Cameroun: Campagne électorale - Au plus près des électeurs

La spécificité du scrutin attendu le 6 décembre 2020 éloigne de l'ambiance habituelle des joutes électorales faites de meetings populaires et même de caravanes dans les rues.

Pour les partis politiques ou représentants du commandement traditionnel, le succès lors de l'élection des conseillers régionaux du 6 décembre 2020 dépendra en grande partie de la technique de conquête des électeurs durant ces deux semaines de campagne électorale. Ainsi donc, depuis samedi 21 novembre dernier les formations politiques et les listes des chefs traditionnels sont sur le terrain pour un exercice au cours duquel rien n'est acquis d'avance pour quiconque.

Premier constat, l'on est loin de l'ambiance habituelle des campagnes électorales. L'on ne devrait donc pas s'attendre à voir de grands rassemblements dans les rues comme de tradition, même si certains, à l'instar de la tête de liste du Parti camerounais pour la rénovation sociale (PCRN) dans le Nyong-et-Kellé, envisagent des rencontres avec les populations « pour leur expliquer les enjeux du scrutin à venir et surtout ceux que charrient la décentralisation », souligne le Pr Delphine Tang. Pour elle, ces rencontres devraient regrouper non seulement les populations, mais également les conseillers municipaux issus des rangs de son parti et même de la concurrence. Toutefois, ces rencontres ne devraient pas occulter l'approche de proximité qui est également envisagée par cette formation politique ici. S'il brillait déjà par des campagnes de proximité, quel que soit le type de scrutin, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) entend expérimenter un nouveau concept au cours des deux semaines de campagne électorale.

C'est « la campagne de très grande proximité » telle que prescrite par le secrétaire général du Comité central, Jean Nkuete, dans une note rendue publique le 16 novembre dernier. Cette approche, qui sera mise en pratique par les commissions communales de campagne à cet effet, « induit non seulement un encadrement des électeurs en tout temps, mais également des actions de rapprochement personnalisé via le porte-à-porte ». Ici, l'on est conscient que les électeurs du parti devraient être la cible des 13 autres formations politiques engagées dans cette compétition, le RDPC ayant très largement remporté les municipales du 9 février 2020.

Parmi ceux qui lorgnent vers les conseillers municipaux du RDPC, il y a irrémédiablement le Front des démocrates camerounais (FDC). Le parti conduit par Denis Emilien Atangana présente en effet des listes de candidats dans des circonscriptions comme le Mfoundi où il ne compte aucun conseiller municipal et dans la Lékié où il aligne un seul élu sur l'ensemble des neuf communes de ce département. « Nous en sommes conscients », prévient-il. Sur la stratégie qui est mise sur pied, « elle consiste en une approche directe des électeurs à qui nous expliquons les enjeux de l'élection qui se situent au-delà des considérations partisanes ». Une stratégie qui est aussi celle de l'Union des populations du Cameroun avec des listes dans la Sanaga-Maritime, le Nyong-et-Kellé et le Wouri, comme le fait savoir son président, Pierre Baleguel Nkot.

Le regard est également tourné vers les chefs traditionnels, véritables curiosités de cette élection. Pour Hayatou Hamadina, lamido de Galim-Tignère dans le département du Faro-et-Déo, il est question de se rendre auprès des électeurs. « Nous allons parcourir le département jusqu'au 30 novembre prochain ». En vue des rencontres avec ceux-ci uniquement. La même approche est envisagée par son collègue Gabriel Tsidie dans la Menoua. Dans le Mfoundi qui enregistre deux listes concurrentes, il est question pour les uns et les autres de parcourir les sept arrondissements de la capitale comme le précise Firmin Jean Benoît Etundi Atanga, l'une des têtes de listes en compétition pour les deux sièges en jeu.

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