Gabon: Le dialogue dans une impasse

24 Novembre 2020

Les résultats du scrutin du 31 octobre dernier donnaient le président sortant Alassane Dramane Ouattara vainqueur. Une victoire contestée par l'opposition dénonçant des irrégularités au profit de ce dernier. Un dialogue pour une réconciliation a été organisé pour apaiser les tensions dans les deux camps rencontre déjà un obstacle.

Les tensions entre le parti au pouvoir et la coalition de l'opposition sont très vives. L'élection présidentielle du 31 octobre dernier donnant Alassane Dramane Ouattara vainqueur semble mal passer pour l'opposition. Entre irrégularités constatées et modification de la constitution, il va s'en dire que la pilule passe très mal du côté de l'opposition et déploie toutes les stratégies pour l'annulation de ce scrutin.

Pour apaiser les tensions et ramener le calme dans le pays, le président Alassane Dramane Ouattara a invité tous les acteurs de la classe politique à un dialogue pour une réconciliation. Un dialogue débouchant rapidement sur un premier obstacle et pas des moindres, la libération immédiate des partisans de l'opposition détenus de façon arbitraire. En chef de file, Henri Konan Bédié déclare : « Il n'est en effet pas possible de continuer ce dialogue sans la libération de tous nos militants, tous nos cadres incarcérés. Il n'est pas possible de continuer ce dialogue sans la levée du blocus imposés encore sur certains d'entre eux comme Hubert Oulaye ».

Et à Bédié de poursuivre : « j'ai donc suspendu ce dialogue, jusqu'à ce que tous nos frères soient libérés. J'ai suspendu également ce dialogue jusqu'à ce que ceux qui ont été forcés de fuir à l'étranger puissent avoir un retour sécurisé chez nous. Ce sont là des préalables non négociables et je pense bien que, dans quelques jours, ces différentes libérations seront faites pour que nous puissions reprendre le dialogue pour la parole qui a été rendu par Alassane Ouattara et moi-même ».

Le 11 novembre dernier, une première prise de contact entre Alassane et Henri Konan pour « briser la glace et rétablir la confiance » avait pour objectif de trouver une solution à la crise politique actuelle, qui a provoqué la mort de 85 personnes selon le bilan officiel.

Cependant, le président Alassane Ouattara face aux cadres de son parti, le RHDP, a rejeté l'idée d'une transition politique en Côte d'Ivoire, soulignant que les opposants qui se font une idée « peuvent toujours rêver ».

Il semblerait que le dialogue fonce droit vers une impasse. Alors que l'opposition constate la victoire d'Alassane Ouattara et la guerre des chefs reprend de plus belle, deux scénarios se profilent : la prise en compte des revendications du parti au pouvoir pour la poursuite du dialogue, ou le rejet de ces revendications donnant lieu à un bras de fer.

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