Burkina Faso: Elections du 22 novembre - La mouvance présidentielle appelle au respect du verdict des urnes

25 Novembre 2020

L'Alliance des partis et formations politiques de la majorité présidentielle (Apmp) a appelé l'opposition politique burkinabè au respect du verdict des urnes. Face à la presse, hier, Me Benewendé Sankara, porte-parole du jour de la majorité présidentielle, a alors invité les partis et candidats à recourir aux structures appropriées pour d'éventuelles contestations.

Réponse du berger à la bergère. L'Alliance des partis et formations politiques de la majorité présidentielle (Apmp) a réagi, hier, à la décision de l'opposition qui a remis en cause la poursuite du processus électoral.

Qualifiant la déclaration de l'opposition de « grave », elle l'invite au respect des résultats des urnes. Dans une déclaration lue, devant la presse, hier, par l'avocat Benewendé Sankara, porte-parole du jour, la majorité présidentielle appelle tous les partis et candidats « à recourir aux structures appropriées, notamment les juridictions compétentes, pour l'examen de leurs récriminations ».

Par conséquent, la majorité présidentielle invite l'opposition « à l'apaisement et surtout à poursuivre l'esprit de concertation et de consensus qui a jusque-là prévalu ». Concernant les dysfonctionnements relevés par la plateforme de l'opposition politique, l'Apmp considère que « les insuffisances et failles » qui ont émaillé le déroulement du scrutin ne sauraient refléter une quelconque volonté de porter atteinte à la sincérité du scrutin.

Me Sankara a, à cet effet, rappelé que la composition de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), faite sur une base tripartite (majorité-opposition-société civile), garantit « l'objectivité et l'équilibre » de ses actes. Pour la majorité présidentielle, les couacs notés « portent préjudice à l'ensemble des candidats et partis en compétition et de la même manière ».

Pour l'Apmp, « ces insuffisances, quoique regrettables, ne sont pas « d'une ampleur susceptible d'impacter, de manière significative, les résultats du scrutin ». « Mieux, certaines actions en cours peuvent encore être affinées pour rassurer l'ensemble des acteurs », a ajouté le porte-parole qui a appelé la Ceni à apporter des diligences dans la prise en compte du comptage manuel des résultats du scrutin.

Benewendé Sankara et ses camarades de la mouvance présidentielle ont ainsi réitéré leur volonté à contribuer à tout dialogue visant « une bonne finalisation » du processus engagé et réaffirmé leur ferme engagement « à œuvrer, de concert avec tous les acteurs, au respect du verdict des urnes et la légalité républicaine.

Babacar Diagne demande à la Ceni à davantage communiquer

Le président du Conseil national de régulation de l'audiovisuel (Cnra) du Sénégal, Babacar Diagne, par ailleurs vice-président de la Plateforme des régulateurs de l'Uemoa et de la Guinée, a appelé la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) du Burkina à davantage communiquer pour montrer que le processus électoral a été transparent. Présent à Ouagadougou dans le cadre du double scrutin présidentiel et législatif, il a apprécié le déroulement du vote.

« Le processus électoral s'est globalement bien passé, en dépit du fait que le vote n'a pas eu lieu dans certaines zones du pays », a-t-il confié, indiquant qu'à 6h, le jour du vote, plus de 70 % des bureaux étaient ouverts. À en croire M. Diagne, le message de la Ceni doit porter sur les raisons qui ont fait que le scrutin n'a pas été organisé dans certaines zones à cause du contexte sécuritaire.

Dans la même perspective, il a estimé que les parties prenantes doivent privilégier le dialogue. Sur le contenu médiatique durant les élections, le président du Cnra a relevé que la plupart des messages émis par les acteurs « renforcent les principes de la démocratie ». À ce titre, il a magnifié la « responsabilité » des médias dans le traitement de l'information, même s'il pense qu'il est possible d'améliorer les choses, en particulier la formation.

La Codel offre sa médiation

Pour préserver le climat de paix et de confiance, la Convention des organisations de la société civile pour l'observation domestique des élections (Codel) du Burkina est prête à rencontrer tous les acteurs politiques. Elle l'a fait savoir hier au cours d'un bilan du double scrutin présidentiel et législatif tenu dimanche dernier.

La Convention des organisations de la société civile pour l'observation domestique des élections (Codel) du Burkina Faso offre sa médiation aux acteurs politiques aussi bien du pouvoir que de l'opposition burkinabè.

« Nous croyons à leur patriotisme et à leur citoyenneté », a déclaré, hier, Me Halidou Ouédraogo, président de la Codel, la plus grande organisation de la société civile. Au cours d'une conférence de presse, il a assuré suivre l'évolution de la situation avec attention. À cet égard, il a promis que la Codel ira à la rencontre des acteurs du jeu politique pour la préservation du « climat de paix et de confiance ».

Au sujet des dysfonctionnements relevés par l'opposition, Mme Lydia Zanga, secrétaire exécutive de la Codel, a demandé aux acteurs de suivre les voies de recours légales. Durant ce double scrutin, la Codel, a-t-elle informé, a déployé 3800 observateurs sur l'ensemble du territoire national. Faisant le bilan du déroulement du vote, Mme Zanga a relevé plusieurs couacs dans le processus. Il s'agit, selon elle, de la non-disponibilité du matériel électoral, de l'absence ou l'arrivée tardive des forces de sécurité dans certains bureaux de vote, etc.

Pour la secrétaire exécutive de la Codel, sur plus de 40 alertes, 90 % ont été résolus par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Appréciant globalement le processus, cette organisation de la société civile se félicite de la tenue effective de ce double scrutin dans « un contexte sécuritaire, humanitaire et sanitaire».

Par conséquent, elle invite l'opposition qui a retiré ses commissaires des travaux de la Ceni « à poursuivre son travail de compilation dans la sérénité et dans le respect des délais fixés dans le Code électoral ». La Codel appelle aussi tous les partis politiques et candidats à la présidentielle et aux législatives à respecter les engagements pris dans le pacte de bonne conduite.

Plus de: Le Soleil

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