un programme éducationnel permanent à destination des enfants pour leur inculquer de bonnes habitudes en matière d'hygiène bucco-dentaire mais également de renforcer la Division de la santé bucco-dentaire du Ministère de la Santé et de l'Action sociale.

RESSOURCES HUMAINES

«La faiblesse du recrutement des chirurgiens-dentistes par la fonction publique aggravée par une dégradation de la formation due à l'insuffisance du matériel pédagogique à l'Institut d'odonto-stomatologie de Dakar pose de véritables problèmes de disponibilité de chirurgiens-dentistes dans les régions périphériques du Sénégal. Le recrutement volontariste des chirurgiens-dentistes pour résorber le gap des ressources humaines et lutter contre leur chômage et l'exercice illégal de cette profession», a déclaré le Sames. Et d'appeler l'Etat : «à une large concertation dans ces réformes et à une parfaite rigueur dans l'investissement seul gage de succès pour un système de santé performant.»

Plus de: Sud Quotidien

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