Madagascar: Coopérative Soaloo - Les appuis à l'entrepreneuriat à professionnaliser

Tous les acteurs ayant participé à cette conférence-débat reconnaissent qu'il faut professionnaliser les appuis à l'entrepreneuriat. Les organismes offrant des services d'appui à l'entrepreneuriat se développent comme des champignons à Madagascar.

On peut citer, entre autres, des incubateurs, des accélérateurs d'entreprise, des centres d'affaires, des cabinets de consultance, les investisseurs en capitaux ainsi que les ONG. « Force est pourtant de reconnaître que ces services d'appuis sont concentrés dans la Capitale et certaines grandes villes. Les contenus de ces appuis sont souvent introduits de l'extérieur et non adaptés au contexte du pays. En outre, les appuis sont parfois élitistes et destinés aux universitaires. Et ce n'est pas tout, il y a des fournisseurs d'appuis à l'entrepreneuriat non qualifiés ». Njaka Rajaonarison, le Secrétaire général de la coopérative Soaloo, l'a évoqué lors d'une conférence-débat organisée la semaine dernière à la Chambre de Commerce et d'Industrie d'Antananarivo (CCIA).

Effet de mode. Et tous les acteurs concernés ayant participé à cette conférence-débat convergent leurs opinions que les appuis à l'entrepreneuriat sont à professionnaliser. Cet événement a été organisé dans le cadre de la célébration de la Semaine Internationale de l'Entrepreneuriat ou GEW 2020. Le thème a d'ailleurs été axé sur « la professionnalisation des appuis à l'entrepreneuriat ». « Il faut que ces appuis répondent aux besoins des entrepreneurs et non pas un effet de mode ou de marketing de l'entité.

Est-ce qu'on dispose d'une statistique de réussite des appuis à l'entrepreneuriat. Et quid des résiliences des entreprises bénéficiaires ? », se demande Andrianaivo Nirina, le directeur général de la CCIA. Quant à Guillaume Rabary Andriandrano, le directeur des Services aux Investisseurs au sein de l'EDBM (Economic Development Board of Madagascar), il a soulevé que l'entrepreneuriat nécessite d'être valorisée du fait de son impact positif sur la croissance et le développement économique du pays, et ce, à travers des innovations du marché et de la création d'emplois.

E-Toolia. Lors de cette conférence-débat, il a présenté une matrice de l'écosystème entrepreneurial qui compose entre autres, le marché, la politique entrepreneuriale, le financement et la gestion du capital humain. En outre, « l'EDBM va lancer à compter de l'année prochaine une boîte à outils dénommée E-Toolia. Il s'agit d'une plateforme digitale regroupant tous les acteurs œuvrant dans le domaine de la promotion de l'entrepreneuriat, y compris la coopérative Soaloo. Seules les entités professionnelles y seront sélectionnées. Les porteurs de projet, les entrepreneurs et les start-uppers y trouveront toutes les informations nécessaires répondant à leurs attentes », a-t-il précisé.

En revenant sur la coopérative Soaloo, elle dispose de coaches-formateurs qui sont notamment des entrepreneurs expérimentés ainsi que des spécialistes en entrepreneuriat certifiés. « Nos services d'appuis sont adaptés au contexte et aux valeurs malgaches. Nous promouvons la culture entrepreneuriale qui se différencie du développement personnel », a fait savoir Njaka Rajaonarison, le Secrétaire général de cette coopérative.

Stratégie nationale. Par ailleurs, il a exprimé que la professionnalisation des appuis à l'entrepreneuriat dépend de l'environnement des affaires à Madagascar. « Il faut une reconnaissance du métier, des échanges entre les professionnels et une mise en place d'une charte pour qu'il n'y ait plus de vol de projets des promoteurs, entre autres. Nous contribuons également à l'élaboration d'une politique et d'une stratégie nationale de développement de l'entrepreneuriat. L'application des normes pour les accompagnateurs et d'un référentiel de formation en métier d'entrepreneur ainsi que la certification des coaches ou des formateurs en entrepreneuriat, s'imposent aussi », a-t-il conclu.

Plus de: Midi Madagasikara

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