Egypte: Des experts des droits de l'homme condamnent les arrestations de militants faites en représailles (ONU)

27 Novembre 2020

Un groupe d'experts indépendants des droits de l'homme des Nations Unies a appelé les autorités égyptiennes à libérer « immédiatement et sans condition » les militants arrêtés, apparemment en représailles, pour avoir discuté de questions relatives aux droits de l'homme avec des ambassadeurs étrangers.

Les militants des droits de l'homme, de l'Initiative égyptienne pour les droits de la personne (IEPR), ont été arrêtés « dans les jours qui ont suivi » une réunion avec 13 ambassadeurs et diplomates étrangers le 3 novembre, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (OHCHR). Ils sont accusés de terrorisme et d'atteinte à la sécurité publique.

« Il est absolument odieux d'exercer des représailles contre les défenseurs des droits de l'homme de l'une des dernières ONG de défense des droits de l'homme en activité en Egypte, simplement pour avoir exercé leur droit à la liberté d'expression en discutant de la situation des droits de l'homme en Egypte », ont déclaré les experts des Nations unies dans un communiqué vendredi.

« Ces arrestations soulignent les risques très graves auxquels les défenseurs des droits de l'homme sont confrontés chaque jour en Egypte dans l'exercice de leur travail légitime ... Elles ne sont que les dernières étapes d'une campagne de plus en plus intense contre l'IEPR et s'inscrivent dans une démarche plus large visant à limiter l'espace civique et à cibler ceux qui y opèrent », ont-ils ajouté.

Parmi les responsables de l'IEPR arrêtés figurent le directeur exécutif Gasser Abdel Razek, le Directeur de la justice pénale Karim Ennarah et le responsable administratif Mohammad Basheer.

Ciblé depuis 2016

Selon la déclaration, les autorités ciblent l'ONG de défense des droits de l'homme depuis 2016, date à laquelle les comptes bancaires de l'ancien directeur et fondateur de l'IEPR, Hossam Bahgat, ont été gelés et il lui a été interdit de quitter le pays. En février 2020, Patrick Zaki, chercheur sur les droits des femmes au sein de l'IEPR, a été arrêté et est toujours en détention préventive pour des motifs liés au terrorisme et à l'incitation.

Les quatre hommes sont détenus dans le complexe pénitentiaire de Tora, juste au sud de la capitale, Le Caire, et selon des informations inquiétantes, au moins l'un d'entre eux serait détenu à l'isolement.

Les experts ont demandé l'abandon des charges retenues contre les quatre défenseurs, leur libération immédiate et inconditionnelle, ainsi que la cessation des poursuites engagées contre M. Bahgat et l'IEPR.

« Nous regrettons profondément qu'en dépit de plusieurs appels des mécanismes des droits de l'homme des Nations unies et de la communauté internationale, l'Égypte continue d'utiliser la législation antiterroriste pour cibler la société civile », ont ajouté les experts.

Protéger les défenseurs des droits de l'homme

Dans cette déclaration, les experts des droits de l'homme des Nations Unies ont également souligné que la diffamation des défenseurs des droits de l'homme en tant que menace pour la société est non seulement préjudiciable aux défenseurs, mais aussi à tous les membres de la société égyptienne.

« Criminaliser ceux qui défendent les droits de l'homme - et ceux qui mettent en lumière les violations des droits de l'homme - porte atteinte au caractère sacré de ces droits », ont-ils déclaré.

« Les défenseurs des droits de l'homme et les activistes de la société civile ne doivent jamais être pénalisés pour leurs efforts visant à assurer la protection des droits d'autrui ... Ces efforts ne doivent pas être considérés comme du terrorisme ou une menace publique. Bien au contraire : nous devons les protéger et les valoriser pour leurs contributions ».

Parmi les experts des Nations Unies en matière de droits qui lancent cet appel figurent les rapporteurs spéciaux sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, sur les droits de réunion et d'association pacifiques, sur les droits de l'homme dans la lutte contre le terrorisme, sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, sur la liberté d'opinion et d'expression, sur le droit de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible et sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, ainsi que les membres du groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires.

NOTE

Les Rapporteurs spéciaux font partie de ce que l'on appelle les procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme. Les procédures spéciales, le plus grand organe d'experts indépendants du système des droits de l'homme des Nations Unies, est le nom général des mécanismes indépendants d'enquête et de suivi du Conseil qui traitent soit des situations nationales spécifiques, soit des questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent sur une base volontaire; ils ne font pas partie du personnel des Nations Unies et ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou organisation et servent à titre individuel

A La Une: Organisations Internationales et l'Afrique

Plus de: UN News

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.