Sénégal: Casamance / La route nationale n°4 agonise - Usagers meurtris, véhicules amortis !

24 Novembre 2020

La route nationale N°4 qui désenclave la façade Nord de la Casamance dans le Sud du Sénégal entre la Gambie et la Guinée Bissau se trouve dans un état de dégradation très avancé. Par des manœuvres entre les cratères qui meublent cette chaussée, des conducteurs se retrouvent parfois dans un sens opposé à l'origine des accidents. D'autres sont projetés dans le décor en évitant des nids de poule. En sus de ces ennuis dramatiques, les dommages corporels et matériels sont énormes selon les usagers. Ils interpellent les pouvoirs publics à y apporter des remèdes avec diligence pour le désenclavement routier de la Casamance.

Cette route nationale N°4 qui relie Sénoba frontalier à la Gambie au dernier village sénégalais de M'pack à la frontière avec la Guinée Bissau est dans un piteux état de dégradation. Le tronçon est distant d'au moins de cent cinquante kilomètres. Sa vétusté se caractérise par des trous largement béants qui irritent les usagers au volant de leur voiture. La dégradation est plus feutrée entre Sénoba et Bignona et Tobor/Ziguinchor jusqu'à M'pack.

Les conséquences sont dramatiques sur les véhicules qui y déchirent leurs pneus et brisent leurs organes et autres pièces de suspension, rapportent les chauffeurs rencontrés sur l'axe. «Cette route de Sénoba à Ziguinchor est dans un très mauvais état. Nous, les transporteurs, sommes très fatigués car, on ne parvient même pas à rouler correctement et en plus, ça détruit les pneus. Les pièces aussi sont souvent détruits», a expliqué Omar Hanne un conducteur de taxis brousse communément appelé 7 places. Il ajoute que «ce mauvais état de la route est également à l'origine de beaucoup d'accidents de la circulation. Soit, c'est un véhicule qui cherche à éviter un trou et trouve un autre sur sa droite ou par une fausse manœuvre, il se retrouve dans le décor». Ibrahima Sylla un conducteur de véhicule frigorifique que nous avons trouvé en panne à cinq kilomètres à la sortir Sud de Touba Mouride est dans tous ses états. «J'ai quitté Jara Soma pour aller à Kafountine mais cette route cahoteuse m'a brisé les fusées avant droit. Auparavant c'était mon pneu arrière qui était crevé. Vraiment, c'est malheureux», lâche-t-il.

Peu avant la ville de Madina Wandifa sur le virage de Faoune, un bus y est immobilisé suite aux mêmes désagréments de la route. Kourouma Kandé un passager en provenance de Dakar ne cache pas sa colère exacerbée par une fatigue de 24 heures de trajet qui était loin de connaitre son épilogue. «Nous avons quitté Dakar hier (dimanche, Ndlr) à 18 heures pour nous rendre à Goudomp mais voilà qu'il est encore 18 heures ce jour (lundi, Ndlr) soit 24 heures de voyage avec toute les peines du monde. Problèmes mécaniques et de pneumatiques, c'est la galère ! L'état doit nous aider à construire cette route-là car, c'est celle qui désenclave la Casamance par sa partie Nord».

Tous les usagers portent donc ce plaidoyer pour la rénovation de cette route nationale N°4 fortement dégradée et à l'origine de toutes les peines et accidents de la circulation.

DES RALENTISSEURS COMME DES MURS SPONTANÉS

Les usagers n'ont pas fini de dénoncer le piètre état de cette route que des populations riveraines de certains villages érigent de façon spontanée et par effet de mode des dos d'âne assimilables à des murettes en représailles diton aux récurrents cas d'accident de la circulation. «Ce sont vraiment des dos d'âne non réglementaires. C'est dramatique ces ralentisseurs car il n'y a aucune pré-signalisation qui les annonce et ils sont comme des murailles élevées sur la route. Vous imaginez aisément qu'un chauffeur non habitué de l'axe est susceptible de la cogner pour se retrouver dans le décor. Et c'est hélas ce qui arrive à certains conducteurs et cela crée des accidents», se plaignent Omar Hanne et Ibrahima Sylla.

Les propriétaires de véhicules à châssis bas n'en peuvent plus. Les plus expérimentés escaladent ces semblants de dos d'âne en les grimpant en diagonale. Beaucoup y ont perdu leur moteur après perforation de leur cartière qui contient l'huile du moteur. Des programmes de reconstruction de cet axe sont annoncés pour les mois à venir notamment à l'occasion des comités départementaux de développement organisés à Bounkiling mais jusqu'ici aucune échéance claire n'est apportée au démarrage de ces travaux manifestement très attendus du commun des sénégalais et ceux des régions du Sud en particulier.

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