Sénégal: Adoption du budget 2021 - Plus de 4500 milliards pour relancer l'économie

27 Novembre 2020

L'Assemblée nationale a apprécié diversement hier, jeudi, les considérations générales sur le projet de loi de finances 2021 et voté le budget de fonctionnement des pouvoirs publics tels que le budget de la Présidence de la République, de l'Assemblée nationale, du Haut conseil des collectivités territoriales, du Conseil économique social et environnemental, du Conseil constitutionnel, de la Cour suprême, de la Cour des comptes, et du Secrétariat général du gouvernement.

Le marathon budgétaire de la session ordinaire unique 2020-2021 a démarré hier, jeudi 26 novembre, par des considérations générales sur le projet de loi de finances de la gestion 2021 en présence des ministres des Finances et du budget Abdoulaye Daouda Diallo, de l'Economie, du Plan et de la Coopération Amadou Hott et celui du Travail, du Dialogue social et des relations avec les institutions Samba Sy.

Ledit budget arrêté à la somme de 4 589, 15 milliards contre 4 215,2 milliards F CFA en 2020, soit une hausse de 373, 95 milliards FCFA en valeur absolue et 8,9% en valeur relative se fonde sur les «données significatives du Rapport économique et financier (Ref) et les réflexions pertinentes et de hautes portées émises au cours du débat général», explique le document lu et transmis à la presse. S'agissant du Ref, il a été articulé autour de trois points à savoir les développements économiques récents et les perspectives, le cadre de gestion des finances publiques et la présentation de la loi de finances initiale 2021.

L'OPPOSITION RECLAME L'EXAMEN DES ORDONNANCES DU BUDGET 2020

A ce sujet, le député Mamadou Lamine Diallo souhaitant voir clarifié de ce qui en est du budget en cours exécuté par le président de la République avec la loi d'habilitation dans le cadre de la pandémie à coronavirus s'est vite heurté tour à tour au président de l'institution Moustapha Niasse et au président de la commission finances Seydou Diouf qui lui fera noter que «cela ne s'est jamais passé dans aucun pays. Si vous y tenez vraiment, honorable député, laissez-moi dire que cela ne sera possible qu'après le vote du présent budget. Donc, attendez la loi de finances rectificative 2021 pour connaitre les tenants et aboutissants de l'exécution du budget 2020 ». Les mêmes préoccupations ont été également relevées par les députés Cheikh Mbacké Bara Dolly, Sérigne Bara Dolly Mbacké et Mame Diarra Fam qui disent ne pas voter le budget sans avoir connaissance du fond public-privé anti-covid de 1 000 milliards de FCFA, dit Programme de résilience économique et social (Pres), lancé dès le mois d'avril dernier.

L'ADMINISTRATEUR DE LA DER ENJOINT A PUBLIER LA LISTE DES BENEFICIAIRES

Dans le même registre, Aïda Mbodj a demandé au ministre des Finances et du budget de faire l'évaluation du projet ainsi que les financements alloués au Délégué général à la Délégation générale à l'Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes (Der/ Fj) logée au cabinet du Président de la République. «Monsieur le ministre, je dénonce le manque de transparence», s'estelle ainsi adressée au ministre des Finances avant de poursuivre: «Au départ, le délégué avait annoncé la mise en place de guichets uniques dans chaque département et un comité de suivi. Depuis lors, que dalle! Il dit également avoir financé 57 milliards dont 15 milliards pour la seule région de Dakar». Sur cela, «l'administrateur de la Der Papa Amadou Sarr doit faire le point exhaustif en publiant la liste des bénéficiaires des financements». Au ministre, elle dira donc: «Nous déplorons le manque de transparence contrairement à ce que le coordinateur avait promis au départ. Il déclare avoir financé 57 milliards FCFA à Dakar alors qu'on ne voit pas l'impact de ces financements».

LA GESTION DU DG DES IMPOTS ET DOMAINES MISE A RUDE EPREUVE

Les députés de l'opposition se sont également attaqués au Directeur général des impôts et domaines qui, pour eux, n'est pas en train de travailler. Ils l'accusent d'avoir recouvré peu d'argent par rapport aux douanes qui tant bien que mal font un effort louable. «La douane est à féliciter, elle a fait rentrer 49% des recettes du budget. Mais, la Dgid n'a pas travaillé. Avoir un déficit de 110 milliards et se permettre de faire de la politique et vendre des terres, ce n'est pas normal», a relevé Cheikh Mbacké Bara Dolly. Et d'ajouter: «Nommé en 2019, il est devenu le fonctionnaire le plus riche du Sénégal aujourd'hui, il conduit 3 véhicules à 150 millions et vend des terres. J'en ai des preuves (... )». Il persiste et signe: «Les preuves sont là, Mame Boye Diao vend des terrains et les distribue à des chanteurs et des filles de joie».

MOUSTAPHA NIASSE INVITE A LA TRANSPARENCE, LES CIMENTERIES DU SENEGAL INDEXEES

Irrité de voir le budget de l'Assemblée nationale passé à 24 810 186 496 milliards en 2021 contre 19 441 462 655 milliards en 2020, l'opposition a demandé au président Moustapha Niasse de jouer la transparence en retraçant les ordonnances du budget en cours avant de passer à une hausse. Le député Diop Sy n'a pas raté pour sa part les trois cimenteries du Sénégal qui sont pour lui partisans du moindre effort. Sous ce rapport, il a demandé au ministre Amadou Hott d'imposer à ces entreprises le respect des obligations en matière de taxes au mètre cube fixé à 500 francs CFA. Selon lui: «La contribution de Sococim, des Ciments du Sahel (Cds) et Dangoté) ne dépasse pas 400 millions de Francs CFA... ». Ce qui est à ces yeux « très faible». Il a invité le ministre de l'économie à y envoyer ses services pour y voir clair. Car, pour lui «c'est une niche recette» devant permettre d'atteindre les objectifs prévisionnels du budget de plus de 4 500 milliards.

Plus de: Sud Quotidien

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