Burkina Faso: Le président réélu prône le dialogue permanent

Réélu dès le premier tour avec 57,87% des voix, le président Roch Marc Christian Kaboré se lance pour défi « la réconciliation nationale ».

Selon les résultats provisoires publiés le 26 novembre par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), le président sortant Roch Marc Christian Kaboré s'est imposé dès le premier tour de la présidentielle, pour un second mandat. Eddie Komboïgo, du CDP, l'ancien parti au pouvoir, se place en deuxième position (15,48% des suffrages), et Zéphirin Diabré, l'actuel chef de file de l'opposition, n'arrive que troisième avec un peu plus de 12% des voix. Quant aux dix autres candidats, ils se partagent les 14% restants : Kadré Désiré Ouédraogo obtient 3,36%, Tahirou Barry 2,19%, l'ancien Premier ministre de la Transition Isaac Zida 1,52%...

Dès l'annonce de sa victoire, le président Kaboré a promis une « concertation permanente » et qu'il serait « le président de tous les Burkinabè, sans exception ». « A titre personnel, je l'appréhende comme une marque de confiance que je reçois avec humilité, mais aussi avec engagement et détermination dans le combat que nous menons ensemble, pour un Burkina Faso de paix, de progrès, et de prospérité partagée pour tous les Burkinabè », a-t-il déclaré dans un message posté sur son compte Facebook après la proclamation des résultats provisoires.

Selon un analyste, si sa victoire est confirmée par le conseil constitutionnel, le premier défi du chef de l'État sera donc d'apaiser les esprits. Le tissu social est déjà fragilisé par la crise que traverse le pays. Pendant la campagne, le président Kaboré a promis un forum de réconciliation nationale au premier trimestre de l'année prochaine. Il se dit, en tout cas, ouvert au dialogue. « Je n'oublie pas les électeurs qui ont fait un choix différent. J'entends leurs préoccupations et leurs critiques. Je m'engage à prendre en compte leurs attentes. Je voudrais également rendre un hommage particulier aux autres candidats de cette élection. Je suis profondément attaché à la concertation et au dialogue permanent », a-t-il déclaré.

L'autre grand chantier de Roch Marc Christian Kaboré sera celui de l'insécurité. Il a promis de renforcer les capacités opérationnelles des Forces de défense et de sécurité.

Même si l'opposition, dans une posture républicaine, a choisi de prendre acte des résultats provisoires, ces derniers jours, le climat politique s'est brusquement tendu au Burkina Faso. L'opposition a dénoncé les fraudes et les insuffisances de nature, selon elle, à entacher la sincérité du scrutin, qui a vu le président sortant, Roch Marc Christian Kaboré, être réélu dès le premier tour. Et de déclarer : « L'opposition politique réaffirme sa volonté renouvelée de préserver la paix, la stabilité et la sécurité au Burkina Faso en plaçant l'intérêt supérieur de la nation au-dessus de toute autre considération. »

Notons que le taux de participation au premier tour, et couplée avec les législatives, s'établit à 50,79%, loin du record produit lors de la présidentielle de 2015. Le visage de la nouvelle Assemblée nationale est encore inconnu pour l'heure. La Céni a jusqu'au dimanche 29 novembre pour publier les résultats. Le Conseil constitutionnel proclamera les résultats définitifs de ce double scrutin.

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.