Congo-Brazzaville: Transport aérien - Les députés exhortent le gouvernement à régler le dossier « ECAir »

L'Assemblée nationale a autorisé, le 24 novembre, la ratification des accords entre le Congo et le Cap-Vert, le Bénin et le Togo dans le domaine de la navigation aérienne. Une occasion pour les députés d'interpeller le gouvernement sur la relance des activités de la compagnie Equatorial Congo Airlines « ECAir » qui a mis la clé sous le paillasson depuis près de quatre ans.

Saisissant cette occasion, les députés ont interpellé la ministre en charge des Transports, Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas sur la situation actuelle d'Equatorial Congo Airlines (ECAir) en faillite depuis quelques années. C'est le cas du député Raymond Isaac Follo qui a déploré les conditions dans lesquelles un Airbus d'ECAir est cloué sur le tarmac de l'aéroport d'Addis-Abeba. « La société ECAir dispose de combien d'avions et où se trouvent-ils ? Quand vous arrivez par l'aéroport d'Addis-Abeba, il y a sur le tarmac un appareil de la compagnie ECAir abandonné. C'est un spectacle désolant, cet appareil est à l'air libre, même pas au centre de maintenance », a-t-il détaillé.

Abondant dans le même sens, Jean Jaurès Ondélé a exhorté le gouvernement à accélérer le dossier d'ECAir afin de doter le pays d'une compagnie aérienne nationale. « Je constate que sur le dossier d'ECAir, le gouvernement se hâte très lentement. Tout le monde sait que cette compagnie a mis la clé sous le paillasson depuis plus de deux ans. Mais, une compagnie nationale est un instrument de souveraineté. Nous signons les accords par rapport à la santé de notre pays sur le plan international. Si nous n'avons pas de compagnie nationale, à quoi sert de signer ce type d'accords ? », s'est-il interrogé.

Répondant aux préoccupations des députés, la ministre en charge des Transports, de l'Aviation civile et de la Marine marchande a indiqué que la société ECAir dispose de sept avions dont six Airbus et un Beechcraft. Selon Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, sur les six Airbus, quatre sont en maintenance dont deux à Addis-Abeba et deux autres à Johannesburg. Quant aux deux se trouvant à Bruxelles, ils sont dans un état de non-navigabilité. L'option retenue consiste à vendre les deux appareils en pièces détachées. Quant au septième appareil, il se trouve au Congo. « Le fait que nos deux Airbus soient à l'extérieur n'est pas le signe d'un abandon », a-t-elle indiqué, précisant que le souci majeur était l'absence de paiement par le Congo de la facture inhérente aux services de réparation.

Doter le pays d'une compagnie capable de faire face à ses charges

S'agissant de la reprise des activités de la société ECAir, elle a rappelé que les résultats des travaux de la commission interne mise en place ont été transmis au Premier ministre. Le chef du gouvernement a, en effet, installé le comité interministériel qui a travaillé sur la perspective d'assainir le secteur aérien d'une manière générale. Ce qui a abouti à une note confidentielle remise au président de la République. « L'idéal est d'avoir une compagnie aérienne qui, par sa propre exploitation, est en capacité de faire face à ses charges, à ses dépenses. Une société qui ne doit pas forcement être sous perfusion du gouvernement ou des ressources publiques. Mais, nous notons qu'il faut absolument accélérer le dossier ECAir afin que les Congolais retrouvent la fierté de voir leur fanion national survoler le continent et d'autres cieux », a conclu Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, promettant de donner de plus amples informations lors d'une éventuelle séance de questions orales avec débats au gouvernement.

Notons que les trois projets de loi approuvés par l'Assemblée nationale offrent un certain nombre de possibilités d'exploitation des services aériens entre les différentes parties contractantes. Ces ratifications viennent conforter, à en croire le gouvernement, sa volonté d'harmoniser l'exploitation des transports aériens conformément aux recommandations de l'Organisation de l'aviation civile internationale. La plénière a été dirigée par le 1er vice-président de la chambre basse du Parlement, Léon Alfred Opimbat.

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