Cote d'Ivoire: Grandir

23 Novembre 2020
éditorial

Et si nous faisions maintenant un effort pour grandir un peu ? N'est-il pas temps d'abandonner les enfantillages qui consistent à insulter quiconque, activiste, ministre, ou président étranger dit ce que l'on n'a pas envie d'entendre ?

Ah, qu'il est long, le chemin vers la démocratie. Effectivement, pour bâtir une démocratie, il faut avant tout des démocrates. Et visiblement c'est ce qui nous manque le plus, même si certains se sont autoproclamés tels.

Ceux-là devraient savoir que s'ils estiment que M. Alassane Ouattara n'avait pas le droit d'être candidat à la dernière élection présidentielle, il ne leur appartenait pas de tenter de l'en empêcher. Il existe une institution chargée d'apprécier les différentes candidatures pour retenir celles qui répondent aux critères exigés.

Ils devraient savoir aussi que s'il est de leur droit de ne pas aimer M. Alassane Ouattara, en démocratie, la meilleure façon de le faire savoir et même de le sanctionner était d'aller le faire dans les urnes, et aussi, que s'il est de leur droit de refuser d'aller voter, il ne leur est par contre pas permis d'empêcher les autres de le faire.

Surtout en utilisant la violence. Ils devraient savoir que celui qui utilise la violence pour empêcher un autre d'exercer son droit de vote s'expose à être sanctionné par la justice. Oui, il est long le chemin qui conduit à la démocratie.

Par quelle aberration intellectuelle certains ont-ils cru que parce qu'ils ont décidé de ne pas participer au scrutin, ils étaient ainsi fondés à se croire les plus légitimes pour diriger le pays à travers un fumeux Conseil national de transition ?

Sur quelle disposition de notre constitution se sont-ils fondés pour créer cet organe, eux qui accusent le Président de la République d'avoir violé la loi fondamentale en se portant candidat ?

Qu'est-ce qui pouvait faire croire à ces hommes, qui ont pourtant eu à diriger ce pays, que ce qu'ils ont décidé dans leur salon était l'émanation de la volonté du peuple, et que ce dernier les soutiendrait dans leur folie ? Comment pouvaient-ils croire qu'il se trouverait des Etats et des organisations internationales sérieux pour leur apporter un soutien ?

Et certains s'offusquent que ces personnes, ainsi que celles qui ont essayé de mettre le pays à feu et à sang, qui ont commis des meurtres, détruit des biens publics et privés soient arrêtées.

Comment Guillaume Soro pouvait-il penser qu'il pourrait, de la France, appeler l'armée ivoirienne à renverser le pouvoir sans que le gouvernement de ce pays ami ne réagisse ? Savent-ils ce que l'on appelle la sédition ? Savent-ils que cet acte est sévèrement puni dans tout pays qui se respecte ?

Grandir, c'est arrêter de faire croire que nous avons affaire ici à une opposition angélique qu'un pouvoir diabolique harcèlerait sans raison, par pur sadisme en quelque sorte, alors que tout indique que nos séditieux avaient minutieusement planifié leurs actions de déstabilisation.

Et à ma connaissance ce fameux Conseil national de transition annoncé publiquement n'a toujours pas été publiquement dissous. Cela ne signifie-t-il pas qu'ils sont toujours dans leur logique de sédition ? Qu'il est vraiment long le chemin vers la démocratie !

Faisons tous un effort pour grandir. Il m'arrive de lire encore par-ci, par-là que la désobéissance civile est un grand succès. Ceux qui écrivent cela vivent-ils en Côte d'Ivoire ? Où a-t-on appliqué cette désobéissance civile, en dehors des localités où une violence a été exercée sur les populations ?

Combien de personnes ont-elles manifesté lorsque des leaders de la sédition ont été arrêtés ou assignés à résidence ? Arrêter de prendre ses rêves pour la réalité est une façon de commencer à grandir.

Jusqu'à ce jour des personnes proclament urbi et orbi qu'elles sont opposées au nouveau mandat du Chef de l'Etat. « So what ? », comme diraient ceux qui parlent anglais. C'est leur droit de ne pas être d'accord. Et après ?

Apparemment ces personnes ne savent pas grand'chose de l'état de l'opinion de nos populations, des relations internationales, de ce que notre pays représente dans le concert des nations, de sa place dans la sous-région, et de ce que l'on appelle la « realpolitik ».

Mais la vie doit-elle pour autant s'arrêter à cette ignorance ? Va-t-on s'entretuer pour cela ? Le sang qui a déjà coulé n'est-il pas de trop ? Grandissons un peu et actons le fait que le président de notre pays pour les cinq prochaines années est bien M. Alassane Ouattara.

Et l'opposition n'y pourra absolument rien. En démocratie, il n'est pas demandé d'aimer les dirigeants. Il est demandé de les accepter, même si l'on n'a pas voté pour eux. Ce n'est pas compliqué.

Grandissons vite parce que nous avons de nombreux défis à relever. Ce nouveau mandat que le président Ouattara affirme être son dernier devrait nous servir à redresser ce qui ne l'a pas encore été. L'un des plus importants défis qui se dresse devant nous est à mon avis la perte de valeurs à laquelle nous assistons.

Les meurtres et dégradations de biens publics et privés qui ont émaillé l'élection présidentielle montrent à quel point la violence extrême a été banalisée dans notre pays.

Cela ne date pas d'aujourd'hui, mais nous ne devrions pas l'accepter comme faisant désormais partie de notre normalité. Il est temps d'y mettre le holà.

A La Une: Cote d'Ivoire

Plus de: Fratmat.info

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.