Tchad: Un soutien urgent est nécessaire pour éviter l'aggravation de la situation dans la province du Lac (OIM)

24 Novembre 2020

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) lance cette semaine un appel de 2 millions de dollars pour assurer un accès continu et la fourniture d'une aide humanitaire vitale aux personnes les plus vulnérables et à leurs communautés d'accueil dans la province du Lac, au Tchad.

Au début de ce mois, les autorités locales ont alerté l'OIM sur l'inondation de quartiers entiers dans les départements du Fouli et de Kaya, causée par la montée du niveau du lac Tchad. Ces deux départements accueillent actuellement des milliers de personnes déplacées par le conflit et le changement climatique dans la province du Lac.

« Cette inondation soudaine, qui n'est pas isolée, risque de forcer les villageois à quitter leurs maisons et à chercher refuge dans les villages voisins où les ressources et les équipements sont déjà très limités », a expliqué Anne Schaefer, cheffe de mission de l'OIM au Tchad.

« Comme les eaux continuent de monter, certaines zones où nous intervenons risquent de devenir inaccessibles, privant ainsi des milliers de personnes d'une aide vitale », a-t-elle ajouté.

La province du Lac est en proie à une double crise sécuritaire et environnementale qui a provoqué le déplacement forcé de plus de la moitié de la population de la province.

La récente inondation des sites de déplacement et des communautés d'accueil dans la province du Lac risque d'aggraver une situation humanitaire déjà complexe, car certaines zones clés où une assistance critique est nécessaire pourraient devenir inaccessibles.

Cela laisserait des milliers de personnes sans accès aux principaux services de base.

Depuis 2015, le gouvernement du Tchad et les forces de sécurité régionales luttent contre les menaces à la sécurité des acteurs non étatiques armés autour du bassin du lac Tchad. L'impact de la situation sécuritaire a été amplifié par une crise environnementale causée par le rétrécissement du lac Tchad.

Cette double crise a eu pour conséquence le déplacement massif de plus de 360.000 personnes, soit la majorité de la population de la province. Les données de la matrice de suivi des déplacements de l'OIM montrent que, depuis le début de la crise, la plupart des personnes déplacées ont fui les villages au bord du lac vers des communautés plus sûres à l'intérieur des terres.

Aujourd'hui, ce moment de répit et de stabilité nécessaire aux personnes déplacées et à leurs communautés d'accueil est menacé par les inondations causées en partie par la montée des eaux du lac Tchad.

18 000 ménages menacés

« Notre peuple est confronté à de multiples crises, mais la montée des eaux à laquelle nous avons assisté ces derniers jours menace plus de 18.000 ménages, y compris les personnes déplacées et les communautés d'accueil », a déclaré Yacoub Mahamat, préfet du département du Fouli dans la province du Lac.

La hausse du niveau de l'eau augmente également les risques de maladies hydriques telles que le choléra et le paludisme saisonnier, qui sont endémiques dans le pays.

Dans la province du Lac, l'OIM est l'un des principaux acteurs humanitaires fournissant des abris (durables et semi-durables), de la nourriture et des articles non alimentaires, notamment des kits de dignité pour les femmes et des moustiquaires imprégnées d'insecticide, aux personnes déplacées et aux communautés d'accueil touchées par la double crise sécuritaire et environnementale. L'OIM dirige également la collecte de données sur les sites de déplacement afin de mieux comprendre les vulnérabilités des personnes déplacées, ce qui est essentiel pour cibler avec précision l'aide humanitaire.

L'appel de l'OIM pour la province du Lac, d'un montant de deux millions de dollars pour objectif de travailler notamment sur l'urgence, la préparation et la réduction des risques de catastrophes en particulier en ce qui concerne la cartographie des principaux sites de déplacement, la construction d'abris, la distribution de produits alimentaires et non alimentaires, le pré-positionnement de stocks et le soutien à la mise en place d'un système d'alerte rapide en cas d'inondation.

Les autres domaines concernés ont trait à la planification d'urgence, à la réduction des risques de catastrophes, à la cartographie des zones exposées aux intempéries, à l'aide au drainage des zones et à la construction, au soutien à la formation communautaire en matière d'alerte aux inondations et de travaux d'atténuation à petite échelle ainsi qu'à la recherche sur l'impact du changement climatique dans le lac Tchad.

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