Ile Maurice: La NCG - «Les speedboats n'ont pas de système d'identification»

26 Novembre 2020

L'axe Maurice-Réunion dans le trafic de cannabis est encore mis en évidence avec l'arrestation, lundi, d'un planteur à l'île soeur et celle de quatre suspects au Morne qui prenaient livraison d'un colis provenant d'un speedboat, dimanche.

Depuis le début de novembre, la presse réunionnaise cite Maurice comme une île importatrice de zamal. Cette étiquette aura des répercussions sur notre réputation si les autorités ne réagissent pas.

Le 1er novembre, Stéphane Onesio, gardien de la paix de 44 ans affecté au commissariat de St-André, à l'île de la Réunion, est interpellé à son domicile à Sainte-Rose. Quelques jours plus tard, le site Clicanoo.re confirme qu'il est de mèche avec un dénommé David Sautron, 26 ans, dans une entreprise d'exportation de zamal vers Maurice.

Pas plus tard que lundi, une plantation de 125 kilos de zamal est découverte dans les hauts de St-Paul par des agents de la direction régionale des douanes. Le planteur maraîcher finit par dévoiler les secrets de ce business lucratif durant son interrogatoire. Il avoue que plusieurs clients réunionnais exportent du cannabis vers Maurice.

Dimanche matin, quatre Mauriciens, Noël Alain Sébastien Chavreemootoo, La- val Jérôme Fabien, Fah Julien Lee Chick Ban et Atimine Prudence sont arrêtés par la brigade antidrogue de la Western Division au Morne en possession de cannabis d'une valeur de Rs 7 millions. Laval Jérôme Fabien avouera aux enquêteurs : «Mon finn pran livraison sa bann parcel mass-la ki sorti la Réunio.»

Y a-t-il un lien entre ces cas de drogue ? Sollicité, le DCP Choolun Bhojoo de la brigade antidrogue reste pru- dent. «Au quartier général de l'ADSU, nous avons été informés de cette affaire. Nous sommes en contact avec les autorités concernées mais je ne suis pas arrivé au point d'impliquer Maurice comme principal importateur. Il y a des recherches à faire.» Pense-t-il que les Rs 7 millions de cannabis venant de La Réunion proviendraient de la plantation du maraîcher de Saint-Paul arrêté mardi matin ? «Non, il ne faut pas mettre tous les oeufs dans le même panier. Il faut laisser l'enquête suivre son cours.»

Comment des speedboats peuvent-ils opérer aussi facilement dans les eaux mauriciennes et faire la navette entre Maurice et Réunion ? Selon un spécialiste dans le milieu maritime, le trajet Maurice Réunion et vice versa semble être 'enn gajack' pour des skippers véreux en quête de fortes sommes d'argent. «Ils achètent deux à trois gallons de fuel dépendant du nombre de moteurs qu'ils utilisent pour se rendre à l'ile sœur.

Ils connaissent le trajet par cœur». Nous enquêtons davantage pour comprendre pourquoi la National Coast Guard n'arrive pas à mettre un frein à ces transactions illicites qui se déroulent dans nos lagons. Un préposé de cette unité nous brosse un tableau de la situation. «C'est le jeu du chat et de la souris. Nous n'avons pas de faille à notre niveau. Nous sommes chargés de surveiller les transactions en mer tout comme les limiers de la brigade antidrogue. Tous les radars fonctionnent et couvrent les lieux stratégiques.

Si le bateau n'est pas doté d'un AIS (Automatic Identification System), qui est un système d'échange entre les navires et les stations côtières permettant de connaître l'identité, le statut, la position et la route du bateau, nous ne le verrons pas sur le radar. Ce qui est le cas pour les speedboats. Par contre, nous localiserons un bateau de 300 tonnes doté de ce système. Il est malheureux de dire que nous n'avons pas une marina à Maurice qui contrôle l'entrée et la sortie des bateaux dans nos eaux. Avec plus de 3 500 bateaux et une centaine de passes dans le lagon, il est difficile de tout contrôler.»

Il ajoute que dans le Budget 2018-2019, il y avait une proposition pour que tous les bateaux soient équipés d'AIS mais rien n'a été fait jusqu'à l'heure. «Le rapport Paul Lam Shang Leen avait aussi fait ressortir l'incapacité de la NCG "to track small fishing boat around the island. They may or may not be fitted with an AIS". Il n'y a aucune loi qui oblige les propriétaires de ces bateaux de se doter de ce système afin que la NCG ait un contrôle sur leurs mouvements.»

Plus de: L'Express

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