Afrique: Belgique -L'enseignement de l'histoire coloniale dans les écoles fait à nouveau débat

Caroline Désir, ministre de l'Education de la Fédération Wallonie Bruxelles, a rappelé, le 23 novembre, la nécessité d'enseigner l'histoire du Congo dès la deuxième secondaire. Mais Certains enseignants estiment que c'est déjà le cas et qu'une modification du programme est inutile et même vexante.

Caroline Désir, indique le journal belge, la Dernière Heure (DH), a répété qu'à l'avenir "tous les élèves auront vu l'histoire du Congo, de sa colonisation, de son indépendance en lien avec l'histoire de la Belgique". En juin dernier, la ministre de l'Éducation de la fédération Wallonie Bruxelles avait réaffirmé dans une vidéo son projet de rendre obligatoires les cours sur l'histoire du Congo et de la colonisation dans tous les réseaux et toutes les filières. Caroline Désir répondait à la comédienne et animatrice belge d'origine congolaise, Cécile Djunga, qui lui avait adressé une lettre ouverte.

« Il est temps d'apprendre à cette future génération l'histoire, la vraie histoire du Congo Belge et non un contenu paternaliste qui accentue les préjugés et stéréotypes créés par la propagande coloniale sur les Africains, les Afro descendants, les Noirs, les Blancs, les métis, etc. Il est grand temps de construire une société ouverte. Une société qui, d'une part, regarde son histoire en face et qui, d'autre part, considère les êtres humains comme égaux quelles que soient leur couleur de peau et leurs origines », avait fait savoir Cécile Djunga dans une des vidéos, où elle dénonçait le racisme dont elle était régulièrement victime, qui était devenu viral en 2018.

Une histoire trop souvent ignorée

Actuellement, seuls les élèves des filières techniques et professionnelles reçoivent systématiquement le cours sur l'histoire coloniale, selon la DH. « Ce n'est pas tellement que l'histoire du Congo ou de la colonisation se fait de façon maladroite sur la base de références dépassées, c'est surtout que cette histoire est trop souvent ignorée. La plupart des élèves n'entendent pas parler de la colonisation belge au Congo ni des mécanismes d'exploitation et de domination. Nous ne pouvons plus tolérer cette lacune », avait déclaré Caroline Désir.

Néanmoins, a rapporté la DH, les déclarations de la ministre ont suscité des réactions très fortes chez certains enseignants, qui estiment que cette matière est déjà suffisamment enseignée et qu'une modification des programmes est, de ce fait, inutile voire vexante. "Selon les chercheurs, il existe treize programmes différents, selon les réseaux et les filières. En réalité, bien des enseignants dispensent déjà d'excellents cours sur le Congo. Dans certains réseaux et dans certaines filières, c'est même abordé systématiquement. Mais ce que nous désirons, c'est que tous les élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles sans exception aient connaissance de cette période de notre histoire", a indiqué Caroline Désir.

L'actuelle réforme des référentiels du tronc commun, a indiqué la DH, prévoit que le référentiel d'histoire inscrive l'histoire du Congo dans l'histoire de la Belgique et montre explicitement les mécanismes de domination dès la deuxième et troisième année du secondaire. Du côté flamand, le colonialisme sera prochainement explicitement mentionné dans les nouveaux objectifs finaux du cours d'histoire pour les élèves de la fin du secondaire. L'annonce avait été faite par le ministre flamand de l'Enseignement, Ben Weyts (N-VA), dans le journal le Standaard. L'objectif est que tous les élèves du nord du pays quittent les bancs de l'école avec au minimum une connaissance de base de l'histoire coloniale.

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