Congo-Kinshasa: Affaire DGM - La Licoco accuse le ministre de l'Intérieur

La Ligue congolaise de lutte contre la corruption (Licoco) s'indigne, dans un communiqué de presse, de la descente spectaculaire du vice-Premier ministre chargé de l'Intérieur dans les installations de centre de détention de transit de la Direction générale des migrations (DGM) à Kinshasa.

Selon L'ONG de lutte contre la corruption et interface de Transparence internationale (TI) en République démocratique du Congo, le vice-Premier ministre (VPM) a exigé « la libération sans condition des sujets indiens détenus afin de les couvrir et les protéger alors qu'ils sont accusés d'avoir payé des pots de vins pour utiliser abusivement et illégalement des services publics pour faire arrêter un autre sujet Indien basé à Goma ».

« Pour couvrir ses amis indiens qui violent les lois de la République, le VPM chargé de l'Intérieur s'est permis de jeter un discrédit sur un service de l'Etat en considérant ces centres comme des cachots clandestins, et pourtant en tant que service d'immigration, la DGM dispose des centres de détention administrative et de transit des étrangers en situation d'irrégularité de séjour », rappelle la Licoco dans le communiqué signé par son secrétaire exécutif Ernest Mpararo. L'ONG s'insurge par ailleurs de la décision unilatérale et illégale du VPM de l'Intérieur de suspendre le directeur général de la DGM de ses fonctions à la suite de cette affaire.

D'après la Licoco, l'affaire a commencé par l'arrestation arbitraire, le 20 octobre 2020, à Goma du sujet indien Rairela Jignesh par les services de l'Agence nationale des renseignements (ANR) et l'Auditorat supérieur du Nord-Kivu, avec la complicité de Tchetan Datani de la société Datco, et Moshin Bardai et Mirat Vitrani, tous sujets indiens basés tous à Lubumbashi. Rairela Jignesh a ensuite été transféré le lendemain de son arrestation à Lubumbashi et enfermé dans les locaux de l'Auditorat supérieur de Lubumbashi ensuite acheminé à l'ANR/Lubumbashi, où il sera contraint de signer, sous torture et menace, une reconnaissance de dette de 250 mille USD de Tchetan Datani, alors que l'objet initial de son arrestation à Goma était le financement des milices de Gedeon Kyungu au Katanga. Relaxé sous caution, Rairela Jignesh a porté plainte à la DGM/Kinshasa contre ses compatriotes Moshin Bardai et Mirat Vitrani. « Et la DGM a ouvert une enquête sur ce réseau maffieux qui use de leur influence pour pousser les services publics de l'Etat à commettre des actes contraires à la loi. Certains sont détenteurs des visas d'établissement permanent, obtenus sans avoir rempli les conditions légales y afférentes », souligne la Licoco. Entendus à la DGM à Kinshasa, Moshin Bardai et Mirat Vitrani ont reconnu leurs forfaits sur procès verbal, dont la Licoco a eu accès, et ont été expulsés de la RDC. Et la décision d'expulsion de ces deux sujets indiens est à l'origine de la suspension du directeur générale de l'instance nationale des migrations.

«Le vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur sera en colère et enverra une mission fictive à la DGM pour contrôler les lieux des détentions administratives des étrangers en séjour irrégulier afin de chercher à libérer ses amis criminels. Ne les ayant pas trouvés dans les centres de détention de la DGM, car ils avaient déjà été expulsés, le vice-ministre et ministre de l'Intérieur prendra la mesure de suspendre le DG de la DGM pour insubordination, alors que la réalité du dossier était de chercher à couvrir des Indiens qui violent les lois en instrumentalisant les services publics de l'Etat moyennant le paiement des pots de vins », affirme la Licoco.

Sanctions demandées

Pour cette structure de lutte contre la corruption, le ministre de l'Intérieur ne peut plus prétendre sécuriser les Congolais tout en protégeant les criminels de toute sorte. Aussi demande-t-elle au président de la République la démission du vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur pour ces faits, au procureur général près la Cour de cassation d'ouvrir une action judiciaire contre lui. La Licoco demande à la présidente de l'Assemblée nationale « d'initier une interpellation à l'encontre du ministre de l'Intérieur pour avoir protégé des criminels et avoir pris une décision illégale ayant terni l'Image de la DGM et de son directeur général ».

Enfin, l'ONG demande la suspension des responsables de l'ANR du Haut-Katanga et de l'auditeur supérieur de cette province pour avoir signé en violation de la procédure la commission rogatoire ayant permis le transfert illégal de M. Rairela Jignesh de Goma jusqu'à Lubumbashi et s'être impliqué dans une affaire privée en n'ayant aucune relation avec les militaires. « Ces pratiques décriées autrefois sont de nature à saper les efforts du chef de l'Etat qui se bat pour instaurer un état de droit qui va favoriser le climat des affaires afin d'attirer les investisseurs respectueux des lois de notre pays », conclut le communiqué de la Licoco.

A La Une: Congo-Kinshasa

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.