Sénégal: Birahim Seck, coordonnateur du Forum Civil sur les accords de pêche - « Il serait important de prendre connaissance de la disponibilité de la ressource avant de... »

26 Novembre 2020

Le Forum civil trouve incongru de signer de nouveaux accords de pêche alors qu'aucun état de disponibilité des ressources halieutiques actualisé n'est été fait. «Nous pensons sérieusement qu'il serait important de prendre connaissance de la disponibilité de la ressource avant de signer les accords ou renouveler les licences de pêche», a fulminé le coordonnateur du Forum civil, section Sénégalaise, Birahim Seck.

De ces rapports ambigus avec l'Union européenne (Ue) dans les ressources halieutiques, il estime nécessaire à l'Etat du Sénégal de faire l'économie de son potentiel halieutique avant de faire quoi que soit.

Ainsi pour lui: «Tout part de la disponibilité de la ressource. Seulement, aujourd'hui, la recherche ne permet pas d'avoir les éléments nouveaux sur la disponibilité du stock du Sénégal en matière de pêche. Donc, la transparence voudrait déjà que l'Etat du Sénégal puisse financer sa propre recherche pour avoir de nouvelles données nous permettant de savoir si on doit ou pas délivrer les licences de pêche».

Cette imprudence lui fera décrier l'absence de transparence dans la gestion des ressources halieutiques. Selon lui, ce manque de transparence amène les autorités «à signer des licences ou accords hors toute transparence», a-t-il regretté. Il rajoutera : «Il appartient au gouvernement du Sénégal de communiquer sur les conditions qui l'ont amené à signer ces accords de pêche ou à délivrer des licences».

Dénonçant ce manque de transparence, il rappelle ceci: «Depuis plusieurs mois, le Forum civil ne cesse de demander la publication de la liste de tous les bateaux qui pêchent dans nos eaux. Ce que le ministère tarde encore à faire, pour quel motif nous ne saurions le dire». Sur le dernier accord avec les armateurs de l'Ue, il dira: «Nous dénonçons le mutisme du gouvernement à communiquer sur cela. Et c'est l'Ue qui a sorti un communiqué pour éclairer l'opinion alors qu'elle n'était nullement obligée à le faire». Donc, ceci pose fondamentalement le problème de la «transparence et surtout celui du respect de l'article 25 de la Constitution qui dit clairement que les ressources naturelles appartiennent au peuple».

Par conséquent, elles (ressources) appartiennent aux citoyens (droit de propriété). A partir de ce moment «aucune instance n'a le droit d'accorder des droits à qui que soit sans le citoyen ne soit informé... », a-t-il clamé. Enfin, aux acteurs nationaux, il dira: «Nous lançons un appel solennel au président de la République à faire adhérer le Sénégal à la Fisheries Transparency Initiative (Fiti) et aux acteurs de la pêche de taire leurs querelles inutiles pour se consacrer à la préservation de la ressource».

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