Togo: Pour besoin de service ou règlement de compte ?

26 Novembre 2020

Ce n'est plus un secret pour personne la persécution dont fait objet Bouraïma Naboudja. Le 04 Décembre 2019, le sieur Naboudja Bouraïma reconnu par son engagement aux côtés des forces démocratiques dénonçait à travers un message audio le Ministre Gilbert Bawara qui l'aurait traité au téléphone de « crapule et de véritable ordure ».

11 mois après ces injures, Bouraïma Naboudja se voit encore victime d'une injustice par ce même Ministre. Il s'agit d'une 4ème affectation en 4 ans et cette fois-ci d'une mutation de la fonction d'enseignant à la fonction publique.

Selon la victime, cette décision du Ministre ne respecte pas le statut de la fonction publique moins encore la constitution togolaise. Elle viole tous ses droits élémentaires en tant que fonctionnaire de l'Etat et enseignant de profession. Très indigné, Naboudja envoie un message fort au Ministre ; message que nous avons reçu à notre rédaction. Voici le contenu :

J'ai saisi officiellement la FESEN, la CSET, le BIT, l'UNESCO, la STT, la LTDH, Amnesty International, l'ASIVITTO, le CACIT, la CNDH... et j'ai également saisi un avocat pour que l'État togolais me rétablisse immédiatement dans mes droits professionnels.

J'ai droit au respect scrupuleux de mes droits professionnels en tant qu'enseignant et aussi du rapprochement de conjoints pour s'occuper de l'éducation de mes enfants. J'ai une qualification professionnelle et c'est en fonction de ça, qu'on doit m'affecter. Naboudja, professeur de Philosophie sans établissement.

On se souvient de la première sortie de Madame le premier Ministre Tomégah-Dogbé sur RFI qui demandait aux Togolais de se soumettre aux desiderata du régime. L'on est tenté de se demander si l'affectation de Naboudja est un début de soumission ou un règlement de compte.

Les fonctionnaires togolais sont-ils obligés de voir dans la même direction que les gouvernants ? Les affections doivent être une punition pour les fonctionnaires ? Tant de questions que les Togolais se posent depuis cette affectation qui s'apparente à un abus de pouvoir.

Ce qui choque dans tout ceci, c'est le silence coupable des leaders d'opinion et politiques qui laissent ce brave homme se battre seul. Ce valeureux combattant qui se bat contre toutes les injustices et prêt à défendre et soutenir les victimes de cette dictature ne mérite pas cet abandon de ses camarades de la lutte.

A qui le tour ?

Plus de: Télégramme228

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