Madagascar: Sénatoriales - La solidarité de l'ARMADA remise en cause

Le « Malagasy Miara-Miainga » est en train de tout mettre en œuvre pour obtenir des « seza » au sein du Sénat.

Le « Malagasy Miara-Miainga » n'entend pas uniquement faire de la figuration en ce qui concerne les élections sénatoriales du 11 décembre prochain. Présentant des candidats au niveau des provinces d'Antananarivo et de Toamasina, le MMM met tout en œuvre pour concurrencer l'IRD. En effet, les équipes de campagne du parti de Hajo Andrianainarivelo enclenchent la vitesse supérieure et font tout pour convaincre les grands électeurs, notamment à Antsirabe, à Tana, dans l'Itasy, mais aussi au niveau des différents districts dans les régions Atsinanana et Analanjirofo. Elles multiplient les descentes au niveau des communes pour rencontrer les maires, ainsi que les conseillers communaux et municipaux. Comme dans toutes les périodes normales de campagne électorale, tous les coups sont permis même entre partis pro-régime.

« Olom-boatendry ». Quoi qu'il en soit, bon nombre d'observateurs estiment que la décision de Hajo Andrianainarivelo de présenter des candidats aux élections sénatoriales risque de remettre en cause la solidarité au sein du groupement politique ARMADA qui était le principal atout d'Andry Rajoelina lors de la Présidentielle de 2018. Une initiative qui prouve du moins que les partis et chefs de partis pro-régime n'ont trouvé aucun consensus par rapport aux sénatoriales. D'ailleurs, lors de l'annonce de la participation du « Malagasy Miara-Miainga », le ministre de l'Aménagement du territoire, de l'Habitat et des Travaux publics a haussé le ton pour dénoncer les abus et les intimidations perpétrés par des proches collaborateurs du président Andry Rajoelina.

A l'occasion, il a déclaré publiquement la guerre contre ceux qu'il appelle « les olom-boatendry ». « Cessez les intimidations... On n'a pas peur de vous », a-t-il déclaré. Une déclaration qui reflète la frustration de cette figure politique qui, pourtant, a toujours exprimé son soutien indéfectible et sa collaboration franche avec le président Andry Rajoelina. Selon ses explications, le MMM participe aux sénatoriales pour honorer les devoirs et les raisons d'être des partis politiques. L'on sait en tout cas que le « Malagasy Miara-Miainga » met tout en œuvre pour obtenir des sièges au Sénat.

D'après les indiscrétions, les responsables du parti ont engagé une approche auprès des grands électeurs élus sous les couleurs du « Tiako i Madagasikara » pour convaincre ces derniers de voter pour la liste MMM. Une démarche que le camp d'en face risquerait de considérer comme de la trahison même si pour le moment, chaque entité cherche à effectuer un lobbying auprès des élus TIM afin d'obtenir leurs voix. Et ce, même si l'ancien président Marc Ravalomanana a déjà lancé un appel au boycott des élections sénatoriales.

Front uni. La question est de savoir si l'opposition engendrée par les sénatoriales n'affecte pas la solidarité et le climat de confiance entre les partis membres de l'ARMADA lors des élections de 2023. Pour l'heure, seul le parti Freedom de Lalatiana Rakotondrazafy Andriatongarivo continue de confirmer sa fidélité envers le président Andry Rajoelina à travers les actions que les leaders du parti mènent sur le terrain. Quant à eux, Jean Louis Robinson, président du parti AVANA et Camille Albert Vital, numéro Un du parti Hiaraka Isika, ont choisi de jouer pour la carte de la discrétion depuis leur nomination en tant qu'Ambassadeur, respectivement en Chine et à l'île Maurice.

Même silence politique pour le président du Parti Vert Alexandre Georget qui n'a plus fait aucune apparition publique depuis son éviction du gouvernement, le 29 janvier 2020. La question est donc désormais de savoir si l'ARMADA réussira à dépasser la divergence de points de vue actuelle pour réussir à mettre en place un front uni pour soutenir le second mandat du président Andry Rajoelina en 2023.

Plus de: Midi Madagasikara

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.