Madagascar: Guirlandes de difficultés

Placée sous le signe de la lutte contre le coronavirus, l'année se termine sur les séquelles tenaces de la crise sanitaire.

Beaucoup n'auront pas le cœur à faire la fête pour enterrer 2020 et accueillir 2021. À commencer par ceux qui vivent de la filière vanille. Les prix de l'or vert sont descendus à leur niveau le plus bas jamais connu auparavant. Le kilo de la vanille verte se brade à 30 000 ariary. Celui préparée à 100 000 ariary. Des professionnels « des gousses » estiment que la fixation du prix à l'exportation à 250 dollars le kilo par le Conseil national de la vanille a eu pour effet cette érosion inéluctable des cours qui a été une des causes de ces pertes de valeurs et de repères.

Il existe aussi des anomalies dans l'octroi d'agrément des exportateurs à des personnalités étrangères aux activités liées à la vanille. Les plaignants n'hésitent pas à parler d'une organisation mafieuse, tentaculaire et omniprésente. Il aurait fallu laisser la loi de l'offre et de la demande s'imposer d'elle-même. L'interférence de l'État n'a fait que brouiller les cartes. Au grand dam des paysans planteurs, souvent les dindons de la farce d'un marché de dupes.

Si les prix de la vanille dégagent le parfum du scandale, ceux du riz déciment les portefeuilles dégarnis des foyers à faibles revenus. Le kilo des variétés les plus prisées des produits locaux « vary gasy et makalioka » ont franchi la barre des 2300 à 2400 ariary dans la capitale. Dans certaines régions, le riz s'arrache dans les 3000 ariary. Une augmentation progressive constatée depuis le début de la période de soudure qui va encore s'étaler jusqu'au mois de mars.

Avec une saison de pluies qui s'annonce orageuse pouvant causer des dégâts matériels, comme les coupures des routes, des prétextes tout trouvés par les spéculateurs de tout poil pour réaliser des gros bénéfices sur le dos des pauvres consommateurs. Livrés à eux-mêmes. Les Associations censées défendre leurs intérêts fouettent d'autres chats.

Comme le riz est une denrée alimentaire de base, ses problématiques se déclinent sur le terrain politique. Des opposants en font tout un fromage. Accusant les dirigeants d'être incapables de trouver des solutions appropriées.

En parallèle, l'ariary, sur le Marché interbancaire de devises, n'arrive pas à inverser la tendance des taux de change en faveur de l'euro et du dollar. Ce qui renchérit les prix des produits importés, des futilités dans la plupart des cas, attendus pour terminer l'année en beauté. En sus de cette inflation latente, les « violeurs en puissance », ciblant des mineurs, sont à maîtriser avant qu'ils ne passent à l'acte. Un phénomène plus qu'inquiétant dépassant le cadre de simples faits divers. Les victimes sont de plus en plus jeunes, leurs bourreaux méritent « un couperet » réclament les plus indignés parmi les âmes sensibles.

Plus de: L'Express de Madagascar

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