Sénégal: Emigration clandestine - Le gouvernement explique les «véritables causes» du phénomène

24 Novembre 2020

Faisant « une analyse très objective » de la situation, le ministre de la Jeunesse, Néné Fatoumata Tall, a, au cours de la conférence de presse du gouvernement, mardi, expliqué ce qu'elle considère comme les causes de la recrudescence de l'émigration clandestine.

D'emblée, elle indexe la crise de la pandémie de Covid-19 qui, rappelle-t-elle, a eu un impact très négatif dans la vie socio-économique des Sénégalais. La Covid-19, fait-elle constater, a fortement touché le secteur informel, qui à 97%, porte l'économie sénégalaise.

«L'autre facteur, dit-elle face aux journalistes, c'est le fameux eldorado qu'on a vendu à la jeunesse africaine », précisant que ce n'est pas seulement propre au Sénégal.

« C'est un phénomène mondial, principalement africain », ajoute le ministre de la Jeunesse. Elle a également relevé la « pression sociale » dont sont victimes les jeunes dans les familles.

« J'appelle les parents au sens de responsabilité, parce que mettre la pression sur des jeunes ne peut pas permettre de construire un pays », a lancé Néné Fatoumata Tall.

Le dernier point, explique-t-elle, c'est le fait qu'on fasse croire aux jeunes que l'Europe est en train de régulariser les sans-papiers, « ce qui est faux ».

« Le sous-emploi est une cause, mais... »

De son côté, le ministre de l'Emploi, de la Formation professionnelle, de l'Apprentissage et de l'Insertion, Dame Diop, qui est largement revenu sur les « bonnes notes » du gouvernement de Macky Sall dans ce sous-secteur, a déclaré que le sous-emploi n'est pas la seule cause de ce phénomène "Barça wala Barsakh".

«Relativement à la question de l'emploi, oui, la question est une cause de l'immigration irrégulière, mais elle n'est pas la seule cause », a-t-il fait savoir, dès sa prise de parole, lors de la conférence de presse du gouvernement piloté le ministre Oumar Guèye.

Selon lui, « les causes sont beaucoup plus profondes et multiformes, par rapport à l'immigration irrégulière ».

A ce titre, il a révélé que le pouvoir en place a misé sur la formation professionnelle et technique. « Aujourd'hui, dit-il, sur près de 3,5 millions d'écoliers, le Sénégal en compte 100 mille ». Et d'ajouter: «En 2012 déjà, le nombre d'écoliers dans le système de formation était de 30.000.

De 2012 à maintenant, nous avons fait un bond de 70 places dans la formation professionnelle et technique ».

Le ministre Dame Diop, qui précise que cette formation est gratuite, de souligner que ce bond est possible grâce au renforcement du dispositif de la formation technique aussi bien sur les ressources financières que matérielles.

« En 2012, le budget consacré à la formation professionnelle et technique était d'à peu près 24 milliards. Aujourd'hui, nous avons consacré à cette formation près de 80 milliards de francs CFA ».

A en croire toujours le ministre de l'Emploi, de 80 centres de formation professionnelle, en 2012, notre pays en compte, aujourd'hui à 120, compte non tenu de 40 autres qui sont en train d'être construits.

Présence de la Guardia civile espagnole sur les côtes sénégalaises

Pour ce qui est, par ailleurs, de la présidence de la Guardia civile espagnole sur les côtes sénégalaises, le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique estime que cela résulte d'un accord signé depuis plus de 15 ans, entre le Sénégal et le Royaume d'Espagne.

« Cela n'est pas nouveau. Un accord a été signé, à travers l'agence européenne Frontex, le Sénégal et le Royaume d'Espagne, en 2006.

Cet accord prévoit des patrouilles conjointes tout au long de nos frontières maritimes, ainsi que d'autres actions », a notamment assuré Antoine Abdoulaye Diome, au cours de la conférence de presse du gouvernement.

Il révèle, en outre, que ledit accord a été renouvelé à plusieurs reprises, non sans ajouter que « c'est donc dans un cadre bien déterminé que toutes ces actions sont entreprises et régulièrement menées afin de venir en appoint ».

La ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez Laya, en visite à Dakar, dimanche, a annoncé le déploiement à Dakar de 15 soldats à bord et d'un navire océanique avec 25 autres soldats pour renforcer les troupes du détachement espagnol.

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