Madagascar: Suspension du président Ahmad - Les résultats d'un puissant lobbying !

A moins d'un miracle, la carrière du président Ahmad prend fin à la suite de cette suspension de 5 ans. D'autres sommités plus fortes que lui ont échoué devant cette branche armée de la FIFA au nom de la Commission d'éthique pour ne citer que Sepp Blatter, Michel Platini ou récemment Jérôme Valcke.

On peut revenir sur les « moyens » ayant permis à l'Arabie Saoudite d'avoir l'organisation de la Coupe du Monde 2024 mais ce serait une bataille pas trop inégale.

A la lumière d'une vaste campagne de dénigrement orchestrée sans doute de l'intérieur pour justifier ces fuites dans la presse d'informations relatives à la procédure en cours et cette célérité inhabituelle de la commission d'éthique à rendre dans l'urgence une décision immédiatement exécutoire, il apparaît qu'Ahmad n'est plus en odeur de sainteté avec l'instance suprême du football mondial. Du coup, on s'acharne à ce qu'il ne puisse plus se présenter aux élections

Deux points obscurs. Les semblants détails de son inculpation cachent mal l'origine du drame qui vient du fait qu'Ahmad ne suive plus les ordres de la FIFA.

La première mésentente se trouve être la fréquence de l'organisation de la Coupe d'Afrique des Nations que Gianni Infantino veut tenir tous les quatre ans. Ahmad et la CAF estiment, à raison, que cela nuirait au football africain dans son ensemble et maintiennent l'organisation tous les deux ans.

L'autre point de discorde a trait au non renouvellement du mandat de Fatma Samoura en tant que déléguée générale de la FIFA à la CAF. Une position logique en fait de la part d'Ahmad qui estime que la CAF, en tant qu'institution, a le droit d'établir sa propre politique et sur la façon de gérer le football du continent. Une certaine aspiration d'indépendance en fait mais qui n'est pas, c'est le cas de dire, du goût de Gianni Infantino qui veut évidemment placer des hommes à lui. Et grâce à un puissant lobbying, il a de fortes chances d'y parvenir même sans lever son petit doigt mais en l'accablant et lui enlevant au passage toute dignité.

Motifs. Et en fouillant dans la gestion de la CAF, les motifs ne manquent pas pour autant.

« Ahmad aurait manqué à son devoir de loyauté, accordé des cadeaux et d'autres avantages, géré des fonds de manière inappropriée et abusé de sa fonction de président de la CAF.

L'enquête avait « porté sur diverses questions liées à la gouvernance de la CAF, dont l'organisation et le financement d'un pèlerinage à La Mecque, ses accointances avec l'entreprise d'équipement sportif Tactical Steel et d'autres activités ».

Cette procédure disciplinaire recoupe donc en partie l'enquête pénale ouverte en mai 2019 à Marseille, notamment pour corruption, qui lui avait valu d'être interpellé et placé en garde à vue avant de ressortir sans poursuites. Dans ce dossier, la CAF avait dans un premier temps signé avec Puma fin 2017 pour la fourniture d'équipements habillant les 580 bénévoles du Championnat d'Afrique des nations, mais avait rompu cet accord au profit de l'entreprise française Tactical Steel, pour un montant supérieur au contrat initial.

Coupable ou pas, la question devait appartenir aux 46 fédérations nationales africaines qui lui vouent encore une entière confiance.

Plus de: Midi Madagasikara

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