Cameroun: « Le phénomène de prise d'otages est maitrisé dans l'Adamaoua »

interview

Colonel Touang Djakjinkréo Gabriel, commandant le 5e Bir de l'Adamaoua.

Quel est le bilan des actions du Bir dans la région de l'Adamaoua au cours des deux dernières années ?

Il y a deux ans, la région de l'Adamaoua était le théâtre de prise d'otages. Des mesures ont été prises par la plus haute hiérarchie pour lutter contre ce problème. A ce jour, le phénomène est maîtrisé. On peut l'apprécier en voyant qu'il a régressé dans la région. Nous passons plus d'un mois ou deux mois maintenant sans véritable prise d'otages ici et là. Mais, nous pouvons vous garantir que beaucoup d'armes ont été saisies, de nombreux malfrats neutralisés ou mis à la disposition de la justice.

Néanmoins, il faut également dire que le phénomène de prise d'otages, n'a pas de frontières administratives et c'est pourquoi nous avons souvent pourchassé les malfrats au-delà de la région de l'Adamaoua. Ceux qui viennent commettre des crimes ici, viennent parfois du Nord-Cameroun, du Tchad ou de la RCA. Donc, le bilan global va concerner les Bataillons d'intervention rapide (Bir) des trois régions septentrionales et de l'Est. Nous pouvons dire que pour les quatre bataillons, en deux années, 36 armes de guerres récupérées, 46 otages libérés du fait de la pression exercée sur le terrain, 130 bétails récupérées, 2228 munitions de guerres récupérées, et 15 malfrats neutralisés et 13 suspects interpellés et mis à la disposition de la justice.

Vous venez d'inaugurer une base dans la localité de Gbatoua-Godélé. A quoi va-t-elle servir ?

Le poste de Gbatoua-Godélé qui vient d'être inauguré s'inscrit en droite ligne avec les mesures sécuritaires prises au niveau de la frontière Est du Cameroun. Nous savons que la RCA a des troubles sociopolitiques depuis un certain temps. Il était tout à fait normal de prendre des dispositions afin que l'insécurité enregistrée dans ce pays ne se déporte pas en territoire camerounais. Ce n'est pas seulement la base de Gbatoua-Godélé qui a été construite parce que nous avons également inauguré le poste de Nyamba et Ngaoui. Ces trois postes en réalité vont nous permettre de mieux assurer la sécurité de la population, d'empêcher que les éléments des forces qui se trouvent en République centrafricaine ne puissent entrer en territoire camerounais, pour commettre des exactions.

Comment vont se dérouler les opérations proprement dites sur le terrain ?

De manière globale, les postes sont construits auprès de la population pour assurer leur protection. Ceci pour intervenir le plus rapidement possible, en cas de prise d'otages ou de vol de bétail. Ainsi donc, nous effectuons des patrouilles de dissuasion, nous couvrons les marchés. Et nous avons également sur le terrain, d'importants éléments qui nous permettent d'obtenir le renseignement à temps, pour permettre d'anticiper parfois sur un événement qui veut se produire. Pour gagner la confiance des populations, des instructions fermes ont été données à nos éléments sur le terrain. Nous n'acceptons aucune arnaque, aucune brutalité envers la population. Nous leur demandons de collaborer avec la population, les autorités traditionnelles, et religieuses pour le succès de notre mission dans la région de l'Adamaoua. L'armée doit uniquement faire on travail, rien que son travail.

Qu'attendez-vous en retour de la population de la région de l'Adamaoua ?

Nous attendons à ce que cette population contribue elle-même à leur sécurité. Nous ne leur disons pas de prendre des armes, mais nous leur demandons de nous fournir le renseignement à temps. Lorsqu'une prise d'otage est effective, qu'elle ne le cache pas, qu'elle nous le dise surtout lorsque les preneurs d'otages prennent contact avec elle. Nous sommes là pour les protéger et c'est cette collaboration qui va nous permettre de mieux assurer leur sécurité. Sans cette population, nous ne pouvons pratiquement pas travailler.

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