Afrique: Prix Les Afriques 2020 - Le verdict, ce 27 novembre !

Le gagnant du Prix Les Afriques 2020 sera connu demain. Il sera extirpé d'un peloton de cinq finalistes, parmi lesquels l'écrivaine camerounaise, Léonora Miano, « Rouge impératrice » publié aux Editions Grasset. Les quatre autres prétendants au titre étant le Malgache Johary Ravaloson avec « Amour, patrie et soupe de crabes », (Editions Dodo Vole) ; la Nigériane Ayòbámi Adébáyò avec « Reste avec moi » (Editions Charleston) ; la Jamaïcaine Sara Collins avec « Les Confessions de Frannie Langton » (Editions Belfond) ; et l'Ougandaise Jennifer Makumbi avec « Kintu » (Editions Métailié).

Le Prix Les Afriques sera remis demain, 27 novembre, et mettra ainsi fin à la course à la succession du Nigérian Elnathan John, lauréat 2019. En rappel, le Prix Les Afriques décerné depuis 2016 par le Cercle des amis des écrivains noirs (CENE littéraire) distingue un auteur africain ou afro-descendant, auteur d'une fiction défendant une cause humaine, sociétale, idéologique, politique, culturelle, économique ou historique en lien avec l'Afrique ou sa diaspora. Il veut donner plus de visibilité aux auteurs du continent, tout en reconnaissant l'affirmation et l'humanisme de leurs œuvres. Flore Agnès Nda Zoa, présidente de La CENE littéraire, s'épanche sur les contours de cette édition 2020, dans un entretien avec CT.

La remise du Prix Les Afriques 2020 décerné par la CENE Littéraire est imminente. Comment le jury a-t-il travaillé dans ce contexte difficile lié à la pandémie de la Covid-19 et quelles sont les difficultés auxquelles la CENE Littéraire a fait face cette année, notamment par rapport au confinement ?

Le jury de la CENE Littéraire est international, dans ce sens que ses membres sont issus et vivent dans des pays différents. Ils ont toujours travaillé à distance, ce qui implique que la situation sanitaire actuelle n'a eu aucun impact sur leur fonctionnement. Ils ont lu les livres des candidats et délibéré comme d'habitude. C'est surtout en Europe que nos activités ont été ralenties à cause des mesures draconiennes prises par certains Etats occidentaux. Nous n'avons pas pu y organiser de Café littéraire en 2020. Nous ne pourrons pas non plus remettre notre Prix littéraire 2020 à Genève comme nous le faisons chaque année. Cela se passera online. Par contre, nous avons redoublé d'ardeur sur le continent africain cette année 2020, en organisant des dizaines de cafés littéraires au Cameroun, au Sénégal, au Tchad, au Benin et dans quelques semaines au Togo, au Congo et en RDC. Grâce à ces Cafés littéraires, nous avons distribué gratuitement 5000 romans de notre lauréat 2019 (Elnathan John - Nigérian- « Né un mardi »).

Les finalistes de cette édition 2020 se recrutent parmi des écrivains polyvalents, issus de diverses parties du continent. En quoi cette sélection correspond à votre volonté de défendre une cause en lien avec l'Afrique ou sa diaspora ?

Nous ne présélectionnons que des romans qui répondent aux critères de fond que défend notre association. Tous les romans de la présélection 2020, remplissent ces critères. Ils ont tous été chroniqués. En lisant ces chroniques, vous saisirez facilement pour quelle raison ils ont été choisis.

En cinq ans, votre politique de promotion d'auteurs africains a-t-elle porté du fruit ? On a tout de même le sentiment que les lauréats et autres nommés sont pour la plupart issus de la diaspora africaine aux dépens des auteurs africains vivant en Afrique...

En premier lieu, les maisons d'éditions africaines doivent prendre leurs responsabilités en proposant les candidatures de leurs écrivains. Elles ont l'information, mais nous ne recevons que très peu de candidatures venant du continent. Nous ne pouvons pas faire ce travail à leur place, les parutions étant très peu médiatisées contrairement à ce qui se passe en Occident. Lorsque nous recevons une demande venant du continent, nous l'acceptons immédiatement. Par exemple cette année, nous avons eu « Hadja Binta » de Badiadji Horretowdo paru chez Proximité. La qualité de l'édition s'améliorant en Afrique, nous espérons qu'un auteur issu du continent gagnera bientôt notre prix.

Par ailleurs, 5000 livres d'un auteur africain (Elnathan John) ont été lus et discutés en une année seulement par la jeunesse du continent. C'est inédit. En règle générale, les jeunes du continent n'entendent parler des prix littéraires récompensant les écrivains africains que dans les médias. Nous avons changé la donne, nous leur avons permis de lire les leurs. Hormis les livres prévus dans des programmes scolaires, cela ne s'est jamais vu en Afrique. C'est une petite révolution dans le milieu littéraire africain. Enfin, tous les livres que nous avons distribués cette année ont été imprimés en Afrique, ce qui constitue un coup de pouce concret pour le marché de l'imprimerie local. Sans oublier que nous engageons des animateurs culturels sur le terrain et créons ainsi de l'emploi sur place.

Quelles sont les perspectives qu'offre le concept baptisé « La Résidence Les Afriques » aux auteurs du continent et aux autres ?

La résidence Les Afriques est un espace création littéraire qui accueille tout au long de l'année à Yaoundé au Cameroun, des écrivains pour une durée allant de deux à cinq mois. Nous offrons une bourse de 1500 euros par mois de résidence. C'est notre contribution pour stimuler la créativité des auteurs africains en favorisant leur retour aux sources notamment.

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