Cote d'Ivoire: Kouyaté Abdoulaye - « Le Président Ouattara est un homme de paix »

25 Novembre 2020
interview

Le député de Lakota, par ailleurs Président de l'Union des Enseignants RHDP a échangé, le mardi 24 Novembre, avec des journalistes de la presse nationale. Le député de Lakota, par ailleurs Président de l'Union des Enseignants RHDP a échangé, le mardi 24 Novembre, avec des journalistes de la presse nationale.

Monsieur le Député, quel est le climat qui a prévalu le jour du vote, dans votre département ? Et quels sont les résultats qui sont sortis de ce scrutin ?

Pour cette élection présidentielle, Lakota, il faut le dire, était considéré comme une zone rouge, au regard d'un passé relativement récent. Mais, comparativement à 2018, c'est un climat de paix qui a prévalu. Cela a commencé depuis le 8 août 2020, date à laquelle monsieur le maire (Samy Merhy Ndlr.) et moi, avons fait une caravane après l'annonce de la candidature du Président de la République. Cela a contribué à décrisper l'atmosphère qui était un peu délétère. A partir de ce jour-là, mon jeune frère (le maire Samy Merhy) et moi, nous nous sommes accordés, à tout faire ensemble. Nous avons reçu dans un premier temps, le ministre d'Etat, Patrick Achi. Nous avons ensuite préparé ensemble, le lancement de notre campagne, le 17 Octobre. Le lancement a été fait par madame le ministre Kandia Camara. On pouvait compter ce jour-là, plus de 10 000 personnes, qui y ont pris part. Tous les cadres de la région du Lôh Djiboua était présents. Le Président de l'Assemblée nationale, Amadou Soumahoro a également réhaussé de sa présence, la cérémonie. Tout cela a contribué à apaiser le climat social. Ensemble, le maire et moi, avons rencontré les jeunes des différents partis politiques. Nous leur avons parlé. Nous avons ensuite, rencontré les femmes, les chefs traditionnels, les chefs de communauté et nous avons mené ensemble, la campagne. Nous avons sillonné tout le département ensemble. Ce qui était rare, dans un passé récent. Naturellement, il y a eu quelques petites velléités, qui ont été très vite circonscrites. Mais dans l'ensemble, les élections se sont passées dans la tranquillité. A preuve, nous avons enregistré un taux de participation que Lakota n'a jamais eu. A savoir, 58,38%. Même en 2010, nous n'avons pas atteint ce taux de participation. Et notre candidat a eu 94,06% des voix. Jamais un candidat n'avait enregistré ce taux de participation. Cela montre que le climat était véritablement apaisé, au regard des idées reçues, qui faisaient de Lakota, une zone rouge. En tout cas, les choses se sont très bien passées pour notre bonheur. Je voudrais remercier pour cela, la jeunesse de Lakota pour sa maturité. Nous comptons continuer en tout cas, sur cette lancée. Car, ce qui prévaut, c'est l'intérêt de notre département, c'est le développement de notre département. Ce que le Président Alassane Ouattara a fait en 10 ans, jamais, cela n'a été fait à Lakota. Infrastructures routière, scolaires, sanitaires, électrification des villages, adduction en eau potable... La liste est longue. Très bientôt, nous allons bénéficier de 6 à 7 km de bitume, à l'intérieur de la commune. A Zikisso, il y aura 4 à 5 km de bitume. Il y a au moins 11 à 12 collèges de proximité prévus dans le département. Je crois que lorsque les perspectives sont bonnes, cela contribue à apaiser les cœurs. Tout cela a contribué à mener une campagne civilisée. Nous avons prôné la paix, pour faire prévaloir les intérêts de Lakota. Il ne sert à rien de détruire tout ce que nous avons construit, à l'occasion d'une campagne. Les perspectives sont bonnes en termes d'infrastructures scolaires, sanitaires, routières. Il est évident quand vous prônez ces perspectives-là aux populations, cela contribue à apaiser les cœurs.

Cette présidentielle a été précédée de plusieurs mouvements de rue, qui ont fait de nombreux morts suite au mot d'ordre de désobéissance civile lancé par l'opposition. Quel commentaire en faites-vous ? Et que pensez-vous des revendications de l'opposition ?

Je comprends difficilement cette attitude. Je me pose des questions. Je le dis, depuis les indépendances jusqu'à ce jour, tous les cinq ans, il y a eu des élections, même quand le président Félix Houphouët-Boigny était au pouvoir. Sous le parti unique, tous les cinq ans, il y a eu des élections. Il était certes candidat unique, mais les élections se tenaient tous les cinq ans. Tout simplement pour respecter l'ordre constitutionnel. Si de 1960 à 1990, il y a eu des élections sous la gouvernance du parti unique, tout le monde sait que dans un contexte démocratique, depuis 2010, il y aura des élections tous les cinq ans. Donc, si vous avez des ambitions, vous vous préparez en conséquence. Aujourd'hui, nous sommes en 2020 et tout le monde sait qu'en 2025, il y aura des élections. Dans ce cas, on se prépare. Avec la nouvelle Constitution de 2016, tout le monde savait donc que la présidentielle se tiendrait le dernier samedi du mois d'octobre de la cinquième année du mandat du Président de la République. C'est pourquoi, je ne comprends pas l'attitude de l'opposition qui, après avoir régulièrement déposé sa candidature auprès de la Commission électorale indépendante, refuse d'aller aux élections. Qu'est-ce qu'il y avait derrière cela ? Quand on ne reconnait pas la légalité et la légitimité d'une institution, on n'y dépose pas ses dossiers. C'est une question de logique pour moi. L'opposition a bel et bien déposé les dossiers de ses candidats auprès de la CEI, qui les a transmis ainsi que toutes les autres candidatures au Conseil constitutionnel. Cette institution a arrêté la liste définitive des candidats. Ceux qui devaient être retenus l'ont été, et ceux qui ne devaient pas être retenus ne l'ont pas été. C'est la juridiction suprême du pays, en matière d'élection. Dès lors que cela a été fait, on se soumet et on va aux élections. Si l'opposition pense qu'elle est majoritaire, elle est censée avoir un leader. Pourquoi cette opposition ne se ligue-t-elle pas derrière ce leader, si elle pense qu'elle est majoritaire, pour battre le Président Ouattara. Pourquoi ne l'a-t-elle pas fait ? Après avoir déposé sa candidature, cette opposition se rebiffe et refuse d'aller aux élections. Comment peut-on aspirer à gérer un pays sans aller aux élections ? Je ne le comprends pas. Juste après les élections, une structure, le CNT (Conseil national de transition), est mise en place. Cela heurte la morale politique nationale et internationale. Vous n'êtes pas allés aux élections et vous voulez être Chef de l'Etat. La réalité, c'est que cette opposition n'a pas préparé les élections. Or le RHDP a préparé les élections, depuis l'identification jusqu'au contentieux électoral. Et tout le monde le sait. Quand il s'est agi de donner aux nouveaux majeurs les pièces d'identité, le RHDP s'est organisé pour effectuer des missions à l'intérieur du pays pour faire en sorte que le maximum de ses militants et sympathisants aient leurs certificats de nationalité afin de pouvoir obtenir leur carte nationale d'identité. Inciter les militants du parti à aller se faire enrôler. Toutes les étapes ont donc été minutieusement préparées par le Rhdp. Chose que l'opposition n'a pas préparée. Si, comme je le disais tantôt, et à dessin, tout le monde sait que tous les cinq, il va y avoir élection. Et vous, vous ne vous préparez pas, quelle idée avez-vous alors derrière la tête ? On comprend donc que cette question de Conseil national de transition n'est pas spontanée. Cela a été rondement préparé. Alors, nous ne comprendrons pas. C'est vraiment dommage qu'on lance un mot d'ordre de boycott actif, une désobéissance civile. Malheureusement comme je le dis, ceux qui lancent ce boycott actif, cette désobéissance civile, ne sont pas au-devant de la scène. Ce ne sont pas leurs enfants qui viennent au front. Ce ne sont pas leurs enfants qui vont dans les forêts pour abattre les arbres. Leurs enfants sont au frais dans les grandes universités mondiales, leurs enfants sont protégés. Ceux qui sont en Europe, aux Etats-Unis, en Angleterre et partout en train de lancer des mots d'ordre de désobéissance civile, eux, ils sont à l'abri, dans la sécurité, leurs enfants ne risque absolument rien. Ce sont les enfants des autres qu'on expose. Mais, qui est responsable de ces morts ? C'est bel et bien l'opposition parce que c'est elle qui a lancé ce mot d'ordre de boycott actif et la désobéissance civile. C'est elle qui est donc responsable. En tout cas, nous ne comprenons pas. Il faudra qu'en Côte d'Ivoire et en Afrique d'une manière générale nous soyons matures. Il faut absolument que nous soyons matures. Tout le monde sait que nous sommes en 2020 et qu'en 2025, il y aura des élections. Celui qui a des ambitions doit se préparer dès maintenant parce que vous savez que quoi qu'il en soit, selon le respect de l'ordre constitutionnel, se tiendront des élections présidentielles en 2025. Alors qu'on s'apprête. En tout cas, les raccourcis ne devraient plus passer dans le monde où la démocratie doit prévaloir. Je trouve qu'on a exposé la vie des gens. Et puis, quand on pousse les enfants des autres à aller dans les rues et à aller se faire blesser ou bien se faire tuer mais qui sont ceux qui s'occupent de ceux-là ? Ce sont leurs parents. Vous ne voyez aucun commanditaire aller porter assistance à ces personnes-là. On vient tout simplement pour faire de la parade pour faire les funérailles pour jouer sur la corde sensible de la communauté nationale et internationale et puis après on disparaît. Les frais médicaux sont pris en charge par les parents. C'est vraiment dommage. Il faut que nous soyons matures. On peut faire des élections sans qu'il y ait des morts d'homme. Sinon, en 2015, il y a eu des élections qui se sont très bien passées. Il n'y a pas eu mort d'homme. Ce qui veut dire que ce n'est pas une fatalité et qu'en Afrique, il y a des élections sans qu'il y ait mort d'homme. Au Burkina Faso, le 22 novembre dernier, il y a eu des élections mais il n'y a pas eu de morts. Ce n'est donc pas une fatalité que chaque fois qu'il y a des élections, il doit avoir mort d'homme. Non, ce n'est pas une fatalité ! Nous-mêmes, nous avons fait l'expérience en 2015, le Burkina vient de faire l'expérience. Au Ghana, on fait des élections sans qu'il y ait des morts d'homme. Cela est donc possible. Il faut que nous soyons matures et comprenions que ce qui prévaut aujourd'hui, c'est l'ordre démocratique.

Plusieurs hommes politiques ivoiriens sont actuellement en prison, avec parmi eux, certains de vos collègues députés et sénateurs, et même des présidents de groupes parlementaires. Que répondez-vous à Amnesty international qui demande leur mise en liberté sans condition ?

Vous savez, il y a des questions qui, moi personnellement me gênent. Cela signifie que les 80 personnes décédées, c'est en perte et profit. L'opposition lance un mot d'ordre de boycott actif, une désobéissance civile. Désobéissance civile, si je comprends bien le terme de civil, il y a civisme. Donc il y a respect des droits de l'autre. Autant je dis que pour me faire valoir je ne vais pas aux élections mais autant je laisse à l'autre le droit d'aller aux élections. Au nom de quelle logique tu empêches l'autre d'aller aux élections ? Est-ce que ce sont les hommes du pouvoir, c'est le Rhdp qui a abattu les arbres sur les routes puis il y a eu morts d'homme ? Voyez par exemple, je crois bien que c'est dans le département du Moronou. On a abattu un arbre dans la nuit et un car qui venait n'a pas vu cet obstacle, il y a un accident et 34 personnes sont blessées. Dans la région du N'zi, ils ont abattu un arbre et une femme qui était en travail, la route étant barrée, elle n'a pu être évacuée dans un hôpital approprié et elle est morte malheureusement. Qui est responsable de ça ? Si je ne m'abuse, c'est l'opposition. Alors, qui sont ceux qui ont lancé des mots d'ordre de boycott actif et de désobéissance civile ? Il y a Affi N'guessan, il y a le professeur Guikahué et toute la classe du Pdci. A partir de cet instant, il y a bien un responsable, un commanditaire. Est-ce que la Côte d'Ivoire doit s'inscrire longuement dans l'impunité ? Est-ce que Amnesty international cautionne l'impunité. Si les intentions d'Amnesty international c'est de cautionner l'impunité, quels sont leurs objectifs. Non je ne partage pas cela. S'il y a un crime, il faut que le coupable soit jugé. Il appartiendra au chef de l'Etat de faire une amnistie, comme il l'a fait pour les 800 personnes.

Il appartiendra au chef de l'Etat de gracier ces personnes. Mais il faut que la justice soit rendue. Il y a bien des responsables, en ce qui concerne ce boycott actif et cette désobéissance civile. Les responsables, ce sont bel et bien l'opposition. Notamment Affi N'Guessan et le Professeur Maurice Kakou Guikahuié. Ce sont eux qui sont les premiers responsables. Il faut qu'ils répondent de leurs actes devant les juridictions compétentes. Non je ne partage pas ce point de vue avec Amnesty international parce qu'il faut que justice soit rendue. Parce que, la Côte d'Ivoire ne peut longtemps demeurer dans l'impunité. Est-ce que cela signifie que les 80 personnes qui ont été décédées sont des poulets qui sont morts. Ne sont-elles pas des êtres humains qui avaient droit à la vie. Qu'est ce qui est cher à Amnesty international, que le droit à la vie qui est constitutionnel. On tue des gens gratuitement et on dit de libérer les coupables, les supposés coupables. Je ne partage pas cet avis avec Amnesty international, ils ont leur raison, mais il y a bien des coupables. Un crime n'est jamais parfait. Je ne partage pas cela avec Amnesty international. Ils ont de bonnes raisons peut-être. Mais je ne partage pas cela parce qu'il y a bel et bien un coupable. Il faut détecter les coupables, vous avez constaté qu'à Dabou, il y a eu 16 personnes qui sont mortes. On a fait les funérailles de deux à trois personnes et les 14 et et 13 autres, ne sont-elles pas des humains. A Daoukro, combien de personnes sont mortes. Les funérailles de combien de personnes ont été faites, six à huit personnes. Les autres personnes décédées ne sont-elles pas des humains ?

Lors du Conseil politique du RHDP, le Président de la République a clairement annoncé sa volonté de repousser la date des législatives en vue d'un retour de l'opposition dans le jeu politique et certainement dans le prochain gouvernement. Quelle est votre analyse sur cette démarche ? Pensez-vous que cela est possible et serait une des pistes de retour de la paix dans le pays ?

Ce que je pourrais dire, malgré tout, le Président Ouattara est un homme de paix. Qu'on l'aime, qu'on ne l'aime pas, c'est un homme de paix. Quand vous regardez l'Afrique, au regard de ce que nous constatons aujourd'hui dans certains pays africains, le contexte ne serait pas le même. La preuve, on a vu la gestion du pouvoir des 2000 à 2010, en comparaison de la gestion du pouvoir de 2011 à 2020. Comment la Côte d'Ivoire était entre 2000 et 2010 ? Y avait-il la stabilité, la paix ? Est-ce qu'on s'est consacré véritablement au développement de notre pays ? Je dis non. Mais de 2011 à 2020, quelle a été la situation. Sur les 300 mille personnes qui sont parties en exil, plus de 95% d'entre elles, sont rentrées avec en prime des avantages. Yao N'Dré, ancien Président du Conseil constitutionnel est rentré, il enseigne à l'université. Le fils de Laurent Gbagbo, Michel Gbagbo est entré, il enseigne à l'université, Kadet Bertin est rentré, il enseigne à l'Ecole normale d'administration. Il a même eu une promotion. Il est chef de département. Tous ceux qui étaient en exil, qui étaient des fonctionnaires ou militaires qui sont rentrés, non seulement, ils ont eu droit à leur poste, mais ils ont eu un rappel de leur traitement. Dans d'autres pays, c'est la prison qui les aurait accueillis. Mais ici, le Président a pris une amnistie pour libérer 800 personnes, parmi lesquelles, l'ex-première Dame, Simone Gbagbo, l'ex-ministre d'État, ministre de la Défense, mon jeune oncle, Lida à Kouassi Moïse et plusieurs autres personnes. Le président Ouattara est un homme de paix. Qu'on le veuille ou pas, c'est un homme de paix. Et justement, c'est dans la logique de cela, comme les élections ont connu quelques soubresauts, qu'il a proposé au Conseil politique du Rhdp, de faire en sorte qu'il y ait un climat politique beaucoup plus apaisé, pour que l'opposition rentre dans le jeu démocratique. Parce qu'il n'y a de véritable démocratie que lorsqu'il y a compétition. Je ne vois pas un pays où on parle de démocratie s'il n'y a pas de compétition véritable. Donc, il serait bien que l'opposition saisisse cette perche pour participer aux prochaines élections législatives. Cela serait une bonne chose. Quoiqu'on dise, si vous perdez les élections présidentielles, les élections législatives sont là pour faire un rattrapage, pour vous permettre d'être au sein du deuxième pouvoir qui est l'Assemblée nationale. Cela, pour faire prévaloir vos idées. Maintenant, au niveau du gouvernement d'ouverture, le président de la République a son idée, mais je pense personnellement qu'un candidat est élu pour deux choses: la première, c'est que le candidat a présenté un projet de société qui trace les grandes lignes idéologiques de ce que le parti fera quand il sera au pouvoir. On peut parler de socialisme, de communisme, de libéralisme et même de social-démocrate. Le deuxième élément, c'est un programme de gouvernement. Vous faites un programme de gouvernement cohérent, pour voir dans chaque secteur, ce que le parti compte faire pour que les citoyens soient heureux, pour leur bien-être. Et cela, secteur par secteur. Au niveau de l'éducation, quels sont les projets pour que tous les enfants aillent à l'école ? Au niveau sanitaire, quel est le programme pour que tous les Ivoiriens se soignent correctement ? Au niveau des infrastructures routières, qu'est-ce qu'il faut pour que les personnes et les biens circulent. Ainsi de suite. Justement, quand le candidat est élu, c'est ce programme qui est appliqué. Il est évident que si vous n'avez pas participé à la conception et à l'élaboration de ce projet, vous n'avez pas votre place dans le gouvernement. On fait un gouvernement d'ouverture, quelqu'un y entre, on lui donne un ministère sensible, que fera-t-il ? Du reste, en Afrique-cela est su-, quand on fait un gouvernement d'ouverture, celui qui y entre ne vient pas pour appliquer le programme de gouvernement de celui qui a la gestion. Il vient tout simplement pour rendre compte à son leader et faire en sorte que dans le gouvernement dans lequel il travaille échoue pour qu'il en bénéficie. Maintenant, si cela peut contribuer à la paix sociale, tant mieux! Mais politiquement, je dirais même scientifiquement, voilà les objectifs qui obéissent à la conquête et à la gestion du pouvoir d'État. A savoir, un projet de société, un programme de gouvernement qui doit s'appliquer. Et on l'a vu. C'est parce que le président Ouattara a fait un projet de société cohérent depuis 2010, qu'on constate le progrès. Parce que tous les ministres qui sont nommés savent, sur les cinq ans, ce qu'il y a à faire. Mais si vous ne savez pas où vous allez...On dit qu'il n'y a jamais de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va. Si vous n'avez pas de ligne de conduite, de perspectives, de vision, il est évident que vous allez tourner en rond.

Nous allons maintenant évoquer l'Uerhdp dont vous êtes le président. Quelle est la part des enseignants du Rhdp dans la victoire écrasante du président Ouattara ? Et, pourriez-vous parler un peu de la stratégie que vous avez mise en place ?

Je peux vous dire la part de l'Uerhdp mais je ne vous dirai pas la stratégie puisque ce n'est pas encore terminé. Oui, notre structure a participé de façon active à ces élections. Parce que nous les avons préparées au préalable. Vous l'avez constaté avec nous, nous avons fait nos investitures pour mettre à la disposition des responsables politiques locaux, à savoir les régionaux, les départementaux, nos sections, nos coordinations. Ensuite, nous avons fait des formations à la citoyenneté, au processus électoral, à l'encadrement du citoyen, de façon générale. Et après, nous avons fait les grandes rencontres régionales. Il y a eu une rencontre à Daloa, une à Bouaké et une rencontre à Abidjan. Tout cela était autour d'un thème. Voilà les éléments qui nous ont permis de préparer nos bases. Et majoritairement, ce sont les enseignants, d'une manière générale, qui ont été choisis pour être les représentants de notre candidat dans tous les bureaux de vote. Nous avons fait nos investitures pour mettre à la disposition des responsables politiques locaux à savoir les régionaux, les départementaux, nos structures, nos sections, nos coordinations. Ensuite, nous avons fait des formations à l'occurrence formation à la citoyenneté, formation au processus électoral, formation à l'encadrement du citoyen de manière générale. Et après nous avons eu les grandes rencontres régionales. Il y a une rencontre à Daloa, à Bouaké et à Abidjan. Tout cela était fait autour d'un thème. Voilà les éléments qui nous ont permis de préparer nos bases. Majoritairement, ce sont les enseignants d'une manière générale qui ont été choisis pour être les représentants de notre candidat dans tous les bureaux de vote. Cela veut dire qu'en plus de l'encadrement, de la formation, de la mobilisation que nous avons pu faire, nos militants ont été majoritairement choisis pour être les représentants du candidat Alassane Ouattara dans les bureaux de vote. Ils ont joué pleinement leurs rôles. A Daloa, le ministre Touré Mamadou a amplement utilisé les enseignants où nous avons fait plusieurs séances de formation. A Oumé, à Korogho, même chez moi à Lakota, à Divo, les enseignants de l'Union Rhdp ont activement participé à ces élections. Nous avons participé entre 25 et 30 % à ces élections parce que c'est nous qui étions dans les bureaux de vote pour défendre les intérêts, c'est nous qui avons été brutalisé en tant que représentant du candidat, c'est nous qui avons sillonné les hameaux, et autres pour aller défendre les intérêts du Rhdp. Le Rhdp ne pouvait choisir que ses militants. Ses militants, ce sont les enseignants du Rhdp. Nous avons participé donc de façon active à cette victoire écrasante. On se rappelle encore, quand Dieu a rappelé à lui le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, nous avons fait une journée d'hommage à Bouaké. Après cette journée d'hommage, nous avons lancé un appel au Président Ouattara pour lui demander d'être candidat quand il ne s'était pas encore décidé à l'être. Les enseignants ont pris une part très active à cette victoire. Nous étions au courant de tout ce qui se passait sur le territoire national parce que nous sommes aujourd'hui 675 sections, à travers le pays avec 130 coordinations départementales.

Vous avez fait un travail et le résultat est là : une éclatante victoire. Maintenant qu'est-ce que les enseignants attendent du président de la République, Alassane Ouattara ?

Dans un premier temps, les enseignants attendent qu'il y ait suffisamment d'écoles primaires, de lycées et collèges, et d'universités pour qu'ils aient ce que j'appelle un paradis pédagogique. Ce qui signifie l'amélioration de leurs conditions de travail. Cela est important. Si nous avons, selon les normes internationales, dans votre classe 25 à 30 voire 45 élèves dans une salle de classe, cela est déjà une bonne chose. Cela passe par la construction des salles de classes, par le recrutement des enseignants. Tout le monde sait que l'école ivoirienne est la priorité des priorités. Pour les détracteurs du Président Ouattara, quand il venait en Côte d'Ivoire en 1988 en tant que président du Comité interministériel, du temps du Président Félix Houphouët-Boigny, et plus tard en tant que Premier ministre en 1990, il n'y avait qu'une seule université, d'abord. Deuxièmement, la construction massive des lycées et collèges s'était arrêtée entre les années 80 et 86. L'Etat ne construisait plus pratiquement de collèges et de lycées. Les collèges et lycées qui étaient construits, c'était des Mairies, des Conseils généraux et puis les partenaires techniques et financiers, mais, l'Etat n'en avait pas fait. Crise oblige. Mais quand le Président Alassane Ouattara est arrivé en 1990 en tant que Premier ministre, il a créé les universités Abobo-Adjamé à l'époque et l'Université de Bouaké, au niveau Supérieur. Au niveau du Secondaire, avec la Banque africaine de développement (Bad) il a institué la création des collèges Bad. Tous les ans, on devait construire cinq collèges Bad. En 1991 et 1992, il a eu cinq collèges par an. Cela faisait 10 collèges. Ce qui veut dire que la construction des infrastructures scolaires qui avait été arrêtée depuis les années 80 avait repris. Mais quand il est parti en 1993, est-ce qu'il y a une seule université qui s'est ajoutée aux trois existantes ? Il n'y a pas eu de création. La construction des collèges et lycées, s'est arrêtée. Quand il est venu au pouvoir en 2011, voyez ce qu'il a fait. En plus des trois universités existantes, les universités de Daloa, de Man, de Korhogo et l'université virtuelle se sont ajoutées. Au niveau de l'école primaire, il y a eu plus de 30 mille salles de classe qui ont été construite. Aujourd'hui, nous sommes à 370 lycées et collèges selon les derniers chiffres qui ont été construits de 2011 à ce jour. Au niveau du recrutement des enseignants, plus de 81 mille enseignants et personnels d'encadrement ont été recrutés. Tout cela, pour améliorer les conditions de travail des enseignants. En plus de cela, il y a eu le déblocage des salaires de tous les fonctionnaires qui a bénéficié prioritairement aux enseignants. En plus de cela, le président a fait face au stock des arriérés. Et tous les engagements actés qui avaient été pris par l'ancien régime ont été satisfaits. Aujourd'hui, on peut dire que les conditions des enseignants au plan salarial se sont nettement améliorées. Si nous continuons sur cette tendance pour l'exercice 2020-2025, les enseignants ne peuvent que demander mieux. Plus il y a de création, plus il y a les possibilités de promotion au plan individuel. Cela va impacter également le recrutement des jeunes Ivoiriens pour enseigner.

Bientôt, les élections législatives et municipales tout comme régionales, comment entrevoyez-vous ces échéances ?

Je les entrevois avec beaucoup d'optimisme. Au niveau du RHDP, nous avons le plus grand nombre de députés, de maires et de conseils régionaux. Je les vois avec beaucoup de perspectives parce que le RHDP a les cadres qu'il faut dans chaque localité pour briguer ces postes. C'est une nécessité pour le RHDP d'avoir une majorité absolue au sein de l'Assemblée nationale, au sein du Sénat pour pouvoir gouverner et gérer le pays dans le bonheur. Nous sommes convaincus que le RHDP aura la majorité à l'Assemblée nationale au regard des résultats que nous venons d'avoir.

A La Une: Cote d'Ivoire

Plus de: Fratmat.info

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.