Ethiopie: Une guerre à huis clos dans le Tigré fait craindre une crise humanitaire

Les communautés internationales et organisations humanitaires tirent la sonnette d'alarme sur la crise humanitaire en gestation dans le Tigré.

Dans un communiqué, le CICR s'alarme de « l'escalade des hostilités dans la province du Tigré et le nord de l'Ethiopie qui cause d'énormes souffrances et risque de dégénérer en une crise humanitaire de grande ampleur ». Le comité fait état d'énormes besoins en fournitures médicales et d'aide humanitaire. Des milliers de personnes se sont réfugiées au Soudan, en quête de sécurité, et d'autres font partie des déplacés à l'intérieur de l'Ethiopie.

La perspective d'un assaut militaire contre Mekele, la capitale du Tigré, inquiète la communauté internationale et la cheffe du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Michelle Bachelet. Cette dernière fait état « d'une forte accumulation de chars et d'artillerie autour de Mekele », après l'ultimatum de 72 heures lancé par le gouvernement éthiopien.

Elle implore toutes les parties « de répondre positivement aux tentatives de dialogue et de garantir un accès sans entrave à l'aide humanitaire pour ceux qui en ont si désespérément besoin, ainsi que la protection et la sécurité des travailleurs humanitaires ». L'ONU se prépare à un afflux massif de réfugiés éthiopiens au Soudan.

Les communications sont coupées dans le Tigré, semant la panique et empêchant de mieux cerner les besoins. Au fur et à mesure que les combats se poursuivent, on voit se développer une crise humanitaire catastrophique sur le territoire éthiopien et de l'autre côté des frontières. Cette crise a ainsi provoqué une rupture de la chaîne d'approvisionnement en médicaments courants et consommables médicaux.

La semaine dernière, trois ambulances de la Croix-Rouge ont subi des attaques, obligeant celle-ci à publier une déclaration appelant au respect et à la protection de son emblème et qu'il ne soit pas fait obstacle à l'action de ses volontaires et ses employés.

Le conflit du Tigré, une province dissidente du nord de l' Ethiopie a plongé 2,3 millions d'enfants en besoin d'aide d'urgence, selon l'Unicef. Des milliers d'autres se sont réfugiés soit dans des camps - en situation précaire- au Soudan, soit se sont déplacés à l'intérieur de l'Ethiopie. C'est une guerre qui se déroule et s'intensifie à huis clos. Des centaines de personnes ont été tuées et selon les autorités soudanaises, 36 000 ont franchi la frontière pour se réfugier au Soudan voisin. « Le blackout sur les communications et les restrictions imposées aux déplacements dans la région du Tigré, empêchent d'atteindre quelque 2,3 millions d'enfants qui ont besoin d'assistance humanitaire », a indiqué la cheffe de l'Unicef, Henrietta Fore.

Le lancement des opérations militaires par le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, contre le Front de libération des peuples du Tigré, qui dirige la région et défie l'autorité du gouvernement fédéral, a démarré le 4 novembre dernier.

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