Sénégal: Dakar - Ali Saleh Diop appelle à la modernisation du secteur de l'élevage

25 Novembre 2020

Le nouveau ministre de l'Élevage et des Productions animales s'est rendu, hier, à la Société de gestion des abattoirs du Sénégal (Sogas) et aux fora de Diamaguène, puis de Rufisque. Après avoir pris contact avec les acteurs, Ali Saleh Diop s'est engagé à tout faire pour la modernisation du secteur d'ici à 2035.

La Société de gestion des abattoirs du Sénégal a accueilli, hier, le ministre de l'Élevage et des Productions animales. Une visite faite dans la sobriété.

Ali Saleh Diop tâtait le pouls de la filière viande. Accompagné de l'inspecteur vétérinaire et du directeur de la Sogas, il a démarré sa visite par les chambres froides où la climatisation tourne à plein régime.

Des carcasses de bovins dégoulinant de sang sont suspendues à des crochets coulissants. Toute une logistique est fixée au plafond. C'est un système d'acheminement des bêtes du piège à bascule à ce lieu de conservation.

La délégation du ministre a marqué un temps d'arrêt devant le pont à abattre où de nombreux bœufs sont alignés en file indienne à l'aide de garde-fous en fer. Ali Saleh Diop a assisté à l'abattage des bêtes.

Le procédé respecte les normes édictées par la religion musulmane. Le piège à bascule est orienté en direction de la Kaaba.

À l'aide d'une dague tenue d'une main ferme, le sacrificateur procède à une mise à mort éclair. Dans une autre pièce à l'opposé, des porcs sont également abattus par d'autres préposés à l'abattage.

Le ministre s'est félicité de la gestion de cette société à intérêt public mais géré par le privé. La Sogas est détenue à 30 % par des particuliers, notamment des éleveurs et des chevillards. M. Diop s'est aussi réjoui du travail accompli et des efforts consentis par la direction de la Sogas pour fournir un meilleur service.

Il a invité ses dirigeants à accompagner son équipe pour l'intérêt de la Nation. « Nous devons instaurer un cadre d'échanges, afin que toutes les préoccupations de la filière soient prises en compte.

Je suis disposé à travailler avec vous pour que les véritables problèmes puissent être identifiés et résolus de manière consensuelle », a-t-il déclaré.

Chapelet de doléances

La venue du ministre de l'Élevage a permis aux acteurs du sous-secteur de l'élevage d'exposer leurs difficultés. Bassirou Niang, président du Regroupement des professionnels des abattoirs du Sénégal, a souligné des contraintes techniques qui ralentissent leurs activités. « La conservation du produit dans les chambre froides pose problème en période de canicule.

Nous subissons également des pannes récurrentes qui, des fois, nous obligent à arrêter le travail », a-t-il déclaré. En fait, les bâtiments de la Sogas sont assez décrépis. Le temps les a marqués à coup de fissures et de rouille.

La visite d'Ali Saleh Diop s'est poursuivie au foirail de Diamaguène Sicap-Mbao. Les éleveurs l'ont accueilli avec enthousiasme.

Entre bétails et meules de foin, la délégation a fait le tour de ce point important dans la chaîne d'approvisionnement en viande de la capitale. Sans tarder, elle a terminé sa tournée au foirail de Rufisque. Ici, le ministre de l'Élevage a été honorablement accueilli comme ce fut le cas au foirail de Diamaguène.

Cependant, les éleveurs n'ont pas manqué de dresser une liste de doléances dans l'espoir de trouver des solutions. Il s'agit spécialement de l'accès au crédit.

Les pasteurs ont demandé l'intercession d'Ali Saleh Diop à l'endroit des établissements financiers pour un report des échéances des paiements. « Il y a eu des conjonctures qui ont fait que la Tabaski passée, il y avait une mévente.

En plus de cela, le cheptel convoyé de la Mauritanie et du Mali est arrivé en retard avec beaucoup d'animaux qui sont morts par la suite », ont-ils affirmé. Profitant de l'oreille attentive du ministre et de ses collaborateurs, Adama Bâ a sollicité un espace plus adapté à leur activité.

Il a rappelé qu'ils occupent la zone qui leur sert de foirail par défaut et de façon précaire. « Nous demandons également à avoir un magasin de stockage des aliments de bétail », a-t-il ajouté.

Le ministre a rassuré les éleveurs et l'ensemble des acteurs. Il les a invités également à se rapprocher de lui pour suivre tous ces dossiers. « Avec mon équipe, j'ai fait le tour des foras de Dakar parce que dans la démarche que nous comptons mettre en œuvre, ces lieux occupent une position centrale.

La visite m'a permis d'inviter les acteurs à identifier les priorités et esquisser des solutions qui nous permettront d'aller de l'avant », a-t-il déclaré. Selon lui, il faut moderniser l'élevage et les productions animales d'ici à 2035 comme il a été décliné dans le Plan Sénégal émergent.

« Il nous faut aller dans le sens d'accroître la productivité. Nous devons faire en sorte que les acteurs aient les outils nécessaires pour cela », a précisé Ali Saleh Diop, rappelant que cela doit se faire dans l'inclusion, gage d'un consensus fort entre les différentes parties du sous-secteur.

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