Sénégal: Projet de loi de Finances 2021 - Les orientations majeures présentées aux députés

27 Novembre 2020

Le ministre des Finances et du Budget et son homologue de l'Économie, du Plan et de la Coopération ont démarré, hier, le marathon budgétaire à l'Assemblée nationale par la présentation des orientations majeures du budget 2021.

Pour 2021, le budget est arrêté 4589,15 milliards de FCfa contre 4215,2 milliards en 2020, soit une hausse de 373,95 milliards en valeur absolue et de 8,9 % en valeur relative.

Ce budget qui se résume autour du triptyque « Subir-résister-relancer » est élaboré sur des bases réalistes pour la relance de l'économie, selon Abdoulaye Daouda Diallo.

Le ministre des Finances et du Budget et celui de l'Économie, du Plan et de la Coopération ont lancé le marathon budgétaire, hier, à l'Assemblée nationale, par une plénière sur les considérations générales sur le projet de loi de finances de la gestion 2021.

Le projet de loi de finances de l'année 2021, sous l'emprise de la loi organique relative aux lois de finances (Lolf 2001-09), intégrant l'amortissement de la dette publique, est arrêté à 4589,15 milliards de FCfa contre 4215,2 milliards en 2020, soit une hausse de 373,95 milliards en valeur absolue et de 8,9 % en valeur relative.

Selon ses grandes orientations, le projet de budget de 2021 se résume au triptyque « Subir-résister-relancer ».

Dans le projet de la Lfi 2021, les recettes sont arrêtées à 3225,9 milliards FCfa et 3969,9 milliards en dépenses, soit, en valeur absolue, un déficit budgétaire de 743,9 milliards de FCfa. Ledit projet de loi a été bâti sur une prévision de croissance de 5,2 % et un déficit budgétaire attendu à 5 % contre 6,1 % lors de la Lfr 2020.

Globalement, la pression fiscale est attendue à 17,1 % du Pib en 2021 contre 16,8 % en 2020. Quant aux recettes des comptes spéciaux du Trésor, elles sont arrêtées à 135,9 milliards de FCfa, soit au même niveau qu'en 2020. Elles sont constituées essentiellement par des comptes d'affectation spéciale pour 113,8 milliards.

Les charges dans le projet de Lfi sont programmées à 3969,9 milliards FCfa pour 2021, soit une hausse de 7 % par rapport à la Lfi de 2020 (3709 milliards FCfa).

Elles se décomposent en charges financières de la dette, dépenses de personnel, dépenses de fonctionnement, dépenses d'investissement et en comptes spéciaux du Trésor (135,9 milliards FCfa).

Selon les explications des deux ministres contenues dans le rapport, le projet de loi de finances initiale 2021 accorde, par ailleurs, une place prépondérante à la sécurité avec la mise en œuvre du « Plan Gaindé », la poursuite des investissements dans le secteur de la santé, la phase 2 du Train express régional (Ter), le projet de stade du Sénégal, le projet autoroutier Mbour-Fatick-Kaolack et, enfin, la préservation des marqueurs sociaux, notamment la consolidation des Bourses familiales, les projets Promovilles et Puma.

Au titre des perspectives, après l'impact de la pandémie de coronavirus sur l'économie, l'année 2021 devrait coïncider avec un retour progressif à la normale dans le cadre de la lutte contre la Covid-19.

5,2 % de croissance en 2021, contre -0,7 % en 2020

Globalement, le taux de croissance du Pib réel est projeté à 5,2 % en 2021, contre -0,7 % en 2020, soit un gain de 5,9 points de pourcentage.

Cette croissance serait à la fois tirée par les secteurs primaire (4,7 %), secondaire (5,5 %) et tertiaire (4,8 %). La croissance du Sénégal en 2020 est largement au-dessus de la moyenne africaine de -3,2 %.

« Budget élaboré sur des bases réalistes, au service de la relance »

Le ministre des Finances et du Budget, Abdoulaye Daouda Diallo, a indiqué que le « budget de cette année est réaliste et sera au service de la relance ». Pour lui, le budget 2021 a été élaboré sur des bases réalistes en tenant compte surtout des conséquences de la pandémie et du cadrage budgétaire.

Il a rappelé que le Sénégal est passé d'un déficit de 3 % en début 2020 pour monter et à 6,1 % et redescendre à 5 % en 2021.

Concernant « la petite surchauffe de la dette au niveau de l'encours », le ministre a expliqué que cela est lié à la Covid-19. Au stock existant se sont ajoutés des prêts de l'ordre de 434,3 milliards de FCfa.

Les dépenses d'acquisition de biens et services et de transfert courants s'établissent à 1007 milliards de FCfa, contre 947,4 milliards dans la Lfi 2020, soit une hausse de 6,3 %.

Les dépenses en capital sur ressources internes sont programmées en 2021 à 751 milliards de FCfa, contre 681,5 milliards dans la Lfi 2020, soit une hausse en valeur absolue de 69,5 milliards de FCfa et 10,2 % en valeur relative.

Renforcement de la Der et accompagnement du privé informel

Le ministre de l'Économie, du Plan et de la Coopération, Amadou Hott, a indiqué, concernant le problème de l'emploi des jeunes, que le Chef de l'État avait donné des instructions pour créer 45 centres de formation.

La structuration du financement de 23 d'entre eux est en cours de finalisation et les travaux devront démarrer bientôt.

Pour l'accès au financement, il a fait savoir que la Der sera renforcée. Afin d'accompagner les secteurs formel et informel, le Pap 2A prévoit des lignes de financement de 300 milliards pour le secteur formel, les grandes entreprises, mais surtout les Pme avec des garanties que l'État va proposer, dont des taux d'intérêt ne dépassant pas 5,5 %.

Pour le secteur informel, la ligne est de 100 milliards de FCfa. L'État mettra aussi, d'après Amadou Hott, 50 milliards de FCfa et par levier avec l'aide du Fongip et de la Der ; il est prévu de lever 50 milliards supplémentaires afin de financer le secteur privé informel.

La masse salariale programmée à 904,9 milliards en 2021

La masse salariale est programmée dans le Plf 2021 pour un montant de 904,9 milliards de FCfa contre 817,7 milliards dans la Lfi 2020, soit une progression de 87,2 milliards en valeur absolue et 10,7 % en valeur relative. Interpellé sur la hausse de la masse salariale, le ministre du Budget l'explique par une augmentation des effectifs.

Pour lui, la hausse de 84,4 milliards est justifiée par la revalorisation des indemnités de logement des enseignants et leur mise en solde, les dépenses de santé et d'hospitalisation, mais surtout par la décision historique du Chef de l'État de renforcer les personnels de santé d'au moins 1000 agents.

Taux d'exécution de 92 % du budget 2020

Concernant l'exécution 2020, plus précisément l'ordonnance numéro 07-2020 modifiant la Lfi, Abdoulaye Daouda Diallo a dit qu'en termes de grandes masses, les salaires prévus pour un montant de 817,7 milliards de FCfa sont exécutés à la date du 02 novembre 2020 à 686,8 milliards. Ceci fait un taux d'exécution de 84 %.

Globalement, les charges du budget général 2020 d'un montant de 3598,5 milliards ont été exécutées à hauteur de 3309,5 milliards de FCfa, soit un taux de 92 % de réalisation. Ce taux pourrait atteindre 100 % d'ici la fin de l'année.

Pour ce qui est des dépenses de fonctionnement et investissement sur ressources internes prévues à 2104,8 milliards, elles ont été exécutées à hauteur de 1876,4 milliards FCfa, soit 89,1 %. Relativement aux investissements sur ressources externes, 746 milliards ont été prévus et 676 milliards sont exécutés, soit 90,6 %.

Débat sur la dette

Les charges financières de la dette (intérêt et commissions) se chiffrent à 327 milliards de FCfa en 2021 contre 364,8 milliards dans la Lfi 2020, soit une baisse de 37,8 milliards en valeur absolue et 10,4 % en valeur relative.

Certains députés se sont inquiétés aussi de la hausse de cette dette publique. Dans les réponses, le ministre de l'Économie a affirmé que les prêts concessionnels, les dons ainsi que les prêts remboursables sont favorisés par l'État.

Dette inférieure au plafond de l'Uemoa

L'encours de la dette publique totale est projeté à 9176,3 milliards en 2020 contre 8231,8 milliards en 2019, soit une progression de 11,5 % sur la période.

Quant au ratio de l'encours de la dette par rapport au Pib, il devrait représenter 64 % en 2020 en liaison avec les prêts importants accordés dans le cadre de la lutte contre la Covdi-19 en 2020. La dette demeure toutefois en dessous de la norme de 70 % retenue dans le cadre du pacte de convergence de l'Uemoa.

Sur les inquiétudes des députés concernant la dette, le ministre du Budget a effectué un rappel historique de son évolution.

Abdoulaye Daouda Diallo a rappelé qu'entre 2007 et 2011, la dette est passée d'une moyenne annuelle de 21,8 % à 13,93 % sur la période 2012-2019. Cette progression devrait tourner autour de 12,93 % malgré la Covid-19.

Et n'eussent été les dépenses liées à cette pandémie, le taux tournerait, cette année, autour de 6,91 %. Le ministre a assuré que la dette du Sénégal est viable en ce sens que jusqu'à présent, le pays n'a pas encore connu de défaut de payement.

119 milliards d'économies grâce à un recadrage en 2020

Sur les économies faites sur les frais de mission, le ministre du Budget a révélé qu'en 2020, grâce au recadrage du budget, des économies de 119 milliards ont été réalisées.

Il s'agit des suspensions de certains projets, notamment ceux qui devaient être financés sur ressources extérieures pour 74 milliards et 44 milliards sur ressources internes, dont 400 millions sur les frais de mission, 1,6 milliard sur les fêtes et cérémonies et 3,3 milliards sur les congrès. Toutes ces ressources ont été réorientées au financement du Pres.

Le point sur l'utilisation du Fonds Force-Covid 19

Par rapport à la mobilisation des recettes dans le cadre de la gestion du Fonds de riposte et de solidarité contre les effets de la Covid-19 (Force-Covid-19), le ministre du Budget a rappelé que le montant était de 1000 milliards comportant deux volets : une partie dite montant décaissable de l'ordre de 628,4 milliards et une autre non décaissable de 371,6 milliards.

Pour le financement interne de ces fonds, le ministre du Budget a dit qu'un montant de 102,2 milliards a été levé.

Il y a eu aussi des contributions volontaires des Sénégalais pour un montant de 19,9 milliards de FCfa. Avec ces 628,4 milliards FCfa de ressources décaissables mobilisées et les besoins nouveaux qui ont été signalés, des réajustements ont dû être faits.

Aujourd'hui, le niveau de décaissement est de 635 milliards de FCfa et, par conséquent, le taux de couverture des dépenses décaissables est de 101,2 %.

Abdoulaye Daouda Diallo a souligné que le Président de la République exige un compte rendu régulier de l'état d'exécution du Pres.

Plus de: Le Soleil

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